Des personnes regardent en direction de la ville de Haïfa, dans le nord d'Israël, le 25 septembre 2024. Photo Jack Guez / AFP
Tout semble normal mercredi à Tel-Aviv, mais pour certains habitants, une guerre avec le Hezbollah est devenue plus réelle après le tir d'un missile sol-sol par le parti chiite libanais en direction de la grande ville côtière d'Israël, qui a déclenché les sirènes d'alarme peu après l'aube.
"On s'est précipité dans l'abri (antiaérien) en bas, on a descendu trois étages, et c'était bien sûr très effrayant", dit à l'AFP Alon Neubach, un habitant de la banlieue de Tel-Aviv.
Le bureau de M. Neubach est situé à côté du QG du Mossad (renseignement extérieur israélien) que le Hezbollah a affirmé avoir visé avec son missile, intercepté par la défense antiaérienne israélienne. "Je suis plus effrayé par ces roquettes, dit ce technicien de 41 ans, parce que je sais qu'elles sont plus puissantes et plus précises", que celles du Hamas, tirées de la bande de Gaza, auxquelles les habitants de l'agglomération ont dû s'habituer pendant les premiers mois de la guerre déclenchée par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre.
"Fatigué d'avoir peur"
Depuis le 8 octobre, le Hezbollah tire des roquettes sur le territoire israélien, affirmant agir ainsi en soutien à son allié du Hamas. Mais après son attaque visant Tel-Aviv, à plus de 110 km de la frontière entre Israël et le Liban, le parti chiite libanais a revendiqué avoir utilisé un missile balistique pour la première fois depuis le début de la guerre.
Près d'un an après le début de la guerre, M. Neubach se dit "un peu fatigué d'avoir peur et d'être stressé". "Alors je me suis dit (...), je fais ce que j'ai à faire", ajoute-t-il avant de se diriger vers son bureau.
Nombre d'habitants de Tel-Aviv ont réagi de la même manière que M. Neubach. Passée la frayeur initiale, les affaires ont continué comme si de rien n'était. Des employés se rendent à leur travail, des baigneurs sont sur les plages de la ville méditerranéenne, des jeunes font du sport dans les parcs, et les terrasses et les cafés ne désemplissent pas.
Noam Nadler, étudiante en droit de 27 ans, a dit se sentir toujours plus en sécurité à Tel-Aviv que dans le nord du pays, où des roquettes par le Hezbollah à partir du Liban voisin tombent quotidiennement. "J'ai vécu dans le nord pendant la majeure partie de ma vie, donc je pense que je suis un peu habituée à cela, mais le fait que (des roquettes) atteignent le centre du pays est sans conteste plus effrayant", confie-t-elle.
Le Magen David Adom, l'équivalent de la Croix-Rouge en Israël, a indiqué que deux personnes avaient été blessées par des éclats de roquette dans le nord du pays mercredi, l'une étant dans un état grave.
Comme M. Neubach, Mme Nadler s'est réfugiée dans un abri antiaérien, mais l'expérience l'a fait réfléchir. "Il semble que le (tir de missile) ait été plus puissant que prévu, alors je pense que la situation s'est un peu plus tendue", dit-elle.
Pour Hedva Fadlon, une retraitée de 61 ans, le fait que des roquettes soient tirées depuis Gaza ou du Liban ne change pas grand-chose à ce qu'elle ressent. "Nous y sommes habitués, qu'elles viennent du sud ou du nord, cela n'a pas d'importance", estime-t-elle. "Elles sont tout aussi effrayantes, stressantes et désagréables", ajoute la sexagénaire, "je pense que personne au monde n'aimerait vivre comme ça."
"On s'est précipité dans l'abri (antiaérien) en bas, on a descendu trois étages, et c'était bien sûr très effrayant", dit à l'AFP Alon Neubach, un habitant de la banlieue de Tel-Aviv.
Le bureau de M. Neubach est situé à côté du QG du Mossad (renseignement extérieur israélien) que le Hezbollah a affirmé avoir visé avec son missile, intercepté par la défense antiaérienne israélienne. "Je suis plus effrayé par ces roquettes, dit ce technicien de 41...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine