Les dégâts dans l’hôpital gouvernemental de Nabatiyé. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Des ambulances et des hôpitaux du Liban-Sud ont été visés mercredi par des frappes israéliennes, au troisième jour des attaques massives de l'État hébreu contre le Hezbollah, provoquant le déplacement de centaines de milliers de personnes, tandis que la communauté internationale redoute un embrasement au Moyen-Orient.
Mercredi matin, des habitants ont rapporté que des tirs d'artillerie et des bombardements ont été lancés par Israël près de l'hôpital de Tebnine au Liban-Sud, également à proximité de la branche locale de la Croix-Rouge. La frappe a fait deux morts et 17 blessés, selon le ministère de la Santé.
Peu avant 14h, les abords de l’hôpital gouvernemental de Tebnine ont été, une nouvelle fois, touchés par l'armée israélienne. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source de l’institution a affirmé que le personnel médical est en bonne santé, mais que des vitres avaient été brisées et des véhicules endommagés dans le parking de l’hôpital.
Vers 13h30, des raids israéliens ont visé la localité de Kfar Joz, provoquant des dégâts dans l’hôpital gouvernemental de Nabatiyé.
Toujours au Liban-Sud, à Bourj el-Chemali, des ambulances du Comité sanitaire islamique et des Scouts de la mission islamique, respectivement affiliés au Hezbollah et au mouvement chiite Amal, ont été ciblées dans l'après-midi. Au moins sept personnes se trouvant à proximité de ces véhicules ont été blessées, parmi lesquelles des secouristes et le maire de Bourj el-Chemali, Ali Dib. Il a expliqué à notre correspondant dans le Sud que la frappe a eu lieu « alors qu'il se trouvait avec des secouristes qui déblayaient les ruines d'une maison ». « Des pierres et de la poussière ont envahi l'endroit », a-t-il raconté, soulignant qu'il n'avait souffert que de blessures légères.
Les tirs de part et d'autre de la frontière libano-israélienne ont gagné en intensité depuis la vague d'explosions meurtrières des appareils de transmission du Hezbollah, attribuée à Israël, les 17 et 18 septembre, puis une frappe israélienne le 20 septembre sur la banlieue sud de Beyrouth, qui a décapité l'unité d'élite du mouvement chiite pro-iranien.
Mercredi, pour la première fois selon l'armée israélienne, le Hezbollah a tiré un missile en direction de Tel-Aviv. De son côté, l'armée israélienne a annoncé poursuivre ses bombardements « de grande envergure » dans le sud du Liban et la vallée de la Békaa, dans l'est, deux bastions du parti chiite. Vingt-trois personnes ont été tuées à travers le pays, selon les autorités libanaises, lors de ces frappes. Lundi, des frappes aériennes de grande ampleur sur le Liban avaient fait 558 morts, dont des femmes et des enfants, et plus de 1.800 blessés, selon les autorités, le bilan le plus lourd en une journée depuis la fin de la guerre civile dans ce pays (1975-1990).
Israël avait annoncé, à la mi-septembre, avoir déplacé le « centre de gravité » de la guerre vers le nord du pays, le long de la frontière libanaise, pour permettre le retour de dizaines de milliers d'habitants dans cette région visée depuis près d'un an par des tirs de roquettes du Hezbollah. Le parti-milice a, de son côté, promis de continuer à attaquer Israël « jusqu'à la fin de l'agression à Gaza ».


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