Rechercher
Rechercher

Politique - Liban

Bipeurs et talkie-walkies piégés du Hezbollah : « Aucune arrestation pour l’instant », assure-t-on dans les milieux proches du dossier

Deux médias libanais ont annoncé cette semaine l’arrestation d’un membre du parti chiite. 

Bipeurs et talkie-walkies piégés du Hezbollah : « Aucune arrestation pour l’instant », assure-t-on dans les milieux proches du dossier

Cette photo montre un appareil de communication au sol alors que les forces de l’armée libanaise (absentes de la photo) se préparent à le détruire dans une explosion contrôlée, dans le sud du Liban, entre les villages de Bourj al-Moulouk et Kleia, le 19 septembre 2024. Photo AFP

Suite aux attaques simultanées de bipeurs et de talkies-walkies, mardi 17 et mercredi 18 septembre, deux médias libanais ont annoncé l’arrestation d’un homme par le Hezbollah et les services libanais de sécurité. Une information qui a toutefois été démentie par une source informée proche du dossier et par un journaliste gravitant dans l’orbite du parti chiite.

Mercredi, c’est le site Janoubia, proche de Ali el-Amine, membre de la communauté chiite et réputé pour son hostilité envers le Hezbollah, qui a révélé cette information citant des sources sécuritaires. Celles-ci auraient ainsi déclaré que les investigations des services sécuritaires étatiques, en coopération avec les services sécuritaires du Hezbollah, avaient abouti à l’hypothèse « d’une faille interne dans l’organe de sécurité du parti chiite, en plus d’une déficience technique ». Cela aurait dès lors empêché le Hezbollah « de déceler les engins explosifs » placés sur les équipements de communication, les bipeurs et les talkies-walkies. Le site a même annoncé « l’arrestation du responsable des achats du Hezbollah et chef du service de protection de Wafic Safa », responsable de l’unité de production du parti chiite.

Lire aussi

Attaque aux bipeurs : un seul dossier et deux enquêtes parallèles

Jeudi, c’est au tour de la chaîne télévisée MTV, appartenant à Michel Gabriel Murr, également hostile au Hezbollah, d’annoncer l’arrestation « par les services étatiques et du Hezbollah » d’un homme (F.Z.), résident à Mayfadoun et originaire de Houla au Liban-Sud, pour « intelligence avec Israël ». La MTV a précisé que « le détenu travaille comme contractuel auprès de l’Unicef et qu’il développe les projets de l’organisme onusien auprès des municipalités et des institutions publiques proches du Hezbollah ». « Son frère est un haut responsable du Hezbollah », a ajouté la télévision, sans plus de détails.

« Nul ne sait rien »

Contactée par L’OLJ, une source informée sous couvert d’anonymat a souligné que « le dossier est sensible », invitant à laisser l’enquête prendre son cours. Et d’ajouter : « Il ne faut pas écouter les rumeurs car rien n’est clair pour l’instant. Nul ne sait rien d’ailleurs. Et tout ce qui se dit est faux. » Les dossiers de trahison au profit de l’État hébreu sont généralement traités par le tribunal militaire exclusivement.

Lire aussi

Les télécommunications, ce talon d’Achille du Hezbollah qu’Israël ne cesse de viser

Même réaction de la part de Fayçal Abdel Sater, un journaliste connu pour être proche du Hezbollah, également contacté par notre journal. « Aucune personne n’a été arrêtée pour l’heure et l’enquête suit son cours (au sein du Hezbollah, NDLR) en coordination avec les autorités libanaises », assure-t-il.

Le Wall Street Journal rapportait pour sa part que le Hezbollah est en train d’enquêter sur la possibilité que le parti soit « infiltré » par des personnes travaillant à la solde d’Israël, qui auraient fuité des informations concernant la procédure d’achat des bipeurs utilisés par les membres du Hezb. Selon le média américain, qui cite des « responsables au sein du Hezbollah », cette enquête interne concerne aussi l’éventualité que des « dossiers » aient été remis à Israël. L’article du WSJ précise encore qu’une des personnes ayant été blessée et visée dans l’opération de mardi est « le chef de l’unité du parti en charge des communications militaires », citant une « personne informée ». 

Ces attaques aux bipeurs et talkies-walkies piégés du Hezbollah ont fait 40 morts et 2 928 blessés, après que le Hezbollah a annoncé vendredi trois morts supplémentaires, décédés de leurs blessures. Vendredi après-midi, une frappe aérienne revendiquée par l’armée israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth a ciblé un haut commandant du Hezbollah. Au moins huit personnes ont été tuées et cinquante-neuf autres blessées, selon un premier bilan du Centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé. 

Depuis le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël à partir de Gaza qui a marqué le début du conflit entre l’État hébreu et le Hamas, le Hezbollah et Israël se livrent à des échanges quotidiens de bombardements au Liban-Sud qui gagnent en intensité, au risque d’entraîner la région dans un conflit généralisé.

Suite aux attaques simultanées de bipeurs et de talkies-walkies, mardi 17 et mercredi 18 septembre, deux médias libanais ont annoncé l’arrestation d’un homme par le Hezbollah et les services libanais de sécurité. Une information qui a toutefois été démentie par une source informée proche du dossier et par un journaliste gravitant dans l’orbite du parti chiite.Mercredi, c’est le site Janoubia, proche de Ali el-Amine, membre de la communauté chiite et réputé pour son hostilité envers le Hezbollah, qui a révélé cette information citant des sources sécuritaires. Celles-ci auraient ainsi déclaré que les investigations des services sécuritaires étatiques, en coopération avec les services sécuritaires du Hezbollah, avaient abouti à l’hypothèse « d’une faille interne dans l’organe de sécurité du parti...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut