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Aide alimentaire à Gaza : le PAM déplore une situation "d'urgence permanente"

De retour d'une mission dans la bande de Gaza, Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondiale (PAM) pour les Territoires palestiniens, alerte sur le fonctionnement en "urgence permanente" du secteur humanitaire.

"Un an après" le début de la guerre entre le Hamas et Israël déclenchée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien, "c'est comme si on courrait toujours pour assurer ne serait-ce que le minimum", résume le responsable de l'agence onusienne.

Q: Un an après le début de la guerre, comment travaillez-vous dans la bande de Gaza?

Antoine Renard: "C'est comme si nous étions revenus un an en arrière, avec les problèmes des points de passage (fermés entre Israël et Gaza, NDLR) notamment.

Dans le nord de Gaza, nous demandons la réouverture des points de passage car aucun produit commercial ne parvient au nord de Gaza donc la population dépend uniquement de l'aide humanitaire.

Nous devons travailler de manière à ce que tout soit expédié immédiatement dans les zones où se trouvent les personnes qui en ont besoin, car sinon il y a un risque de pillage, ou bien notre aide peut se retrouver sous les bombes. C'est ce qui se passe actuellement dans certains entrepôts, nos partenaires et nos marchandises peuvent se trouver dans des zones de combats.

Un an après, c'est comme si on courrait toujours pour assurer ne serait-ce que le minimum.

C'est une situation d'urgence permanente. On ne peut rien considérer comme acquis. Chaque jour est une lutte pour s'assurer que nous pouvons fournir de l'assistance.

Q: Comment se nourrissent les Palestiniens de Gaza ?

R: Les habitants du nord de la bande de Gaza dépendent exclusivement de l'aide humanitaire. Ils n'ont pratiquement pas accès au frais, notamment aux légumes et aux fruits. Il y a pu y en avoir mais vraiment très peu, comme une goutte d'eau dans l'océan.

Le reste, ce sont les produits de base fournis par l'Unrwa (agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, NDLR) et le PAM. C'est tout ce qu'il y a sur le marché en matière de nourriture. L'accès à l'eau reste aussi un problème majeur.

Il faut bien comprendre que les gens vivent de boîtes de conserve depuis plus de 12 mois. Franchement, ce n'est pas durable.

Dans le sud, ils ont réussi à avoir un peu accès aux fruits et aux légumes, mais pas beaucoup plus.

Et la plupart des Gazaouis n'ont pas accès aux produits laitiers, à la viande, ou au poisson.

Et maintenant, comme nous avons moins d'accès à la bande de Gaza, les prix d'une boîte de conserve ont doublé, même dans le sud. Donc que va-t-il se passer si on ne parvient plus à faire entrer de l'aide alimentaire?

Q: Et le pain ?

R:  Nous disposons d'un réseau de 18 boulangeries dans la bande de Gaza. En moyenne, nous en avons 14 qui fonctionnent.

Chaque jour, il y a du pain pour 2,1 millions de personnes, grâce à ces boulangeries qui fonctionnent. Pour de nombreux Gazaouis, c'est le seul aliment frais dont ils disposent.

Ce qui est pour nous une lutte constante, c'est que pour une boulangerie, il faut avoir du carburant (pour les générateurs électriques, NDLR) et les produits de base et ça, tous les jours. Donc pour nous, ce n'est pas seulement une boulangerie, c'est toute une ligne de production, qui est un soutien vital.

Je vous donne un exemple concret avec Khan Younès [dans le sud de la bande de Gaza, NDLR] où la guerre a presque tout détruit. Nous avons réussi à faire redémarrer l'une des boulangeries, grâce à laquelle nous fournissons 30.000 personnes. Beaucoup d'entre elles ont déménagé dix fois. Elles en ont assez et le fait de retrouver du pain frais dans la zone où elles se trouvent, ça fait une grande différence".

crb-lsb/mj/vl

© Agence France-Presse

De retour d'une mission dans la bande de Gaza, Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondiale (PAM) pour les Territoires palestiniens, alerte sur le fonctionnement en "urgence permanente" du secteur humanitaire.

"Un an après" le début de la guerre entre le Hamas et Israël déclenchée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien, "c'est comme si on courrait toujours pour assurer ne serait-ce que le minimum", résume le responsable de l'agence onusienne.



Q: Un an après le début de la guerre, comment travaillez-vous dans la bande de Gaza?

Antoine Renard: "C'est comme si nous étions revenus un an en arrière, avec les problèmes des points de passage (fermés entre Israël et Gaza, NDLR)...