Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu arrivant au bureau de presse du gouvernement à Jérusalem pour donner une conférence de presse. Photo ABIR SULTAN/AFP
Au cours d'une séance à huis clos de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré, cité par des médias israéliens, qu'il pensait que le Hamas ne voulait pas d'un accord de cessez-le-feu, et que faire pression sur le Hezbollah dans le Nord pourrait aider à forcer le chef du groupe islamiste Yahya Sinouar à s'asseoir à la table des négociations.
M. Netanyahu a démenti les « fausses informations » selon lesquelles il aurait empêché la conclusion d'un accord avec le Hamas permettant de libérer des dizaines d'otages israéliens toujours détenus à Gaza. Il a soutenu que c’est le Hamas qui a rejeté toutes les propositions américaines, qu'il dit avoir acceptées.
Le président américain Joe Biden a présenté pour la première fois en mai, rappelle-t-on, un plan de cessez-le-feu élaboré par les États-Unis, affirmant qu'Israël l'avait déjà accepté et qu'il était entre les mains du Hamas, bien que les médias de l’État hébreu n'aient pas fait état d’une approbation de Tel-Aviv. Une semaine plus tard, le Hamas a renoncé à l'une de ses principales exigences - qu'Israël accepte une trêve permanente avant la signature de l’accord - et a approuvé la proposition de cessez-le-feu. Le Conseil de sécurité des Nations unies devait par la suite adopter une résolution en faveur du plan américain, que le Hamas a également accepté publiquement. Mais avant la fin du mois, M. Netanyahu a fait volte-face, en déclarant qu'il n'accepterait qu'un « accord partiel ».
Rapports controversés dans les médias
Au cours de la réunion de la Knesset, le Premier ministre a également abordé des informations largement controversées publiées par le journal allemand Bild et le Jewish Chronicle britannique - le plus ancien journal juif au monde - selon lesquelles Yahya Sinouar avait l'intention de s'échapper de Gaza par le corridor de Philadelphie et de fuir vers l'Iran en emmenant avec lui des otages israéliens.
Dans une conférence de presse donnée en septembre, Benjamin Netanyahu avait déjà annoncé qu'il refusait de retirer les forces israéliennes dudit corridor, bloquant ainsi l'accord sur les otages, parce qu'il pensait que le Hamas pourrait « facilement les faire sortir clandestinement » à travers ce passage.
Le lendemain, des documents secrets, supposés aller dans le sens de son hypothèse, ont été opportunément rapportés dans le Jewish Chronicle par un journaliste indépendant dont on a découvert par la suite qu'il avait des références douteuses. Un porte-parole de l'armée israélienne a rejeté l'information, la qualifiant de « sans fondement », et le journal, qui a été accusé de dériver vers la droite sous la direction de son actuel rédacteur en chef, a supprimé tous les articles publiés par le journaliste. Celui-ci n’avait apparemment « aucun antécédent vérifiable en tant que journaliste », selon un rapport du Guardian, qui s'appuyait sur des sources anonymes de la sécurité israélienne.
Dimanche, M. Netanyahu a toutefois insisté face à la Knesset sur le fait que les rapports étaient authentiques et que les documents cités avaient été trouvés dans un tunnel à Gaza. Il a réaffirmé qu'aucun de ses associés n'était lié aux publications – en référence à des questionnements soulevés quant aux propriétaires du Jewish Chronicle, selon le rapport du Guardian.
Nullement intéressé par une « guerre totale »
Pendant son audition devant la commission parlementaire, M. Netanyahu a éludé la question de savoir s'il avait l'intention de remplacer le ministre de la Défense Yoav Gallant. Des rapports sur son intention de remplacer ce dernier circulent dans les médias israéliens depuis plusieurs mois, mais son remplaçant présumé, le président de New Hope, Gideon Sa'ar, a démenti à plusieurs reprises que des discussions de ce type étaient en cours.
Le Premier ministre a assuré devant la commission que « le rapport de force doit être modifié » dans le nord d'Israël, a rapporté le quotidien Haaretz. Il a réaffirmé que le Hezbollah devrait être positionné loin de la frontière israélienne, ajoutant qu'il n'était pas intéressé par une « guerre totale ». Il a en outre déclaré qu'il pensait que la moitié des otages détenus à Gaza étaient encore en vie.
L'armée israélienne a annoncé la mort de 35 des 101 otages encore présents dans la bande de Gaza assiégée.
Benjamin Netanyahu a enfin estimé que la Cour pénale internationale devrait bientôt émettre des mandats d'arrêt à son encontre et à l'encontre de M. Gallant.



Libérez Khalida Jarrar ! Libérez Marwan Barghouti ! Et envoyez Netanyahu finir ses jours ou en taule ou sur une ile déserte .
22 h 39, le 23 septembre 2024