Sœur Béatrice. Photo tirée de Facebook
Fondatrice d’un ermitage à Qaouzah, un village chrétien de Bint Jbeil, Béatrice Mauger est retournée en France, son pays natal, après avoir été relâchée le 17 octobre par des soldats de l’armée israélienne infiltrés en territoire libanais qui l’avaient emmenée en Israël, deux jours plus tôt. Mue par sa volonté de contribuer à promouvoir « la réconciliation et la paix » entre les communautés, cette religieuse de 60 ans s’était établie au Liban-Sud il y a une douzaine d’années. Sur la colline de Qaouzah, proche du village de Aïta el-Chaab, elle avait fait édifier en 2015 « l’Arche de la paix », un lieu dédié à la spiritualité. Elle avait été aidée dans son projet notamment par l’archevêché maronite de Tyr, propriétaire du terrain, et avait aménagé autour de l’ermitage un vaste parc dans lequel beaucoup d’animaux avaient trouvé leur place.
Selon une source sécuritaire contactée par L’Orient-Le Jour, sœur Béatrice avait été emmenée « de force dans les territoires occupés », passant sa première nuit dans une tente, avant d’être conduite à Nahariya, ville côtière du nord d’Israël. Après avoir recueilli des informations sur ses activités et lui avoir demandé si elle détenait des renseignements sur le Hezbollah, les Israéliens l’ont remise à la Force intérimaire des Nations unies (Finul), indique cette source, précisant que la force onusienne l’a ensuite confiée au service des renseignements de l’armée libanaise.
Après s’être enquis de l’interrogatoire dont elle avait fait l’objet, il est apparu au service précité que sœur Béatrice ne possédait pas de données sécuritaires, poursuit la même source. Les renseignements de l’armée sont alors entrés en contact avec « la justice compétente », qui leur a demandé de la confier à l’ambassade de France, conformément aussi au désir de la concernée. Sans fournir de détails, une source informée du dossier a affirmé à L’OLJ que la religieuse « est rentrée en France, en principe définitivement ».
Organisation détruite
Depuis le 14 octobre, soit deux semaines après le début de l’offensive terrestre israélienne au Liban-Sud, un internaute avait donné de ses nouvelles sur sa page Facebook, annonçant que sœur Béatrice avait choisi de « rester dans son ermitage » à Qaouzah. L’armée israélienne avait pourtant commencé à avancer sur ce village, selon les communiqués publiés par le Hezbollah annonçant ses opérations contre des soldats israéliens en territoire libanais, la veille, le 13. Trois jours plus tard, le 16, le Hezbollah et des sources locales et sécuritaires citées par notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, avaient fait état de combats violents entre l’armée israélienne et les combattants du parti chiite à Qaouzah.
Dimanche, dans deux publications séparées sur Facebook également, la religieuse a d’abord annoncé la destruction de son organisation, puis la mort d’un dromadaire qui y vivait, « sacrifié sur le front de l’Arche de paix ». Une photo montre l’animal coiffé d’un béret de la Finul, avec un Casque bleu lui caressant la tête.
En 2019, un singe, nommé Tachtouch, s’était échappé du parc et avait traversé la frontière libano-israélienne. Après plusieurs jours de traque, l’animal avait été maîtrisé à Majd el-Kroum, dans le nord d’Israël, selon des médias israéliens. Il avait été remis à la Finul, pour être ensuite restitué à sa propriétaire au Liban-Sud. Sœur Béatrice avait alors déclaré à l’AFP que ce singe « est un messager de paix ». Et d’ajouter : « Il a dédramatisé la frontière, en faisant fi du mur et des barbelés de la guerre. Paix à tous les fans de Tachtouch, qui l’ont aidé à retraverser une frontière hermétique, signe prophétique de la réouverture de cette frontière... »



Ouf...triste ca...
06 h 42, le 30 octobre 2024