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Dernières Infos - Corruption

HRW dénonce l'usage fait par le prince héritier saoudien du fonds souverain du pays

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, le 11 novembre 2024 à Riyad. AFP PHOTO / HO / SAUDI PRESS AGENCY SPA

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, utilise le très riche fonds souverain de la pétro-monarchie du Golfe pour étendre son pouvoir, à travers notamment des mégaprojets violant des droits humains, a dénoncé mercredi (HRW). 

Dans un rapport de 93 pages, l'organisation de défense des droits humains basée à New York décrit comment Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a pris le contrôle du Fonds d'investissement public (PIF), qui gère aujourd'hui environ 925 milliards de dollars d'actifs, contre 84 milliards il y a une décennie.

Le rapport accuse le prince de 39 ans d'avoir saisi des entreprises et actifs appartenant à des Saoudiens arrêtés lors d'opérations anticorruption très médiatisées à partir de 2017, année où il est devenu l'héritier présomptif de son père, le roi Salmane.

Certaines de ces entreprises, affirme le rapport, ont ensuite été placées sous le contrôle du PIF.

Le rapport lie également les entreprises du PIF à des abus dans certains des projets phares du programme Vision 2030, mis en place par le prince héritier pour diversifier l'économie saoudienne.  

HRW pointe notamment des expulsions pour l'aménagement de Neom, mégalopole futuriste en plein désert, et des démolitions pour faire place à des complexes commerciaux et touristiques de luxe dans la ville côtière de Jeddah. 

"A travers le PIF, le prince héritier a consolidé un pouvoir économique d'Etat sans précédent, concentrant entre ses mains l'intégralité du pouvoir décisionnel, sans presque aucune contrainte quant à l'utilisation de la richesse nationale", accuse le rapport.

"Les populations les plus marginalisées d'Arabie saoudite –travailleurs migrants, communautés rurales, habitants pauvres et de la classe ouvrière– ont été les premières victimes des abus liés aux projets du PIF soutenus par le prince héritier", ajoute HRW.  

Sollicités par l'AFP, ni le gouvernement ni le PIF n'ont répondu. 

De nombreux abus mentionnés par HRW avaient déjà été documentés. En 2019, le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires avait indiqué que deux avions appartenant à Sky Prime Aviation, une société contrôlée par le PIF, avaient transporté l'escouade responsable du meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul. 

Bien que l'affaire Khashoggi ait suscité l'indignation de la communauté internationale, le prince héritier a survécu à "cette période de bref isolement international (...) pour devenir une figure centrale sur la scène mondiale", a relevé l'auteur du rapport, Joey Shea, lors d'une conférence de presse cette semaine. 

Le rapport exhorte les entreprises à éviter de travailler avec le PIF au vu des "impacts graves et irréversibles sur les droits humains". 

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, utilise le très riche fonds souverain de la pétro-monarchie du Golfe pour étendre son pouvoir, à travers notamment des mégaprojets violant des droits humains, a dénoncé mercredi (HRW). 

Dans un rapport de 93 pages, l'organisation de défense des droits humains basée à New York décrit comment Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a pris le contrôle du Fonds d'investissement public (PIF), qui gère aujourd'hui environ 925 milliards de dollars d'actifs, contre 84 milliards il y a une décennie.

Le rapport accuse le prince de 39 ans d'avoir saisi des entreprises et actifs appartenant à des Saoudiens arrêtés lors d'opérations anticorruption très médiatisées à partir de 2017, année où il...