Un homme vérifie les dégâts dans une usine ciblée par une frappe aérienne israélienne nocturne dans la ville de Choueifate au sud de Beyrouth le 28 septembre 2024. Anwar AMRO / AFP
Depuis le 8 octobre 2023, date à laquelle le Hezbollah a ouvert un front de soutien à Gaza, au Liban-sud face à Israël, le Liban compte 1 640 tués (dont 104 enfants et 194 femmes), 8 404 blessés et nombre de disparus dont les corps n'ont pas été retrouvés sous les décombres, des suites des agressions israéliennes. Ces informations ont été révélées samedi par le ministre de la Santé, le Dr Firas Abiad, au lendemain de l’attaque contre le quartier général du Hezbollah dans la banlieue-sud de Beyrouth, qui a tué son chef Hassan Nasrallah.
Dans les détails, au cours d’une conférence de presse au cours de laquelle il a également évoqué l’assistance aux déplacés, le ministre a précisé que pour la période entre le 16 et le 27 septembre 2024, les attaques israéliennes ont fait 1 030 tués (dont 56 femmes et 87 enfants) et 6 352 blessés. Et pour la seule journée de vendredi, 11 personnes ont été tuées et 108 ont été blessées. Des chiffres bien plus élevés que la moyenne de l’année écoulée. En effet, entre le 8 octobre 2023 et le 15 septembre 2024, le Liban comptait 610 morts (dont 38 femmes et 17 enfants) et 2 056 blessés.
Le secteur de la santé paie ainsi un lourd tribut au conflit entre le Hezbollah et l’État hébreu. Depuis le début du conflit, il compte 41 morts et 111 blessés, indique le Dr Abiad. « Vendredi, deux frappes israéliennes ont visé des centres médicaux et de soins à Deir Sirine et Taybé (caza de Marjeyoun), faisant sept morts et quatre blessés parmi le personnel de santé et les secouristes », a-t-il déploré.
De son côté, le secteur hospitalier continue de fonctionner, aucun hôpital n’ayant été mis hors de service jusqu’à présent, a assuré le ministre. « Pour alléger la charge des hôpitaux dans les zones touchées et permettre à la population d'y accéder, le ministère de la Santé a évacué certains patients et les a transférés dans d'autres hôpitaux afin qu’ils poursuivent leur traitement », a-t-il souligné.
La question des déplacés de différentes régions du pays sous les bombardements israéliens était également au cœur de la conférence de presse du ministre de la Santé. Énumérant les services disponibles, le responsable a invité toute personne ayant besoin d’assistance à contacter les deux numéros d’urgence : 1787 et 1214. « Au cours des trois derniers jours, le ministère a reçu plus de 2 072 appels, dont 450 patients atteints de cancer qui ont été réorientés vers des centres de traitement, 159 patients sous dialyse rénale dont le traitement a été assuré, et 38 femmes qui devaient accoucher », a-t-il observé. M. Abiad a précisé dans ce cadre que les hôpitaux publics assurent aux déplacés des services gratuits, les sommes restantes à payer par le contribuable (bénéficiant d’une couverture) ayant été couvertes par les partenaires du ministère.
« Quant aux équipes ambulatoires, leur nombre est passé de vingt-cinq à cinquante, avec pour objectif d’atteindre le nombre de quatre-vingt », a noté le ministre. Évoquant la distribution de médicaments aux centres de soins primaires, il a annoncé que celle-ci a débuté. « 197 centres de soins primaires sont liés à 419 centres d’accueil. De même, la distribution de lait pour enfants débutera lundi prochain », a conclu Firas Abiad.



