Des enfants palestiniens suivent des cours dans une école gérée par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dans le camp de réfugiés de Qalandia en Cisjordanie occupée, le 14 novembre 2024. Photo Zain JAAFAR / AFP
Au milieu d'un camp de réfugiés bruyant et surpeuplé, de jeunes Palestiniens venus des quatre coins de Cisjordanie occupée s'initient aux métiers manuels sous les auspices de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), récemment interdite par Israël.
Sur le campus du centre d'enseignement professionnel du camp de Qalandiya, à un jet de pierre du mur séparant la Cisjordanie d'Israël, des apprentis plombiers assemblent des tuyaux, de futurs électriciens passent des fils et des charpentiers en herbe construisent un toit. Mais ces adolescents en bleu de travail et leurs formateurs pourraient bientôt finir sur le carreau.
En octobre, la Knesset, le Parlement israélien, a décidé d'interdire à l'Unrwa d'opérer sur le sol israélien et de se coordonner avec les autorités israéliennes.
A 18 ans, Ahmed Nassif, un réfugié venu du camp de Jalazoun, peine à concevoir un avenir si le centre de formation devait fermer à cause de cette loi. "De nombreux camarades se retrouveraient au chômage, et certains n'ont pas les moyens financiers d'aller étudier dans d'autres instituts", explique-t-il à l'AFP lors d'un cours où il apprend à monter des luminaires dans une pièce. "Ici, c'est presque gratuit", ajoute-t-il.
Un peu plus loin, des fillettes palestiniennes en chasubles colorées font des rondes au gré des coups de sifflet de leur professeure de sport dans la cour d'une école élémentaire, également gérée par l'Unrwa. Sur le mur, un graffiti en arabe entouré de dessins de papillons et de fleurs proclame: "J'aime ma belle école".
Désastre potentiel
Porte-parole de l'Unrwa à Jérusalem, Jonathan Fowler met en garde contre les conséquences socio-économiques "potentiellement désastreuses" d'une éventuelle fermeture, même partielle, des activités de l'agence. "Si ces services ne peuvent pas fonctionner (...), qui va fournir une éducation aux enfants et aux adolescents de ce camp?" fait-il valoir.
Selon Baha Awaad, son directeur, le centre d'enseignement professionnel forme 350 étudiants mais ne peut pas en accueillir davantage, faute d'autorisation pour agrandir les bâtiments.
Les apprentis pourront-ils terminer leur année scolaire à la lumière des menaces que fait planer la nouvelle législation israélienne? "Honnêtement, nous ne savons pas", admet-il. "Nous fonctionnons comme d'habitude, sans vouloir semer la peur. On rassure les étudiants en leur disant qu'on fait tout notre possible pour continuer à enseigner ici", ajoute-t-il. Des étudiants, inquiets pour leur sort et celui du centre, sont déjà venus le voir, dit-il. Qu'adviendra-t-il d'eux si l'école doit fermer? "Ca dépend. Si c'est une fermeture permanente, ils se retrouveront sans option".
Pas d'alternative
Difficile de trouver du jour au lendemain une alternative à l'Unrwa, qui a commencé ses opérations dans la région en 1950. "Vous ne pouvez pas simplement appuyer sur un bouton et l'Unrwa disparaît, puis quelqu'un d'autre prend sa place", fait valoir Jonathan Fowler. "La loi est très floue sur de nombreux points. Donc en réalité: quelle serait l'objectif? Comment cela serait mis en oeuvre? Tout cela reste extrêmement incertain", ajoute-t-il.
L'interdiction de l'Unrwa fait craindre que les employés de l'agence rencontrent des problèmes pour se déplacer en Cisjordanie ou pour accéder à Jérusalem-Est, partie de la Ville sainte occupée et annexée par Israël, faute de pouvoir franchir les postes de contrôle israéliens. Idem pour les visas et permis délivrés par les autorités israéliennes, sésames indispensables pour entrer et circuler librement dans les territoires palestiniens.
Les autorités israéliennes sont depuis longtemps très critiques à l'égard de l'agence onusienne. Leurs relations sont devenues exécrables après le début de la guerre à Gaza: Israël a accusé des employés de l'Unrwa d'avoir participé à l'attaque perpétrée sur son sol le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien Hamas. Or, l'Unrwa est la "colonne vertébrale" des opérations humanitaires au profit des Palestiniens.
Dans les 19 camps où vivent aujourd'hui, selon l'Unrwa, un quart des 912.000 réfugiés de Cisjordanie, beaucoup dépendent des divers services fournis par les 3.800 employés de l'agence. C'est le cas d'Ahmed Nassif qui, avant d'intégrer le centre d'enseignement professionnel de l'Unrwa, est passé par une école secondaire de l'agence et a aussi reçu des soins dans l'une de ses cliniques. "La situation est particulièrement difficile pour la clinique, dont de nombreuses personnes dépendent pour les médicaments et les traitements", témoigne-t-il: "Si elle ferme, elles seront coupées de ces services".
Sur le campus du centre d'enseignement professionnel du camp de Qalandiya, à un jet de pierre du mur séparant la Cisjordanie d'Israël, des apprentis plombiers assemblent des tuyaux, de futurs électriciens passent des fils et des charpentiers en herbe construisent un toit. Mais ces adolescents en bleu de travail et leurs formateurs pourraient bientôt finir sur le carreau.
En octobre, la Knesset, le Parlement israélien, a décidé d'interdire à l'Unrwa d'opérer sur le sol israélien et de se...




Parce que vous pensez que l’UNWRA éduque? C’est la meilleure blagues de ces deux siècles!!
17 h 25, le 17 novembre 2024