Une voiture transportant une famille de déplacés qui rentre vers le Sud. Photo envoyée par Michel Hallak
Pour la quatrième journée consécutive depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu mercredi à l'aube entre Israël et le Hezbollah, les déplacés des régions bombardées par l’armée israélienne continuent samedi de rentrer chez eux, sinon pour y vivre du moins pour inspecter leurs biens. Ces habitants sont pressés de retrouver leurs villes et villages malgré les menaces qui persistent au Liban-Sud, notamment les raids israéliens sporadiques, les avertissements de l’armée israélienne concernant l’interdiction de se rendre dans les villages frontaliers, ainsi que le risque de bombes non-explosées.
De nombreuses familles continuent ainsi de rentrer des régions du nord vers le Liban-Sud, la banlieue-sud de Beyrouth et la Békaa, a constaté notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. Dans plusieurs villages du Akkar qui avaient accueilli des milliers de déplacés, des familles se disent adieu, s’étant liés d’amitié durant ces deux mois de déplacement forcé. Certains déplacés du Sud ont entrepris de lever des banderoles dans les places des villages pour remercier les habitants du Akkar de leur hospitalité durant cette épreuve. Ainsi, à l’école nationale orthodoxe de Rahbé, une cérémonie d’adieu a été organisée samedi à l’intention des élèves dont les parents s’apprêtent à rentrer vers le sud. La joie à la perspective du retour se mêlait au sentiment de tristesse de quitter des amitiés nouées durant deux mois.
Le Akkar a accueilli jusqu’à plus de 80 000 déplacés – 16 000 familles – au plus fort de la guerre, selon un rapport de la chambre de gestion des catastrophes du mohafazat. Ces déplacés ne sont plus qu’au nombre de 27 107 personnes, soit 6 565 familles dont les maisons sont totalement détruites et inhabitables, toujours selon la même source.
Sur un autre plan, les passages-frontières vers la Syrie dans le Akkar, détruits au dernier jour de la guerre par l’aviation israélienne, font toujours l’objet de travaux. Selon notre correspondant, « l’entrepreneur en charge a presque terminé la réhabilitation du poste-frontière de Arida », le passage principal. Les habitants du Akkar, eux, ont désormais un autre motif d’inquiétude : que les combats en cours en Syrie, du côté d’Alep, ne provoquent une nouvelle vague de déplacement vers leur région. Ils appellent les autorités libanaises comme l’ONU à prendre les mesures nécessaires pour endiguer un éventuel flux, sachant que la région accueille déjà 250 000 déplacés syriens depuis 2011.
Une cérémonie en hommage aux jeunes élèves qui s’apprêtent à rentrer chez eux, dans une école du Akkar. Photo envoyée par Michel Hallak
Pas de chiffres précis au Sud et dans la Békaa
Du côté du Liban-Sud, les habitants poursuivent leur retour à leurs villages d’origine. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, il reste peu de déplacés dans les centres d’accueil dans les écoles à Saïda, même si certains qui habitent des appartements loués ont préféré rester sur place, dans le cas où leurs habitations sont trop gravement endommagées pour y vivre. D’autres encore ont préféré déménager chez des proches dans leur région d’origine, afin de rester à proximité de leurs propriétés, en attendant la reconstruction. Mais impossible, selon notre correspondant, d’avoir des données plus précises.
Les incidents restent malheureusement récurrents au Liban-Sud, où des blessés et des tués continuent de tomber sous les coups israéliens comme à Rab el-Thalathine et Baïssariyé.
Dans la Békaa, les statistiques sont tout autant absentes, note notre correspondante Sarah Abdallah. « Les municipalités sont incapables pour le moment de recenser les retours, parce que les élus, comme tous les autres, rentrent peu à peu chez eux », explique-t-elle.
Les volontaires de la défense civile d’al-Rissala du mouvement Amal sont partout pour encadrer le retour des déplacés, note-t-elle. Mais nombre d'entre eux ne peuvent pas, comme en 2006, rentrer directement chez eux, parce que leurs maisons sont souvent trop endommagées, que ce soit à Baalbeck ou dans le reste de la Békaa.


