Capture d'écran de la vidéo publiée sur le compte Facebook de Rmeich.
Après le « cri des familles de Rmeich », lancé par le curé de ce village chrétien du Liban-Sud, Nagib el-Amil pour protester contre la décision des Forces de sécurité intérieure de fermer le poste de police local, des réactions politiques ont fusé mardi, ce qui a permis d'inverser la décision et de maintenir une présence sécuritaire, selon nos informations.
Dans une vidéo publiée sur le compte Facebook de Rmeich, le curé dénonce devant le poste de gendarmerie de Rmeich, dans le caza de Bint Jbeil, une décision qui pour lui équivaut à un « abandon de l’État ». « Le passé se répète », poursuit-il, comparant la situation à celle de 1969 « lorsque l'État a abandonné ce territoire et l'a remise au Fatehland (époque où les fedayine menaient leurs opérations contre Israël depuis le Liban-Sud où ils avaient construit un véritable État dans l’État, Ndlr) » et en 1976 quand « l'armée libanaise s'est décomposée » (en pleine guerre civile, l'armée libanaise s'était divisée, ndlr).
« L’État a d'abord retiré l'armée libanaise, qui était chez nous et aux alentours avec 4 ou 5 postes, et nous étions soulagés parce que la troupe nous défendait... Et cette fois-ci vous demandez de retirer le poste de police... », s'insurge-t-il, entouré des habitants de la localité, alors que le bruit des bombes s'entend au loin. « La police a pour rôle de se charger de notre sécurité intérieure. Qui va s'occuper de nous et de nos problèmes si vous fermez le poste de police ? », demande-t-il. Le prêtre affirme que comme dans le passé l’État va « délaisser » Rmeich et que les habitants de la localité seront à nouveau qualifiés « d'agents ». « Nous sommes Libanais, seul l’État libanais est responsable de nous... », poursuit-il, tout en indiquant que 200 habitants sont soldats de l'armée libanaise ou agents des forces de l'ordre. « S'ils quittent, qu'allez-vous faire de leur famille ? », feint-il d'interroger.
Suite à cette décision, nombre de personnalités publiques se sont solidarisés avec les habitants du village, dont des dizaines sont restés sur les lieux malgré les frappes et les avancées de l'infanterie israélienne dans les villages alentour. « Nous soutenons la demande des habitants de Rmeich et d'autres localités pour maintenir les forces de sécurité dans les villages, les localités et les villes, car la présence des forces de sécurité à côté du peuple est normale, et cela aide également la survie des gens et leur fait ressentir la présence de l'État à leurs côtés, en particulier dans les jours difficiles. », a écrit mardi le député de l'opposition Achraf Rifi sur le réseau X. « Nous demandons que le poste de police de Rmeich soit maintenu dans la localité pour soutenir la détermination des habitants. Ces mesures sont injustifiées et vont à l'encontre de tout ce qui est adopté dans tous les pays du monde, ainsi que du concept de police de proximité », poursuit le député du nord.
Selon l'Agence nationale d'information, l'ancien président Amine Gemayel a passé un appel téléphonique au commandant de la gendarmerie, le brigadier Rabih Moujaès, au cours duquel il a souligné « l'importance de la présence de l'État libanais avec ses services de sécurité dans les régions du sud, soumises à des attaques sans précédent dans cette étape existentielle que traverse le pays ». Il a estimé que « la survie du poste de gendarmerie à Rmeich représente la dernière présence de l'État libanais dans cette zone frontalière, et que son retrait laissera la région et ses habitants dans le vent ». Le commandant de la gendarmerie lui a alors assuré que le poste « allait rester en place ».
Le député CPL du Akkar Jimmy Jabbour a quant à lui salué sur X « la détermination du peuple de Rmeich » qui montre son attachement à l'État en refusant la fermeture de ce poste de police. « Nous notons cette adhésion et invitons le commandant de la gendarmerie, le directeur général des Forces de sécurité intérieure et le ministère de l'Intérieur à prendre l'initiative avec courage et fierté de conserver le commissariat. », a-t-il ajouté.


Une vraie resistance ne s’achète pas à coup de propagandes et de dollars. Voilà l’exemple même que tous les libanais devraient suivre. On ne cède pas à la terreur et on défend sa terre contre les usurpateurs qui ne sont pas ceux qu’on veut vein nous faire croire. Pour les vendus de sont des traîtres parce qu’ils leur ont montré que le patriotisme n’est pas monnayable.
11 h 44, le 23 octobre 2024