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La mort de Sinouar conforte Netanyahu mais la question des otages demeure

La mort du chef du Hamas Yahya Sinouar est une victoire politique pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mais il reste des lignes de fracture en Israël sur sa stratégie pour la libération des otages, plus d'un an après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien.

En Israel, des scènes de liesse ont accueilli l'annonce de la mort du dirigeant du mouvement islamiste. Mais Michael Milshtein, spécialiste des questions palestiniennes au centre de recherche Moshe Dayan sur le Moyen-Orient, ne sera "prêt à se réjouir" que "quand les otages seront rentrés à la maison", en référence aux 97 personnes détenues à Gaza dont 34 sont considérées comme mortes par l'armée.

La mort de Yahya Sinouar "ne veut pas dire la fin de la guerre à Gaza, mais le début de la fin", a prévenu jeudi M. Netanyahu.

"Le retour de nos otages est une occasion d'atteindre tous nos buts et cela nous rapproche de la fin de la guerre", a expliqué le Premier ministre, assurant aux familles des otages que la mort de Yahya Sinouar était "un moment important" dans le conflit avec le Hamas.

Pour lui, les gains politiques sont importants. La mort de celui qui est considéré comme l'architecte de l'attaque du 7 octobre 2023 ayant entraîné, du côté israélien, la mort de 1.206 personnes, en majorité des civils, a conforté les ministres d'extrême droite de son gouvernement.

"Il y avait ceux qui voulaient (...) retirer (l'armée israélienne) de la zone de Rafah", a salué Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sur son compte Telegram, "mais d'autres ont compris que la guerre est une question de patience et de persévérance".

Partisan d'une poursuite de la guerre à Gaza, cet allié d'extrême droite de M.Netanyahu a appelé à "conquérir de plus en plus" pour "anéantir l'ennemi et ramener les otages chez eux".

- Relance des négociations -

"Il est certain que pour l'heure, c'est un bon coup politique pour Netanyahu mais il y aura également beaucoup plus de pression pour parvenir à un accord" sur les 97 otages détenus à Gaza, estime Jonathan Rynhold, directeur du département d'études politiques à l'université de Bar Ilan.

Mais selon l'universitaire, un accord sera "plus facile" à atteindre pour Israël, en position de force face au "Hamas qui est détruit en tant que force militaire conventionnelle".

M. Smotrich, ainsi que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite israélienne, sont opposés à tout accord d'échange avec le Hamas. Mais ils ne "feront pas tomber" le Premier ministre "tant qu'Israël est engagé dans une guerre avec le Hezbollah et l'Iran, ce qui (...) donne plus de marge de manoeuvre" à M. Netanyahu, estime l'expert.

D'autres personnalités israéliennes estiment au contraire que le gouvernement doit relancer les négociations sur un accord concernant les otages.

"Israël doit prendre l'initiative d'un mouvement vers le seul accord possible: la fin de la guerre à Gaza en échange du retour de tous les otages, vivants ou morts", a déclaré l'ancien député d'opposition Ofer Shelah, aujourd'hui directeur de recherche à l'Institut israélien d'études de sécurité nationale (INSS).

"Un tel accord, avec des partenaires internationaux, consoliderait les réalisations opérationnelles à Gaza et au Liban, offrirait une alternative au Hamas qui ne serait pas la domination israélienne sur Gaza", ajoute M. Shelah.

Comme depuis des mois, la poursuite de la guerre inquiète certains proches des otages.

"Nous craignons que Netanyahu n'ait pas l'intention d'arrêter la guerre, ni de ramener les otages", avance Ayala Metzger, belle-fille de l'otage tué Yoram Metzger. "Depuis plus d'un an, il n'a rien fait pour préparer le jour d'après l'élimination de Sinouar".

reg-crb/cyj/mj/bk

© Agence France-Presse



La mort du chef du Hamas Yahya Sinouar est une victoire politique pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mais il reste des lignes de fracture en Israël sur sa stratégie pour la libération des otages, plus d'un an après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien.

En Israel, des scènes de liesse ont accueilli l'annonce de la mort du dirigeant du mouvement islamiste. Mais Michael Milshtein, spécialiste des questions palestiniennes au centre de recherche Moshe Dayan sur le Moyen-Orient, ne sera "prêt à se réjouir" que "quand les otages seront rentrés à la maison", en référence aux 97 personnes détenues à Gaza dont 34 sont considérées comme mortes par l'armée.

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