Le président ukrainien Volodymyr Zelensky arrive pour prendre la parole lors de la 79e session de l'Assemblée générale au siège des Nations Unies à New York, le 25 septembre 2024. Photo ANGELA WEISS / AFP
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé mercredi devant l'ONU la Russie de projeter des frappes contre des centrales nucléaires ukrainiennes pour provoquer une « catastrophe » et martelé que son pays n'accepterait « jamais » une paix « imposée ».
Alors que la communauté internationale a les yeux rivés sur le risque d'embrasement au Proche-Orient, le président ukrainien a exhorté ses alliés à l'ONU à continuer à le soutenir dans sa guerre contre Moscou.
M. Zelensky doit rencontrer dans l'après-midi à New York son homologue américain, Joe Biden, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à la tribune de laquelle Emmanuel Macron a salué la « résistance remarquable » de l'Ukraine et promis que la France ferait tout pour qu'elle « tienne bon ».
Paris continuera « de lui fournir des équipements indispensables à sa défense », a assuré le président français.
Justement, au moment où Kiev tente de convaincre les Occidentaux de la laisser utiliser des missiles de longue portée contre le territoire russe, le président Vladimir Poutine a fait état d'une proposition de changement de la doctrine de recours à l'arme nucléaire par Moscou.
Il s'agirait de répondre à « l'agression de la Russie par un pays non nucléaire mais avec la participation ou le soutien d'un pays nucléaire », a lancé le président russe lors d'une réunion télévisée de son Conseil de sécurité.
Devant l'Assemblée générale de l'ONU, vêtu de son habituelle tenue militaire et l'air grave, le président ukrainien a dit avoir « reçu récemment d'autres informations alarmantes de nos services de renseignement » selon lesquelles le président « Poutine semble dorénavant planifier des attaques sur nos installations nucléaires et leurs infrastructures ».
« Catastrophe nucléaire »
La Russie a détruit en deux ans et demi de conflit « 80% du système énergétique » de l'Ukraine, a dit M. Zelensky, alors que les forces armées russes bombardent quotidiennement ses centrales électriques et hydrauliques.
« N'importe quel incident critique sur le système énergétique pourrait conduire à une catastrophe nucléaire. Un jour qui ne doit jamais advenir », a-t-il mis en garde. « Moscou doit le comprendre et cela dépend en partie de votre détermination à mettre la pression sur l'agresseur ».
Dénonçant « les guerres coloniales et les complots des grandes puissances au détriment des petits » pays, M. Zelensky a martelé que les Ukrainiens n'accepteraient « jamais » un éventuel accord de paix avec Moscou qui leur soit « imposé ».
« Il ne peut y avoir de paix juste sans l'Ukraine », a-t-il affirmé.
Mardi, devant le Conseil de sécurité, il avait exhorté à forcer Moscou à faire la paix avec Kiev, provoquant une réplique cinglante du Kremlin: il est « impossible de forcer la Russie à la paix », selon son porte-parole Dmitri Peskov.
Le président Zelensky est conscient que le soutien occidental risque de s'essouffler. Notamment aux Etats-Unis où une possible réélection de l'ex-président républicain Donald Trump le 5 novembre face à la vice-présidente démocrate Kamala Harris pourrait changer la politique ukrainienne de Washington.
Les Etats-Unis conduisent une large coalition internationale d'appui militaire et financier à Kiev.
M. Zelensky doit présenter jeudi à Joe Biden et au Congrès à Washington les détails de son « plan de la victoire » visant à mettre fin à l'invasion russe commencée le 24 février 2022.
« Au bord du gouffre »
Peu de détails ont été livrés sur ce plan mais, pour le président ukrainien, il s'agit avant tout de renforcer Kiev, de sorte qu'il puisse négocier en position de force.
Lors d'un entretien bilatéral mercredi à New York, M. Macron a « souligné le soutien de la France au plan de paix » du président ukrainien, selon l'Elysée.
A la tribune de l'ONU mardi, Joe Biden avait jugé que la Russie avait échoué en Ukraine et exhorté les Nations unies à maintenir leur appui à Kiev jusqu'à la victoire.
L'objectif est que « l'Ukraine soit dans la position la plus forte possible avant le printemps », avait confié mardi à l'AFP le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy.
Plus de 100 chefs d'Etat et de gouvernement sont réunis à cette « semaine de haut niveau » à l'ONU, au moment où les conflits font rage à travers la planète.
M. Macron a jugé que la guerre dans la bande de Gaza depuis près d'un an n'avait « que trop duré », appelé « avec force Israël à cesser l'escalade au Liban » et le Hezbollah chiite pro-iranien à « cesser les tirs » contre le nord d'Israël.
Le chef de l'Etat français avait rencontré mardi soir le président iranien, Massoud Pezeshkian, le sommant de « soutenir une désescalade générale » au Proche-Orient, selon l'Elysée.
A la demande de Paris, le Conseil de sécurité doit se pencher en urgence mercredi soir sur le Proche-Orient et le Liban, pays « au bord du gouffre » selon le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.


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