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Premier conseil des ministres express, Barnier invite son équipe à la modestie

Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, lors d'une interventions sur France 2, le 22 septembre 2024. Photo Julie SEBADELHA / POOL / AFP

Un premier Conseil des ministres après plus de deux mois de crise politique en France: les 39 membres du gouvernement de Michel Barnier, très marqué à droite, se sont brièvement réunis lundi pour la première fois autour du chef de l'Etat Emmanuel Macron.

Ce premier conseil, dans le jardin d'hiver du palais présidentiel de l'Elysée, a duré moins d'une demi-heure et s'est « très bien » passé, a sobrement commenté le nouveau ministre de la Justice Didier Migaud, le seul issu de la gauche.

Les membres du nouvel exécutif s'étaient déjà vus dans la matinée pendant plus de deux heures, pour un « petit-déjeuner gouvernemental ».

A cette occasion, le Premier ministre, ancien commissaire européen et négociateur en chef du Brexit, a invité les membres de son équipe - déjà traversée par des tensions - à être « irréprochables et modestes » et d'avoir « du respect » pour « tous les partis politiques ». Il les avait déjà appelés dimanche à travailler dans la « plus grande cohésion ».

La fragile coalition de Michel Barnier, menacée de censure par la gauche et l'extrême droite, est censée séduire une Assemblée fracturée en trois blocs à l'issue de législatives qui avaient placé la gauche en tête.

Celle-ci a d'ores et déjà prévu de déposer sa motion de censure après le discours de politique générale de M. Barnier le 1er octobre. Son gouvernement est dénoncé comme « un gouvernement réactionnaire en forme de bras d'honneur à la démocratie » par le patron des socialistes, Olivier Faure.

Le gouvernement sera « républicain, progressiste et européen », a tenté de rassurer M. Barnier.

Même des partisans d'Emmanuel Macron se sont inquiétés de la présence de ministres conservateurs et lui avaient demandé des assurances sur les lois sociétales comme l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou le mariage pour tous. La veille sur France 2, M. Barnier a promis que ces « grandes lois » de « progrès social ou sociétal » seraient « intégralement préservées ».

« Rétablir l'ordre » 

Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, conservateur sur ces sujets et par ailleurs tenant d'une ligne ferme en matière d'immigration, de sécurité ou de respect de la laïcité, suscite de nombreuses craintes, y compris du côté des macronistes.

De son côté le nouveau chef de la diplomatie française, le centriste Jean-Noël Barrot, a lui promis qu' »en Ukraine, au Proche-Orient, en Haïti, dans la région des Grands Lacs, en mer de Chine, ce ministère défendra corps et âme le droit international au service d'une paix juste ».

La santé, autre dossier prioritaire du gouvernement, est elle passée dans les mains de Geneviève Darrieussecq, qui a cité lundi l'accès aux soins et la prévention comme « axes majeurs » de sa future politique, tout en prévenant qu'elle ne pourrait pas « faire de miracles » sur le plan budgétaire.

Sur le projet de loi de fin de vie, qui a suscité des débats très nourris à l'Assemblée, avant que ceux-ci ne s'arrêtent pour cause de dissolution, elle a souhaité que le Parlement puisse « terminer le travail » entamé.

Electeurs « frustrés » 

Le nouveau ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian a lui plaidé pour « débureaucratiser à tous les étages », tandis que sa collègue du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a promis une réforme des retraites « plus soutenable pour tous » mais sans dévoiler ses intentions sur celle de l'assurance chômage, à propos de laquelle elle avait émis des réserves.

Alors que l'élaboration du budget 2025, qui a déjà pris un retard inédit, est l'urgence numéro un, Michel Barnier a promis dimanche de ne « pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français » mais suggéré que « les plus riches », voire les grosses entreprises, prennent part « à l'effort de solidarité ».

L'ancien ministre de l'Energie Roland Lescure, qui a laissé son poste dimanche à la macroniste Olga Givernet, a dit lundi sur la radio franceinfo « comprendre qu’un certain nombre d'électeurs puissent se sentir frustrés par ce gouvernement, qui ne représente pas, et c'est sans doute une première en France, les résultats des élections législatives ».

Un premier Conseil des ministres après plus de deux mois de crise politique en France: les 39 membres du gouvernement de Michel Barnier, très marqué à droite, se sont brièvement réunis lundi pour la première fois autour du chef de l'Etat Emmanuel Macron.Ce premier conseil, dans le jardin d'hiver du palais présidentiel de l'Elysée, a duré moins d'une demi-heure et s'est « très bien » passé, a sobrement commenté le nouveau ministre de la Justice Didier Migaud, le seul issu de la gauche.Les membres du nouvel exécutif s'étaient déjà vus dans la matinée pendant plus de deux heures, pour un « petit-déjeuner gouvernemental ».A cette occasion, le Premier ministre, ancien commissaire européen et négociateur en chef du Brexit, a invité les membres de son équipe - déjà traversée par des tensions -...