Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich (à droite) aux côtés de Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 25 janvier 2023. Photo d'archives REUTERS/Ronen Zvulun/Poo
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et des ministres clés de la coalition gouvernementale ont rejeté jeudi une proposition de cessez-le-feu avec le Hezbollah, alors que Washington insiste sur le fait que l'appel à la trêve avait été « en coordination » avec Israël.
Les Etats-Unis, l'Union européenne et d'autres alliés ainsi que plusieurs états arabes, ont lancé un appel commun en faveur d'un arrêt des combats au Liban pendant 21 jours, après que les frappes aériennes israéliennes ont tué des centaines de personnes et déplacé des dizaines de milliers d'autres au Liban cette semaine.
L'appel à un cessez-le-feu de trois semaines a été lancé quelques heures après que le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, a demandé mercredi aux soldats de se préparer à une éventuelle offensive terrestre contre le Hezbollah.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l'armée poursuivrait son combat contre le Hezbollah « avec toute la force nécessaire ». « Il s'agit d'une proposition américano-française à laquelle le Premier ministre n'a même pas répondu », a indiqué son bureau.
L'appel pour un cessez-le-feu au Liban a été lancé « en coordination » avec Israël, a affirmé jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, soulignant que des « discussions » se poursuivaient à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
En Israël, le journal Haaretz, citant des sources diplomatiques, a rapporté que M. Netanyahu et son proche collaborateur, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, avaient été régulièrement informés mardi et mercredi à propos de la proposition et que tous deux avaient donné leur « bénédiction ».
« Ecraser le Hezbollah »
Mais jeudi, alors qu'il se rendait à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU, le Premier ministre israélien a changé d'avis à la suite des vives critiques de certains de ses ministres, selon le quotidien.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, allié d'extrême droite clé pour la coalition gouvernementale, a rejeté toute idée d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah, insistant sur le fait que la poursuite de la guerre était la seule voie à suivre.
« La campagne [militaire au] nord ne doit se terminer que d'une seule façon: l'écrasement du Hezbollah et l'élimination de sa capacité à nuire aux habitants du nord » d'Israël, écrit M. Smotrich sur X, « il ne faut pas laisser à l'ennemi le temps de se remettre des coups violents qu'il a reçus et de se réorganiser pour poursuivre la guerre après 21 jours. »
« La reddition du Hezbollah ou la guerre. C'est la seule façon de ramener chez eux les habitants du nord et la sécurité dans cette région et dans tout le pays », ajoute M. Smotrich, faisant référence aux dizaines de milliers de personnes déplacées par près d'un an d'affrontements transfrontaliers.
« De toutes nos forces »
La coalition de M. Netanyahu repose sur le soutien de M. Smotrich et d'autres ministres d'extrême droite qui se sont toujours opposés à une trêve dans la bande de Gaza, où la guerre continue.
Un autre ministre d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, a menacé lui de boycotter les travaux du gouvernement si Israël accepte un cessez-le-feu temporaire avec le Hezbollah. Il a en outre prévenu qu'il démissionnerait si le cessez-le-feu devenait permanent.
« La règle la plus fondamentale est de ne jamais laisser un ennemi à genoux se relever. Il faut agir pour le vaincre », a ajouté M. Ben Gvir. « Ne pas le faire, c'est montrer de la faiblesse, compromettre la sécurité de vos citoyens et révéler un manque de volonté de l'emporter ».
Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, s'est également opposé à tout arrêt des combats.
« Il n'y aura pas de cessez-le-feu dans le nord. Nous continuerons à lutter contre l'organisation terroriste du Hezbollah de toutes nos forces jusqu'à la victoire et jusqu'au retour en toute sécurité des habitants du nord dans leurs foyers », a déclaré M. Katz.
Par ailleurs, le chef de l'opposition, Yaïr Lapid (centre droit) a estimé sur X que le gouvernement devrait accepter un cessez-le-feu, « mais seulement pour sept jours afin de ne pas permettre au Hezbollah de reconstituer son état-major et sa chaîne de commandement ».
« Nous n'accepterons aucune proposition n'incluant pas le retrait du Hezbollah de notre frontière nord », ajoute-t-il.


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