Le gouffre laissé par la frappe israélienne du vendredi 27 septembre 2024 qui a tué plusieurs responsables du Hezbollah, dont son secrétaire général Hassan Nasrallah. Photo prise par Mohammad Yassine/L'OLJ le 29 septembre 2024
Deux jours après la frappe massive qui a tué Hassan Nasrallah dans la banlieue sud de Beyrouth, le bilan de la vague d'assassinats lancée par Israël contre les dirigeants du Hezbollah ces derniers jours, provoquant de nombreuses victimes civiles collatérales, n'est toujours pas définitif.
Le parti pro-iranien, qui avait mis 24 heures à reconnaître la mort de son emblématique secrétaire général, a fini par réussir à extraire son corps dimanche du gouffre créé par les tonnes d'explosifs lancées par l'aviation israélienne et réparties sur 80 bombes, selon deux officiels de la défense israélienne contactés par le New York Times. L'annonce de l'extraction a été faite par deux sources citées par l'agence Reuters, et des vidéos du corps enroulé dans un tissu blanc ont circulé sur les réseaux sociaux. Nous n'avons pas été en mesure de confirmer l'authenticité des vidéos. En revanche des journalistes ont été brièvement admis sur le site de l'explosion dimanche pour constater l'ampleur des dégâts dans ce secteur de la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik.
Kaouk et Karaki
Le Hezbollah a aussi confirmé la mort d'une autre personnalité importante tuée aux côtés de Hassan Nasrallah : Ali Karaki, un de ses commandants surnommé Abou el-Fadl.
Dans une courte biographie publiée dans la nuit de samedi à dimanche, le Hezbollah a notamment précisé que Ali Karaki était originaire du Sud mais né à Mousseitbé (Beyrouth) en 1962 et faisait partie de la « génération fondatrice » du Hezbollah. Il a notamment « planifié et supervisé » plusieurs attentats-suicide, comme celui mené par Ahmad Kassir contre le QG de l'armée israélienne à Tyr en 1982, qui avait fait plus de 90 morts. C'est lui qui, selon le parti, avait « fondé les différentes forces de la résistance le long de la frontière, après le retrait israélien en 1985 », et il a été jusqu'en 1996 en charge de la région Sud. « Il était responsable du quartier général » de Hassan Nasrallah depuis 2006 et membre du Conseil de la Choura et du Conseil du Jihad. « Il était aussi l'assistant au jihad » du secrétaire général depuis 2008.
Sa mort constitue une perte importante pour le Hezbollah, qui a salué son « martyr béni ». Ali Karaki avait déjà été pris pour cible par Israël à deux reprises, et en avait réchappé : le 8 février dans la localité de Nabatiyé au Liban-Sud, alors qu'il se trouvait en voiture avec un autre commandant qui, lui, a été tué par la suite, le 23 septembre dans la banlieue sud de Beyrouth.
Le Hezbollah a également confirmé la mort du cheikh Nabil Kaouk tué samedi « suite à un raid israélien traître dans la région de Chiyah » dans la banlieue sud de Beyrouth, selon le communiqué du parti. « Le cheikh martyr avait occupé plusieurs postes organisationnels au sein de différentes unités du Hezbollah, et a toujours été digne des responsabilités qui lui ont été confiées. Il était un grand savant, missionnaire et militant, toujours présent sur le front aux côtés des combattants », ajoute le texte. Dans sa biographie publiée dans la nuit, le parti chiite a ajouté que « cheikh Nabil » était né en 1964 à Ebba au Liban-Sud, qu'il avait été en charge de la « région Sud » pour le parti entre 1991 et 2010, et qu'il était jusqu'en 2018 chef adjoint du Conseil exécutif du Hezbollah. Il était également responsable de « l'unité de sécurité préventive ». Le parti a précisé qu'il avait été tué dans une des frappes de samedi sur la banlieue-sud.
Plus de 20 morts
Le Hezbollah a enfin démenti dans un autre communiqué les « allégations » israéliennes au sujet de l'assassinat d'Abou Ali Reda, commandant de l'unité « Badr » du Hezbollah. « Il va bien et il est en bonne santé », a assuré le texte.
L'armée israélienne a, elle, indiqué que plus de 20 autres membres du Hezbollah avaient péri dans la frappe très puissante vendredi sur le QG central du parti. « Plus de 20 autres terroristes de différents grades, qui étaient présents dans le quartier général souterrain de Beyrouth situé sous des bâtiments civils et qui dirigeaient les opérations terroristes du Hezbollah contre l'Etat d'Israël, ont également été éliminés », a indiqué l'armée dans un communiqué.



Ont-ils trouvé le doigt qui n’a pas arrêter de se lever afin d’intimider des millions de libanais qui voulaient simplement vivre paisiblement ??
03 h 05, le 30 septembre 2024