Mohammad Srour, chef de l'unité de drones du Hezbollah. Photo diffusée par le parti chiite.
Plusieurs heures après la frappe sur la banlieue-sud de Beyrouth, jeudi après-midi, le Hezbollah a confirmé la mort d'un autre de ses commandants, Mohammad Srour, responsable de sa « force aérienne ». De son côté le ministère libanais de la Santé a annoncé que le bilan des tués « dans le mohafazat du Mont-Liban », où est située la banlieue-sud, est pour la journée de jeudi de quatre morts et 29 blessés.
Selon le Hezbollah, Mohammad Srour a pris la tête en 2020 de la force aérienne du parti, principalement constituée de différents types de drones. Il avait auparavant occupé différentes fonctions militaires au sein du groupe. C'est lui qui dirigeait les opérations militaires de la force aérienne depuis le début des affrontements avec l'armée israélienne, le 8 octobre 2023. Au cours des derniers mois, le parti chiite a annoncé des dizaines d'attaques au moyen de drones et drones kamikazes contre des positions israéliennes.
Le « commandant-martyr », comme l'a qualifié le Hezbollah dans une brève biographie publiée vers minuit, était né à Aïta el-Chaab, au Liban-Sud, en 1973. Il avait rejoint jeune, à 13 ans, les rangs de la « Résistance islamique », en 1986. Le parti précise qu'il avait suivi des « formations en leadership » et qu'il était « l'un des officiers principaux dans la défense contre les attaques des groupes extrémistes aux frontières orientales du Liban, ainsi que dans diverses provinces syriennes ».
Unité Aziz de la force al-Radwane
À l'été 2017, le Hezbollah avait lancé une attaque, qui avait duré quelques jours, contre des groupes jihadistes sur les hauteurs de Ersal, à la frontière syrienne. Il combat par ailleurs aux côtés du régime syrien depuis 2012. Selon l'armée israélienne, Mohammad Srour a « mené de nombreuses attaques terroristes aériennes » depuis le 8 octobre 2023, « au moyen de drones et d'explosifs ».
« Il conduisait le projet de fabrication de drones au Liban-Sud et a établi des sites de production de drones et de collecte de renseignements » au Liban, a ajouté l'armée israélienne jeudi soir. « Il était aussi le commandant de l’unité des missiles sol-air », utilisés à plusieurs reprises au cours des derniers mois pour repousser des avions de chasse israéliens, et en charge de l'unité « Aziz de la force al-Radwane ». Cette unité se spécialise dans les opérations antichars et elle est équipée de missiles à guidage avancé, selon Eye on Hezbollah, un site web géré par United Against Nuclear Iran, une organisation basée aux États-Unis.
Rentré du Yémén
Le commandant du Hezbollah était parallèlement « émissaire » du parti au Yémen et chargé de coordonner le « commandement aérien » des houthis, selon l'armée israélienne. Une source proche du parti pro-iranien avait indiqué l'AFP que Mohammad Srour, un mathématicien, y était notamment envoyé pour entraîner les rebelles houthis, eux aussi soutenus par l'Iran.
La chaîne de télévision Al-Arabiya, cité par le Haaretz vendredi , a rapporté que Mohammad Srour était rentré trois jours auparavant d’un déplacement au Yémen, où il supervisait également le lancement de missiles et de drones par les forces houthies.
L'armée israélienne avait annoncé quelques heures plus tôt avoir tué ce chef de l'unité de drones du Hezbollah. « Des avions de chasse ont ciblé et éliminé (Mohammad Srour, NDLR), le commandant de l'unité aérienne du Hezbollah, à Beyrouth », avait-elle assuré dans un communiqué.
La cible se trouvait non loin du lieu d'une autre frappe dans laquelle a été tué le vendredi 20 septembre Ibrahim Akil, le commandant de l'unité d'élite du Hezbollah, et plusieurs autres responsables. Cette frappe avait fait 55 morts dont sept enfants, selon le ministère libanais de la Santé.



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23 h 20, le 27 septembre 2024