Les députés de l’opposition lors d’une conférence de presse lundi 7 octobre 2024. Photo tirée du compte X de Samy Gemayel
Les députés de l'opposition libanaise ont publié une déclaration appelant « au renforcement de l'unité nationale » à la lumière de « la tragédie que vit le peuple libanais à la suite de l'agression israélienne », notamment au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth, où des civils ont été tués ou ont fui les bombardements qui ont détruit des zones entières. Ce groupe de députés inclut les Forces libanaises, les Kataëb, le bloc du Renouveau et des députés de la contestation.
« À chaque épreuve qui frappe le Liban ou une partie de celui-ci, à chaque détresse ou calamité qui touche les Libanais ou un groupe d'entre eux, nous revenons à la conclusion qu'il n'y a pas d'autre refuge que l'État unifié, au service des citoyens, expurgé de toutes considérations sectaires ou régionales », ont déclaré les députés dans un communiqué lu lors d’une conférence de presse au Parlement par Michel Doueihy, député de Zghorta et rapporté par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
« Nous confirmons à chaque fois que notre identité nationale inclusive est notre bouclier, notre refuge et notre meilleure et unique option. Dans notre histoire récente, nous avons appris à maintes reprises que tout individualisme, toute exclusivité ou tout écart par rapport à l'ordre public, à la Constitution et à l'intérêt national commun nous a conduits à notre perte, collectivement et individuellement », a-t-il poursuivi.
Six mesures
La déclaration des parlementaires appelle « les autorités constitutionnelles à assumer leurs responsabilités envers le peuple libanais, qui paie le prix d'une guerre destructrice qu’il n’a pas choisi de mener » et propose ensuite « six mesures » pour préserver le pays « face aux dangers qui le menacent ».
« Face aux dangers qui menacent l'entité libanaise », les députés des forces d'opposition appellent les autorités constitutionnelles à assumer leurs responsabilités envers le peuple libanais, qui paie le prix d'une guerre destructrice dans laquelle il n'a pas eu le choix, et à sauver le Liban et protéger ses citoyens, en prenant immédiatement les mesures suivantes :
Le gouvernement libanais doit d’abord s’affranchir de toute ingérence étrangère, s'engager à un cessez-le-feu immédiat, appliquer la résolution 1701 (du Conseil de sécurité qui a mis fin à la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël) et appliquer l'accord de Taëf (qui a mis fin à la guerre civile de 1975 à 1990) ainsi que toutes les autres résolutions internationales, en particulier les résolutions 1680 et 1559 (concernant le désarmement des milices).
Les députés demandent ensuite à la présidence du Parlement de « fixer une date immédiate, fixe et définitive pour la session d'élection du président de la République, en sessions successives, conformément aux articles 49, 73 et 74 de la Constitution, sans conditions ni création de normes constitutionnelles ou politiques ». Une démarche qui doit encourager, selon eux, l’élection d’un président « réformateur et souverain », mettant fin à près de deux ans de vacances depuis la fin du mandat de Michel Aoun le 31 octobre 2022.
Les députés de l’opposition appellent à la formation d’un gouvernement de plein exercice qui aura la charge de lancer le processus de réforme exigé depuis plusieurs années par les partenaires du Liban et le Fonds monétaire international, et entamer la reconstruction des zones du pays détruites par Israël. Avant que le Hezbollah et l’État hébreu ne commencent à échanger des tirs au lendemain du déclenchement de la guerre de Gaza, le Liban traversait déjà une grave crise multidimensionnelle qui s’est déclarée en 2019. Le gouvernement actuel est démissionnaire en mai 2022 et n'a toujours pas été remplacé.
Les parlementaires demandent à l'armée libanaise de se déployer « sur tous les territoires libanais et de contrôler tous les passages frontaliers avec l'aide de la Force intérimaire des Nations unies au Liban sur toutes les frontières libanaises au sud, à l'est et au nord, sur terre, en mer et dans les airs ».
Les députés demandent par ailleurs de « soutenir l'armée libanaise et lui donner les moyens de remplir pleinement ses fonctions et l'empêcher d'être entraînée dans une guerre que l'État libanais n'a pas décidé de mener ». Ils insistent enfin sur le rétablissement et le respect des « relations extérieures du Liban avec la communauté arabe en particulier et la communauté internationale en général », et sur son engagement en faveur de la légitimité arabe et internationale, conformément à ce que prévoit l'accord de Taëf.
« Feuille de route nationale »
Dans ce contexte, l'ancien président du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblat a également affirmé, à l'issue d'une réunion interne du parti, que la réunion tripartite qui avait eu lieu à Aïn el-Tiné avec le président du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre sortant Nagib Mikati constituait « une tentative de définir une feuille de route nationale pour arrêter l'agression israélienne, confirmer la volonté politique du Liban d'appliquer la résolution 1701 et d'envoyer l'armée libanaise au sud avec la Finul ». Elle vise aussi « à mettre un terme à la vacance présidentielle après avoir abandonné l'idée du dialogue, et à aller vers l'élection d'un président consensuel à travers un règlement national sur une figure de consensus, suivie par la formation d'un gouvernement de pleins pouvoirs capable de s'adresser à la communauté internationale avec une position nationale collective ».
« Le troisième point de l'initiative est centré sur la nécessité d'avoir une position nationale unifiée dans l'aide aux personnes déplacées, d'autant plus que la guerre est encore longue. Cela nécessite la mobilisation de cellules de crise, la coordination et l'ouverture aux unions municipales, aux partis, aux ONG et aux associations familiales pour une plus grande efficacité dans le travail », a ajouté M. Joumblatt.


Préparez vous mes amis, votre heure risque d’arriver beaucoup plus vite que vous ne le pensez. Le Hezbollah est fini. plus il s’entête plus dure et humiliante sera la chute, une nouvelle page va se tourner à vous d’en profiter.
22 h 21, le 07 octobre 2024