Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Parlement israélien le 28 octobre 2024 à Jérusalem. Debbie Hill/AFP
Alors que la conclusion imminente d'un accord de cessez-le-feu entre l'armée israélienne et le Hezbollah est évoquée de façon insistante depuis lundi dans les cercles diplomatiques, cette possibilité fait grincer des dents au sein d'une large partie de la classe politique israélienne.
Le cabinet de sécurité israélien doit se réunir plus tard dans la journée de mardi pour discuter et probablement approuver le texte lors d'une réunion présidée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré un responsable israélien à l'agence Reuters. Cela ouvrirait la voie à une déclaration de cessez-le-feu de 60 jours par le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron, ont déclaré lundi quatre sources libanaises de haut rang à l'agence britannique. Toutefois, cette nouvelle a suscité de nombreuses réactions virulentes fustigeant l'idée d'une cessation des hostilités au Liban.
« Erreur historique »
Sans surprise, le ministre de la Sécurité nationale d'extrême-droite, Itamar Ben Gvir, a qualifié cette perspective d'« erreur historique » dans une interview accordée à Kan Radio. « Nous avons une occasion historique d'agir de manière décisive dans le sud et le nord. Ce sera une occasion historique manquée si nous arrêtons tout et si nous revenons en arrière », a-t-il estimé. Il a ajouté avoir demandé des « éclaircissements » auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en indiquant qu'« il est possible que quelqu'un ne veuille pas entendre (s)es objections ».
En outre, le chef du Parti de l'unité nationale (centre), Benny Gantz, s'est lui aussi prononcé contre l'accord qui se dessine, estimant que « le retrait des forces maintenant et la dynamique qui sera créée rendra les choses plus difficiles pour nous et plus facile pour le Hezbollah de se réorganiser », a-t-il écrit dans un message publié sur le réseau X. « Nous ne devons pas faire les choses à moitié, nous ne devons pas rater l'occasion de conclure un accord solide qui changera fondamentalement la situation dans le nord », a-t-il ajouté, alors que ce dernier se trouve actuellement en pleine campagne depuis plusieurs mois et multiplie les prises de position explicitement opposées à tout règlement avec le Hezbollah au Liban dans le contexte actuel.
L’ancien ministre du cabinet de guerre avait notamment appelé samedi dernier sur X le gouvernement israélien à s'en prendre aux « actifs » de l'État libanais, qu'il accuse de laisser le champ libre au Hezbollah. Deux jours plus tôt, lors d’une tournée dans le nord d’Israël, où il a rencontré des familles israéliennes touchées par les récents tirs de roquettes, il avait affirmé que le gouvernement israélien devrait adopter une position plus ferme vis-à-vis du Liban et suggéré que l’armée israélienne « intensifie ses bombardements contre les infrastructures libanaises jusqu’à ce que le message soit compris ».
Gagner du temps
Plusieurs responsables de conseils locaux des régions du nord d'Israël ont également fait part de leur désapprobation. En premier lieu David Azoulay, chef du Conseil régional de Metoulla, qui fait face au village libanais de Kfar Kila, a appelé les déplacés du nord d'Israël à ne pas retourner chez eux si un accord était conclu. « Ne cédez pas au terrorisme. Ne concluez pas cet accord honteux. C'est un triste arrangement, un accord de reddition des forces israéliennes », a-t-il lancé à l'adresse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur la chaîne israélienne Channel 13, indiquant que « 70 % des maisons de Metoulla ont été détruites ».
Du côté de celui chef du conseil régional de Shlomi, en Haute-Galilée aussi, Gabi Ne'eman a adressé une lettre à ses habitants, estimant que l'objectif de l'accord conclu avec le Liban était de « gagner du temps et d'évaluer la situation sur le terrain » pendant deux mois, d'après le quotidien Haaretz. Après quoi « le gouvernement américain changera, et la situation évoluera de manière significative », a-t-il écrit.
Il a ainsi informé ses administrés qu'il s'opposait « à tout arrangement qui n'inclut pas les conditions essentielles » pour que les résidents du nord d'Israël retournent chez eux. Selon lui, celles-ci incluent une « zone tampon démilitarisée de plusieurs kilomètres séparant Israël et le Liban, une présence frontalière massive de l'armée au nord, ainsi que l'approbation d'un plan de sécurité spécifique pour chaque communauté adjacente à la frontière ».


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