S’exprimer par un simple geste... Photo d’illustration bigstock
En 2018, une célèbre experte américaine, Blanca Cobb, créait la Journée nationale du body language. Une journée qui est, depuis, célébrée chaque premier vendredi du mois d’octobre. Son but : encourager les gens à mieux se comprendre à travers un langage non verbal. Le site internet de cette célébration met en évidence l’importance de la communication au-delà des mots. Il s’agit en particulier de ces messages silencieux qu’inconsciemment on envoie aux autres. Du sourire au haussement d’épaules, le corps révèle des émotions et des pensées insoupçonnées. Cette journée est le moment idéal pour redécouvrir la genèse de l’incroyable potentiel des êtres à communiquer à travers leur corps.
Revisiter Darwin
Dans ce contexte, il est bon de revisiter le grand paléontologue Charles Darwin. En 1872, il avait détaillé ses observations dans son livre L’expression des émotions chez l’homme et les animaux. Remarquant que, sans même s’en rendre compte, les humains utilisaient le langage corporel pour communiquer. Bien avant Darwin, les peuples primitifs le faisaient. Avec des mouvements et des gestes des mains, des expressions faciales et des paralangages (grognements et autres sons), ils exprimaient leurs besoins, leurs désirs et leurs préoccupations. Selon les signaux utilisés, la confiance ou la méfiance se développait. Par la suite, d’autres scientifiques ont aussi vu dans le langage corporel une forme de survie lorsque l’on est dans l’impossibilité d’utiliser de mots.
Exit « les mots pour le dire »
Ailleurs, pour surmonter, entre autres, les barrières linguistiques, le langage corporel permet de s’exprimer et de comprendre les autres lorsque l’on ne parle pas la même langue. Les couples manient cette communication silencieuse pour exprimer leurs émotions. Les parents l’utilisent avec leurs nourrissons et leurs jeunes enfants jusqu’à ce qu’ils puissent parler. À l’aide d’expressions faciales, de gestes, de mouvements et de sons, les bébés communiquent leurs désirs et leurs besoins. De la même manière, ils lisent les émotions de leurs parents pour comprendre s’ils sont heureux, tristes ou en colère. Enfin, de nombreuses personnes l’utilisent pour lire les autres afin de comprendre ce qu’ils ressentent, comme les personnes victimes d’un accident vasculaire cérébral ou souffrant d’une paralysie partielle et d’autres problèmes médicaux dans lesquels la parole est difficile. La parole est remplacée par des mouvements oculaires, des clins d’œil ou des regards posés sur un objet pour indiquer leurs besoins et leurs désirs. Mettant en relief l’infinie richesse des capacités de tout dire sans ces « mots pour le dire ».
Et dans ce monde de non-dits, de mal-dits, où les mots prennent une importance considérable, s’en éloigner est souvent bénéfique. Ainsi, il existe actuellement un système de coaching pour aider à valoriser l’expression instinctive via le corps, considéré comme un plus, notamment dans le domaine professionnel. Pour le site HelpGuide, « le langage corporel peut jouer cinq rôles basés sur les facteurs suivants : la répétition, qui renforce souvent le message que vous faites verbalement ; la contradiction, indiquant ainsi à votre auditeur votre désaccord ; la substitution, remplaçant un message verbal car souvent une expression faciale véhicule un message bien plus vivant que les mots ne le pourraient ; la complémentarité, qui est un plus ; et enfin l’accentuation, pour renforcer une opinion.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine