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"La justice divine" s'est abattue sur Assad, selon des Libanais

De nombreux Libanais ayant perdu leurs proches dans des assassinats imputés à l’ancien pouvoir syrien voient dans la chute de Bachar al-Assad "une justice divine" mais veulent le voir répondre de ses actes devant la justice des hommes.

Sous le clan des Assad, père et fils, le Liban a été soumis pendant trois décennies à une tutelle implacable.

L'armée syrienne est entrée au Liban en 1976 comme partie d'une force arabe chargée de mettre fin à la guerre civile, avant de se transformer en "force tutélaire" dans le pays, y régentant tous les aspects de la vie.

Elle n'a été chassée du Liban qu'en 2005 sous la pression populaire après l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri qui a été attribué à Damas et à son allié local, le Hezbollah.

"La justice divine a été rendue (...) même s'il n'y a pas eu de châtiment" terrestre, dit à l'AFP Rania Ghanem Gantous, dont le père, Antoine, a été assassiné, selon elle, par les anciens maîtres de Damas.

"Je veux voir châtiés sur terre ceux qui ont commis des crimes", ajoute celle dont le père, un député, hostile à la présence syrienne, est mort dans l'explosion, le 19 septembre 2007, d'une voiture piégée près de sa maison près de Beyrouth.

- "Fin de la tyrannie" -

Mme Gantous qualifie le 8 décembre, qui a vu la chute de Bachar al-Assad, de "journée glorieuse".

"La mort de mon père a été une perte terrible et il me manque beaucoup", dit-elle en se déclarant en même temps "heureuse de la fin de la tyrannie après 50 ans d'oppression".

Zaher Eido dit partager les mêmes sentiments, 17 ans après l'assassinat de son père, le député Walid Eido, le 13 juin 2007 dans l'explosion à Beyrouth de sa voiture qui a également tué son fils Khaled.

L'ancien député était membre du Courant du futur de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

"La chute du régime de Damas a mis du baume au coeur de ma mère et de ceux qui ont subi sa répression".

"Mais (...) avec un père magistrat et un frère avocat, je considère que la justice ne sera rendue qu'une fois Bachar al-Assad jugé et sa peine, qu'elle soit capitale, de prison à vie et toute autre, appliquée", souligne-t-il.

Dimanche soir, la chaîne de télévision LBCI a ouvert son journal en proclamant la chute de "celui qui a commis les pires boucheries, assassinats, explosions et arrestations que ce soit en Syrie, au Liban ou contre les Palestiniens".

Dans le nord de Beyrouth, le ciel près des studios de la télévision MTV a été illuminé de nuit par des feux d'artifice. Au début du journal télévisé, les journalistes de la station ont montré des photographies de victimes présumées de l'ancien pouvoir syrien, dont des portraits géants de l'ancien président Béchir Gemayel, tué le 14 septembre 1982 dans une explosion, 20 jours après son élection.

- "Humilié à son tour" -

D'autres portraits de grand format représentaient le président René Moawad, assassiné le 22 novembre 1989, le Premier ministre Rafic Hariri et le leader druze Kamal Joumblat, tué en mars 1977.

"La Syrie d'Assad est morte, vive la nouvelle Syrie. Une Syrie libre est née", a-t-on proclamé à l'ouverture du journal télévisé en invitant "Beyrouth à se réjouir".

Durant le plateau qui a suivi, l'animateur Marcel Ghanem a sablé le champagne pour fêter la "chute du régime de répression".

"J'ai toujours pensé que rendre la justice est une question de temps", dit Yasma Fleihan, veuve de l'ancien ministre et député Bassel Fleihan qui a succombé à ses blessures, après avoir été blessé dans l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri.

"La chute d'Assad rend justice à tous ceux qui ont été tués, menacés ou torturés", dit-elle.

Place Sassine à Beyrouth-Est, Nassib Ibrahim, 76 ans, dit se rappeler les jours où cet endroit était sous les bombes des forces syriennes en 1978 et où il a perdu un frère. "C'est le plus beau jour de ma vie (...) Il a tenté de nous humilier mais il a pris la fuite, humilié à son tour", clame-t-il à propos de Bachar al-Assad.

bh/mh/clr/vl

© Agence France-Presse

De nombreux Libanais ayant perdu leurs proches dans des assassinats imputés à l’ancien pouvoir syrien voient dans la chute de Bachar al-Assad "une justice divine" mais veulent le voir répondre de ses actes devant la justice des hommes.

Sous le clan des Assad, père et fils, le Liban a été soumis pendant trois décennies à une tutelle implacable.

L'armée syrienne est entrée au Liban en 1976 comme partie d'une force arabe chargée de mettre fin à la guerre civile, avant de se transformer en "force tutélaire" dans le pays, y régentant tous les aspects de la vie.

Elle n'a été chassée du Liban qu'en 2005 sous la pression populaire après l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri qui a été attribué à Damas et à son allié local, le...