Le responsable du bureau des médias du Hezbollah, Mohammad Afif, lors d'une conférence de presse dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo Mohamad Yassine/ L'Orient-Le Jour
Le responsable des médias du Hezbollah, Mohammad Afif, a été tué dimanche dans une frappe israélienne qui a visé les bureaux de la branche libanaise du parti Baas syrien dans le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth, ont rapporté les agences Reuters et AFP. Le Hezbollah, lui, n'a confirmé la mort de Mohammad Afif dans une « frappe israélienne criminelle » qu'en toute fin de soirée.
Pendant de nombreuses années, Mohammad Afif a joué un rôle-clé dans la gestion des relations du Hezbollah avec les médias, entretenant des liens avec des journalistes locaux et internationaux et fournissant fréquemment des informations sous le couvert de l'anonymat.
Conseiller médias de Nasrallah
Mohammad Afif s'est fait connaître pour la première fois du grand public pendant la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, lorsqu'il était responsable de l'information pour la chaîne du parti chiite al-Manar. Il a également été le conseiller médias de Hassan Nasrallah, l'ancien secrétaire général du Hezbollah assassiné fin septembre à Beyrouth.
Après la mort de ce dernier, Mohammad Afif a multiplié les apparitions médiatiques, tenant plusieurs conférences de presse dans le fief du Hezbollah, dans la banlieue-sud de Beyrouth. Au cours de l'une d'entre elles, il a brusquement mis fin à sa prise de parole après qu'un ordre d'évacuation israélien a signalé l'imminence d'une attaque sur un bâtiment voisin. « Les bombes ne nous font pas peur, alors comment peut-on parler de menaces ? », a-t-il déclaré aux journalistes qui se hâtaient de rassembler leur matériel.
Les journalistes travaillant sur des sujets relatifs au Hezbollah étaient habitués à la présence de Mohammad Afif, en particulier lors des prises de parole de Hassan Nasrallah, pendant lesquelles il facilitait la couverture médiatique.
Ces dernières semaines, plusieurs hauts responsables du Hezbollah ont été assassinés par Israël, ce qui a intensifié la pression sur les dirigeants du groupe.


Le Goebbel de la milice
18 h 57, le 17 novembre 2024