Le président français Emmanuel Macron attend l'arrivée du roi Philippe - Filip de Belgique et de la reine Mathilde de Belgique lors d'une visite au château de Chantilly, à Chantilly, au nord de Paris, le 16 octobre 2024. Photo AFP ou licenciés/JULIEN DE ROSA
Les propos du président français Emmanuel Macron sur le rôle de l'ONU dans la création de l'Etat d'Israël ont déclenché une vive polémique en France, y compris dans son propre camp.
M. Macron avait appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à ne « pas oublier que son pays a été créé par une décision de l'ONU », selon des propos rapportés par des participants mercredi au conseil des ministres, alors qu'était abordée la guerre à Gaza et au Liban.
Ces propos, qui avaient suscité la colère du dirigeant israélien, ont aussi provoqué de vives réactions en France.
« Mettre en doute l'existence d'Israël touche pour moi à des questions fondamentales », a tonné sur la radio Europe 1 et la chaîne CNews le président du Sénat, la chambre haute du Parlement français, Gérard Larcher, issu du parti conservateur Les Républicains. Le troisième personnage de l'Etat français, dans l'ordre protocolaire, a pointé la « méconnaissance de l'histoire de la naissance d'Israël » manifestée, selon lui, par M. Macron, attendu jeudi à un sommet de l'Union européenne à Bruxelles.
« J'ai été stupéfait que ces propos puissent être tenus », s'est encore indigné M. Larcher, en se demandant si le chef de l'Etat avait « pris conscience de ce qu'il s'est passé pendant la Shoah et après la Shoah ». Cette charge rejoint d'autres réactions indignées au sein même du camp macroniste à l'Assemblée nationale (chambre basse), le groupe des députés Ensemble pour la République (EPR).
L'ancien président du groupe Sylvain Maillard avait en effet confirmé mercredi des « discussions un peu houleuses » en interne sur la boucle de messagerie des députés EPR.
Caroline Yadan, députée EPR de la 8e circonscription des Français établis hors de France, qui inclut Israël, a fustigé sur X une phrase « indigne ». « Laisser penser que la création de l'Etat d'Israël est le fruit d'une décision politique de l'ONU, c'est méconnaître à la fois l'histoire centenaire du sionisme » et « le sacrifice de milliers d'entre eux pour établir l'Etat d'Israël », avait aussi déclaré mercredi sur X le président Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi.
Jeudi, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a tenté de contextualiser les propos attribués à Emmanuel Macron, qui a voulu rappeler « la nécessité qu'ont les uns et les autres de respecter les règles internationales. Israël doit les respecter », a-t-elle affirmé sur Sud Radio.


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