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Yoav Gallant, visage de la guerre d'Israël contre le Hezbollah au Liban

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, s'est imposé en Israël comme une figure de proue de la guerre contre le Hezbollah au Liban voisin, déterminé à faire revenir chez eux des milliers d'habitants déplacés par les tirs de roquettes du mouvement armé depuis près d'un an.

M. Gallant a réitéré ces dernières semaines son objectif de repousser les combattants du Hezbollah de la frontière nord d'Israël, afin de sécuriser la zone pour permettre aux déplacés de rentrer chez eux.

Environ 60.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays après avoir été évacuées en raison des échanges de tirs transfrontaliers quasi quotidiens depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël le 8 octobre en soutien au Hamas au lendemain du début de la guerre déclenchée par l'attaque inédite du mouvement islamiste palestinien contre Israël à partir de la bande de Gaza.

"L'action militaire" est "le seul moyen de garantir le retour des communautés du nord d'Israël dans leurs foyers", avait dit M. Gallant le 16 septembre à l'émissaire américain Amos Hochstein, en visite en Israël.

Le "centre de gravité" de la guerre "se déplace vers le nord", déclarait-il encore le surlendemain, en référence au front avec le Hezbollah, par comparaison avec les combats contre le Hamas dans la bande de Gaza.

- "Reprendre l'initiative" -

"Nous sommes au début d'une nouvelle phase de la guerre, qui exige de notre part courage, détermination et persévérance", avait ajouté M. Gallant, général en retraite devenu l'une principales figures du gouvernement.

Au cours d'une visite lundi à des soldats d'une unité d'artillerie déployés dans le nord du pays, il avait fait une déclaration prémonitoire: "Nous emploierons toutes les capacités dont nous disposons". Quelques heures plus tard, l'armée lançait une offensive au sol contre le Hezbollah, après une semaine d'intenses bombardements contre le mouvement islamiste armé, qui a fait des centaines de morts.

Beaucoup d'Israéliens estiment que la guerre était inéluctable étant donné le développement des capacités militaires du Hezbollah.

"Gallant a été l'un des premiers à soutenir l'idée qu'Israël devait prendre l'initiative dans le nord, quelques jours après les attaques du 7 octobre", rappelle Michaël Horowitz, expert en géopolitique pour le cabinet de conseil en sécurité Le Beck, basé au Moyen-Orient.

"Le raisonnement était le suivant: dans une guerre, il est préférable de combattre d'abord l'ennemi le plus puissant, et la force du Hezbollah dépassait de loin celle du Hamas", ajoute Calev Ben-Dor, ancien analyste au ministère israélien des Affaires étrangères.

Désormais, M. Gallant est "vu, à tort ou à raison, comme ayant été +prescient+ car il aurait misé sur la capacité d'Israël à reprendre l'initiative", conclut M. Horowitz.

- "Rassembleur" -

Aux yeux de M. Ben-Dor, le ministre de la Défense s'impose comme une figure "responsable", y compris pour des Israéliens "qui ne partagent pas nécessairement ses opinions politiques".

"Il est perçu comme se concentrant sur la victoire et sur l'intérêt national", résume M. Ben-Dor, "plutôt que sur de la politique de bas étage".

Ce crédit de popularité le rend plus "rassembleur" que son ancien allié, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, selon M. Horowitz. 

Même s'il a rejoint en 2019 le même parti (Likoud), M. Gallant était entré en politique dans un parti de centre-droit (Koulanou), et les deux hommes ont souvent été en désaccord. Le ministre de la Défense s'est ainsi clairement déclaré favorable à la conclusion d'un accord en vue d'une trêve avec le Hamas qui permettrait d'obtenir la libération des otages à Gaza.

Les Israéliens se souviennent de la période où il était commandant en chef de la région sud, qui comprend les environs de Gaza, dans les années 2000. A ce titre, il avait commandé l'opération "Plomb durci" dans la bande de Gaza fin 2008, début 2009, fatale à 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens.

Il a depuis affirmé qu'il souhaitait une victoire totale contre le Hamas et qu'elle lui aurait été refusée, explique M. Horowitz, "ce qui a pu contribuer à cette image d'homme militaire fort, qui rétrospectivement avait raison, à la lumière des attaques du 7 octobre".

crb/bfi/mj/anr

© Agence France-Presse

Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, s'est imposé en Israël comme une figure de proue de la guerre contre le Hezbollah au Liban voisin, déterminé à faire revenir chez eux des milliers d'habitants déplacés par les tirs de roquettes du mouvement armé depuis près d'un an.

M. Gallant a réitéré ces dernières semaines son objectif de repousser les combattants du Hezbollah de la frontière nord d'Israël, afin de sécuriser la zone pour permettre aux déplacés de rentrer chez eux.

Environ 60.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays après avoir été évacuées en raison des échanges de tirs transfrontaliers quasi quotidiens depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël le 8 octobre en soutien au Hamas au lendemain du début de la...