Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) et le chancelier allemand Olaf Scholz (à gauche) visitent le mémorial de fortune rendant hommage aux combattants ukrainiens et étrangers sur la place de l'Indépendance à Kiev, le 2 décembre 202. Photo AFP / ROMAN PILIPEY
La Russie a accusé lundi les Occidentaux de vouloir un cessez-le-feu en Ukraine pour se donner le temps de réarmer Kiev, dont les troupes sont à la peine sur le front face aux forces russes. Dans les chancelleries occidentales, « on commence à parler d'un cessez-le-feu comme un moyen pour donner un répit à l'Ukraine et pour se donner l'occasion de gaver à nouveau l'Ukraine avec des armes modernes à longue portée », a dénoncé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, recevant à Moscou son homologue hongrois, Peter Szijjarto. « Ce n'est certainement pas la voie de la paix », a-t-il encore déploré.
Les spéculations sur le lancement d'un éventuel processus de paix entre Moscou et Kiev vont bon train depuis l'élection début novembre aux Etats-Unis de Donald Trump, qui a promis, une fois au pouvoir en janvier, de mettre un terme au conflit « en 24h », sans jamais toutefois expliquer comment. « Nous sommes prêts à négocier », a assuré M. Lavrov, ajoutant que Moscou voulait que d'éventuelles négociations avec Kiev et les Occidentaux soient « menées sur la base d'une prise en compte globale des intérêts légitimes de chaque partie ».
Le président russe Vladimir Poutine martèle depuis le début ses conditions pour que les armes se taisent: la reddition complète de Kiev, la promesse que l'Ukraine ne rejoigne pas l'Otan et l'assurance de garder les territoires ukrainiens conquis, soit plus de 18% du pays. Ces conditions sont jugées inacceptables par les Occidentaux et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui appelle depuis plusieurs mois à trouver « une paix juste » qui permettrait d'assurer « la survie » de l'Ukraine.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, est lui l'un des rares dirigeants occidentaux à toujours parler à Vladimir Poutine. Il plaide régulièrement pour des pourparlers de paix avec la Russie et s'oppose à l'aide militaire européenne à l'Ukraine. En juillet, il s'était même rendu à Moscou pour y rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin, provoquant la colère de Kiev, Bruxelles et plusieurs chancelleries européennes.


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