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Dernières Infos - Guerre

Du Liban vers la Syrie, le voyage désespéré de déplacés fuyant les bombes israéliennes

Pour les uns, c'est un "saut dans l'inconnu", pour d'autres, le retour dans un pays qu'ils ont fui. Poussés par des bombardements israéliens dévastateurs, ils sont des milliers, Libanais et Syriens, à attendre au poste frontière de pouvoir passer en Syrie.

Hassan Slim, un Libanais, a quitté le sud de son pays sous les bombes avec sa vieille mère, cherchant refuge auprès de proches en Syrie, un pays en miettes après des années de guerre civile, qu'il ne connaît pas.

"On évitait la Syrie à cause de la guerre, mais aujourd'hui la guerre est à nos portes et on est obligés de fuir", explique le jeune chômeur de 24 ans depuis le poste frontière de Jdeidet Yabbous. 

L'intensification spectaculaire des frappes israéliennes sur le Liban depuis le début de la semaine a forcé plus de 90.000 personnes à fuir leur domicile, selon l'ONU. 

Selon les autorités libanaises, plus de 31.000 personnes, dont 15.000 Syriens, sont entrées en Syrie au cours des deux derniers jours.

"Je ne sais pas combien de temps je vais rester en Syrie, j'ai peur de ce saut dans l'inconnu", dit M. Slim, assis au bord de la route dans l'attente de pouvoir entrer dans ce pays morcelé et toujours secoué par des combats dans certaines zones.

Le régime de Bachar al-Assad, qui a survécu à une sanglante guerre civile déclenchée en 2011, reste largement paria sur la scène internationale.

"On a de la famille à Alep (nord), ils nous ont invités dès les premiers bombardements, mais on ne pensait pas que la situation dégénérerait aussi rapidement" au Liban, lâche M. Slim.  

Assis sur la chaussée ou dans des voitures bourrées de bagages, femmes et enfants attendent que les hommes s'occupent des formalités de passage.

Pendant ce temps, des volontaires du Croissant-Rouge syrien distribuent de l'eau et délivrent des soins aux arrivants, en majorité originaires de la vallée de la Békaa, bastion du Hezbollah dans l'est libanais, a constaté un photographe de l'AFP. 

"On reviendra" au Liban

"D'habitude je vais à Damas pour mes affaires, mais jamais je n'aurais pensé y venir dans ce contexte", affirme Ali Mohammed Ghosn, 54 ans.

Pendant la guerre en Syrie, il s'y rendait seul pour acheter des marchandises revendues ensuite au Liban.  

Cette fois, c'est en famille et avec quelques affaires qu'il a pris le volant de son minibus, pour trouver refuge chez des proches à Damas.  

"On ne restera pas longtemps en Syrie, et on reviendra après notre victoire sur Israël", promet-il, les traits tirés. En 2006, lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, M. Ghosn avait déjà quitté son village quelques jours.

Cette fois, "les bombardements sont bien plus violents", constate-t-il. A l'époque, près de 250.000 personnes s'étaient déplacées du Liban vers la Syrie, selon l'ONU. 

Parmi elles, 70.000 avaient continué leur périple vers un autre pays tandis que 180.000 personnes avaient été hébergées dans des familles d'accueil ou des centres d'hébergement publics. 

Le gouvernorat de Damas a cette fois préparé trois centres d'accueil et ouvert trois hôtels aux nouveaux arrivants aux alentours de Sayyeda Zeinab.

Cette banlieue de Damas, qui abrite un important sanctuaire chiite, est défendue par des miliciens pro-iraniens, notamment du Hezbollah libanais, fortement implanté en Syrie aux côtés de l'armée de Damas depuis 2013. 

"Le principal sujet, avant tous les autres, est de savoir comment nous tenir aux côtés de nos frères du Liban", a récemment affirmé le président syrien Bachar el-Assad devant son gouvernement.

Fuir à nouveau 

Tragique ironie du sort, des centaines de familles syriennes qui avaient fui le conflit dans leur pays, font aujourd'hui le chemin inverse.

"Je pensais que je n'entendrais plus jamais le bruit des bombardements et des missiles", raconte à l'AFP Abou Mohammed Rifaï. 

Ce sexagénaire et sa famille avaient posé leurs valises dans la Békaa après avoir fui en 2014 la ville syrienne de Deraa, berceau de la révolte contre le régime Assad en 2011, pour échapper aux affres de la guerre.

Plusieurs centaines de milliers de Syriens se sont réfugiés au Liban depuis le début de la guerre civile. Selon Beyrouth, ils sont deux millions. L'ONU en a enregistré 774.000.

Ces réfugiés vivent dans des conditions souvent précaires, dans un Liban lui-même en proie à une crise économique majeure.

"Nous sommes destinés à vivre toute notre vie à la merci de la guerre, et la guerre est sans pitié", dit M. Rifaï. 


Pour les uns, c'est un "saut dans l'inconnu", pour d'autres, le retour dans un pays qu'ils ont fui. Poussés par des bombardements israéliens dévastateurs, ils sont des milliers, Libanais et Syriens, à attendre au poste frontière de pouvoir passer en Syrie.

Hassan Slim, un Libanais, a quitté le sud de son pays sous les bombes avec sa vieille mère, cherchant refuge auprès de proches en Syrie, un pays en miettes après des années de guerre civile, qu'il ne connaît pas.

"On évitait la Syrie à cause de la guerre, mais aujourd'hui la guerre est à nos portes et on est obligés de fuir", explique le jeune chômeur de 24 ans depuis le poste frontière de Jdeidet Yabbous. 

L'intensification spectaculaire des frappes israéliennes sur le Liban...