C’est vrai que depuis le 8 octobre 2023, date de l’ouverture du « front de soutien » au Hamas à partir du Liban, les menaces israéliennes d’élargir la confrontation avec le Hezbollah se sont multipliées. Tous les émissaires occidentaux et autres qui se sont succédé au Liban au cours des onze derniers mois ont pratiquement véhiculé le même message : le Premier ministre israélien est déterminé à lancer une opération de grande envergure au Liban et il faut faire tout ce qui est possible pour ne pas lui fournir un prétexte.
Pendant un peu plus de onze mois, les Libanais ont donc vécu avec le spectre du scénario d’une guerre totale entre le Liban et Israël, sans pour autant que cela se concrétise, en dépit de développements qui auraient pu favoriser son exécution. Mais aujourd’hui, des rapports diplomatiques parvenus aux responsables libanais se veulent encore plus menaçants, et surtout précis. Cette fois, selon ces rapports, les menaces pourraient aller au-delà de la guerre psychologique. Il y a bien un plan réel qui n’attend que « l’heure H » pour être exécuté.
Selon des sources proches des responsables libanais, le Liban aurait donc reçu des informations sur la détermination du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à lancer une opération de grande envergure dans le sud du Liban. Selon ces informations, Netanyahu a attendu plus de onze mois pour que les efforts diplomatiques avec le Liban portent leurs fruits, mais maintenant il ne peut plus rester les bras croisés face à la situation dans le Nord. Pour la première fois dans l’histoire du conflit arabo-israélien, le déplacement de population se passe à l’intérieur, et une sorte de bande frontalière évacuée par les habitants a été instaurée à la frontière du Liban. Près de cent mille personnes ont été ainsi contraintes à évacuer les localités du Nord et elles ne peuvent pas revenir chez elles sans un accord clair et stable. Netanyahu, qui avait multiplié les promesses rassurantes à l’égard des déplacés du Nord, a dû se résigner à accepter l’idée d’une prolongation de leur installation hors du Nord, et même celle d’entamer à partir de leur nouveau lieu de résidence la nouvelle année scolaire.
Toujours selon les informations parvenues au Liban, Netanyahu voudrait désormais instaurer une zone non seulement démilitarisée au sud du Litani, d’une profondeur allant à jusqu’à 10 kilomètres, mais surtout une zone totalement vide, sans habitants. C’est la raison pour laquelle les attaques israéliennes qui se multiplient depuis le 8 octobre sont terriblement destructrices dans les localités frontalières. Dans l’esprit des Israéliens, il faudra des années pour les reconstruire. Ce qui signifie dans leur optique que ces localités seront désertées par les habitants. Selon les mêmes informations, Netanyahu ne compterait plus accepter une solution de compromis au sujet de l’application de la résolution 1701. Il veut donc instaurer une zone totalement vide, au sud du Litani, sous le contrôle de la Finul et de l’armée libanaise. Il estime en effet que la 1701 ne remplit plus les conditions exigées pour la sécurité des Israéliens dans le Nord, car, sous le prétexte qu’ils sont originaires des localités frontalières, les combattants du Hezbollah sont présents sur les lieux et ont construit des fortifications et peut-être même des tunnels. Le Premier ministre israélien voudrait donc que cette zone soit déserte pour permettre aux israéliens du Nord de revenir chez eux, puisque toutes les autres propositions de solution ont montré leurs limites. Toujours selon les rapports parvenus aux responsables libanais, les Israéliens ne veulent même plus discuter du retrait de leurs forces d’une partie au moins des 13 points conflictuels le long de la ligne bleue, ni surtout de l’arrêt du survol de leurs avions de l’espace aérien libanais. L’idée de préparer une nouvelle résolution internationale pour gérer la situation à la frontière a même été lancée. Mais, jusqu’à présent, les émissaires qui viennent au Liban n’ont pas fait état d’une approbation occidentale et arabe des demandes israéliennes, ni même d’une révision de la résolution 1701. Ces propositions sont simplement rapportées dans le but probable, estiment des sources libanaises, de pousser les responsables à agir rapidement pour éviter toute escalade au Sud.
Du côté des responsables libanais, on se contente de rappeler la position officielle constante qui est de réclamer l’application stricte et totale de la résolution 1701, du côté israélien aussi bien que du côté libanais. Les sources proches des milieux de décision libanais estiment que Netanyahu cherche, en lançant ces menaces, à « cacher son impuissance à pouvoir marquer une victoire » sur le front du Liban. Il augmente ainsi la pression dans le but d’obtenir des concessions qui lui permettraient de sauver la face. D’autres sources libanaises pensent aussi qu’il y a beaucoup plus que cela dans les menaces de Netanyahu, ce dernier considérant que la situation au nord de la Galilée est inacceptable parce qu’elle pousse les habitants de la région à vouloir la quitter définitivement. Ce qui est une première dans l’histoire du conflit israélo-arabe et constitue un coup porté à l’idée fondatrice qui veut qu’Israël est le lieu de refuge des juifs du monde entier. C’est pourquoi Netanyahu serait donc contraint de réagir avec force. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il en a les moyens. D’ailleurs, depuis quelques jours, les messages occidentaux, notamment américains, refusant l’extension de la guerre au Liban parviennent aux autorités libanaises. Et, sauf développement inattendu, la situation au Sud devrait rester inchangée, en attendant une solution à Gaza.


Si Israël est prête a respecter la 1701 et accepte la démilitarisation des 2 cotés de la frontière, je ne vois pas pourquoi les 2 pays ne peuvent pas faire la paix une fois pour toute. Israël a prouvé sa capacité destructrice comme elle a prouvé que lorsqu'il s'agit de sa sécurité, l'occident la suit et pas le contraire. De plus il est claire que la moumana3a n'a pas les moyens militaires de contrer Israël alors que celle-ci, qui a toujours combattu sur plusieurs fronts, peut le faire avec efficacité. Nous avons vu ce qui reste de Gaza. Il est temps de mettre fin a la destruction du Sud
13 h 58, le 16 septembre 2024