En décapitant sa force d'élite, en menant des bombardements massifs et en paralysant ses systèmes de transmission, Israël a porté un coup sans précédent au Hezbollah libanais mais n'a pas entamé sa détermination à combattre son ennemi, estiment des analystes.
Selon une source proche du Hezbollah, les 16 commandants de l'unité d'élite Radwan, tués vendredi dans une frappe israélienne près de Beyrouth, étaient réunis pour préparer une opération terrestre en Israël.
La frappe est intervenue après une série d'explosions meurtrières, imputées à Israël, ayant visé mardi et mercredi les bipeurs puis les talkie-walkies des membres du Hezbollah.
Ces attaques, qui ont fait en tout plus de 70 morts et quelque 3.000 blessés, marquent une escalade inédite dans les violences en cours depuis près d'un an entre l'armée israélienne et le Hezbollah.
Le parti pro-iranien avait ouvert le front du sud du Liban début octobre pour soutenir son allié palestinien, le Hamas, en guerre contre Israël dans la bande de Gaza.
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a reconnu jeudi un "coup sans précédent" asséné à son mouvement et prévenu, avant la frappe dans la banlieue sud, que la riposte serait "terrible".
Selon la source proche du Hezbollah, la réunion visée par la frappe de vendredi étudiait "des plans pour une opération terrestre au coeur des territoires occupés", dans une référence à Israël, comme riposte aux explosions meurtrières.
- "Comme le 7 octobre" -
Le chef de l'unité al-Radwan, Ibrahim Aqil, et les autres commandants tués avaient planifié, selon Israël, une attaque contre la Galilée, dans le nord d'Israël.
"Le Hezbollah avait l'intention de s'infiltrer en Israël, prendre le contrôle des communautés de Galilée, tuer et enlever des civils israéliens, tout comme le Hamas l'a fait le 7 octobre", a affirmé vendredi le porte-parole militaire israélien, Daniel Hagari.
Ce jour-là, des commandos du Hamas avaient mené depuis Gaza une attaque sans précédent sur le sol israélien, entraînant la mort de 1.205 personnes et déclenchant la guerre contre le mouvement islamiste palestinien.
La force Al-Radwan est considérée comme le fer de lance du Hezbollah dans son combat contre Israël, et ses unités tirent quotidiennement des missiles sur le nord de ce pays depuis près d'un an.
Israël exige son retrait du sud du Liban, jusqu'au fleuve Litani, une demande transmise depuis le début du conflit par des médiateurs internationaux au Liban et à laquelle le Hezbollah oppose une fin de non-recevoir.
Selon Aram Nerguizian, du Center for strategic and international studies (CSIS), les services de renseignements israéliens ont réussi à "infiltrer" et "déstabiliser" le Hezbollah, alors que ce dernier "se targuait" d'être "une force unie et disciplinée avec une capacité de contre-espionnage de premier plan".
Ces attaques n'ont cependant pas entamé la capacité du Hezbollah à continuer de bombarder le nord d'Israël.
Il a revendiqué vendredi et samedi une série d'attaques à la roquette contre des sites militaires du nord d'Israël, alors que l'armée israélienne a mené des bombardements intensifs sur le sud du Liban.
- "Dur pour le moral" -
"Comme le Hezbollah dispose de dizaines de milliers de combattants, la neutralisation de quelques centaines d'entre eux est probablement négligeable en termes purement militaires. Mais le coup aura été dur sur le plan moral" et va peut-être "entraîner de la paranoïa dans les rangs" du mouvement, estime Nicholas Blanford, un expert du Hezbollah à l'Atlantic Council.
Pour Aram Nerguizian, "le Hezbollah dispose encore de dizaines de milliers de roquettes (...) (malgré) le fait qu'il en a tiré des milliers depuis le 8 octobre et que des milliers d'autres stockées dans des dépôts au Liban et en Syrie ont été détruites par des frappes aériennes israéliennes".
Depuis le début des hostilités dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas le 7 octobre 2023, la puissante formation libanaise est tiraillée entre sa volonté de soutenir son allié palestinien et celle de ne pas se laisser entraîner dans une guerre à grande échelle.
"Je pense qu'Israël mise sur le fait que le Hezbollah ne veut pas d'une guerre", explique Nicholas Blanford.
Le chef du Hezbollah répète que le front du sud du Liban est un "front de soutien" au Hamas et qu'il ne se calmera qu'avec la fin de la guerre à Gaza.
En adoptant cette position, "le problème du Hezbollah est qu'il s'est mis lui-même au pied du mur", explique l'analyste. Mais si le Hezbollah est finalement entraîné dans la guerre, Nicholas Blanford considère "hautement improbable qu'Israël puisse triompher".
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© Agence France-Presse
Selon une source proche du Hezbollah, les 16 commandants de l'unité d'élite Radwan, tués vendredi dans une frappe israélienne près de Beyrouth, étaient réunis pour préparer une opération terrestre en Israël.
La frappe est intervenue après une série d'explosions meurtrières, imputées à Israël, ayant visé mardi et mercredi les bipeurs puis les talkie-walkies des membres du Hezbollah.
Ces attaques, qui ont fait en tout plus de 70 morts et quelque 3.000 blessés,...


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