L'entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud. Photo Mountasser Abdallah / L'OLJ
L'Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) a annoncé lundi dans un communiqué la fermeture d'un centre d'hébergement de déplacés installé dans l'école de Deir el-Qasi, située dans le camp palestinien de Miyé Miyé, près de Saïda.
Cette décision, signée par le Commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a été motivée par la « violation des principes humanitaires » au sein de ces centres d'hébergement. « Malgré nos efforts pour maintenir un environnement qui respecte les principes humanitaires, ceux-ci n'ont pas été respectés dans le refuge de l'école Deir el-Qasi, ce qui a conduit à cette décision », cite le communiqué.
Cette décision fait suite à celle indiquée plus tôt dans la journée par Dorothée Klaus, directrice de l'Unrwa au Liban, de retirer le personnel et les drapeaux de l'ONU des écoles des camps de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué et de Miyé Miyé.
Selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah, cette annonce avait déjà suscité la colère et l’inquiétude des habitants. Quelque 91 familles palestiniennes déplacées, soit environ 370 personnes, ont trouvé refuge dans ces écoles après avoir fui des camps palestiniens situés plus au sud, dont celui de Rachidiyé, à Tyr.
Les personnes déplacées se sont opposées à cette décision de l'Unrwa, considérant qu'il s'agissait d'un renoncement de son rôle de protection. Elles ont ainsi organisé un sit-in en signe de protestation et ont refusé de déménager.
Colère des factions palestiniennes
« Nous comprenons que cette décision puisse être source d'anxiété et de confusion au sein de la communauté locale. Cependant, le respect des principes humanitaires est essentiel pour assurer la sécurité des personnes déplacées et de notre personnel », ajoute le communiqué, qui précise avoir proposé de « reloger dans d'autres abris les personnes déplacées affectées par cette décision » et réaffirme le « soutien » de l'agence onusienne aux « personnes déplacées pendant cette période difficile ».
Bien que Dorothée Klaus avait demandé le transfert de ces familles déplacées vers des camps plus au nord, cette mesure n'a pas manqué de susciter le ressentiment des factions palestiniennes et des comités populaires du camp d'Aïn el-Héloué.
Selon une source au sein des comités populaires contactée par notre correspondant, ceux-ci ont pris en charge la supervision de l'école après « l’abandon » de l'Unrwa et ont affirmé leur volonté de répondre aux besoins des personnes déplacées.
Le responsable du Front Démocratique pour la Libération de la Palestine (FPLP) dans la région de Saïda, Fouad Othman, a considéré cette décision comme une « injustice» : « Nous ne comprenons pas ce qui a motivé ces décisions, a-t-il déclaré à L’OLJ. C’est injuste et cela expose l'école à de nombreux risques. Nous appelons l’Unrwa à se rétracter immédiatement et à soutenir nos personnes déplacées et à leur fournir tous les éléments nécessaires à leur survie dans ces circonstances difficiles ».
Le camp de Aïn el-Heloué a déjà été ciblé il y a une semaine par une frappe israélienne visant Mounir Maqdah, chef des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, la branche armée du Fateh palestinien. Le bilan était d’au moins cinq morts et de plusieurs blessés. La veille, dans le quartier de Aïn el-Delb, également dans le sud-est de Saïda, un bombardement israélien avait fait au moins 32 morts.




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