Le député Simon Abi Ramia lors d’un point de presse au Parlement, le 18 juillet 2024. Ali Fawaz/Parlement
Simon Abi Ramia, l'un des quatre députés qui ont récemment quitté le Courant patriotique libre (CPL), par radiation ou démission, a accusé mercredi la chaîne du parti aouniste, OTV, de lui avoir refusé son droit de réponse après une interview accordée lundi à Gebran Bassil, chef de la formation fondée par l'ex-président Michel Aoun.
« Depuis mon départ du Courant Patriotique Libre le 7 août, j’ai choisi de ne pas m’engager dans des polémiques, malgré les campagnes de désinformation et de mensonges visant à ternir mon image et celle de mes collègues députés, a affirmé M. Abi Ramia dans un communiqué. OTV a ouvert ses studios aux députés proches du président du parti, ainsi qu’à plusieurs responsables, qui ont orchestré une campagne méthodique visant à porter atteinte à notre réputation, ainsi qu’à notre parcours militant, politique et législatif. Le député Gebran Bassil est intervenu lundi soir pour exposer sa 'version' des événements impliquant les quatre députés (Élias Bou Saab, Alain Aoun, Simon Abi Ramia et Ibrahim Kanaan), y compris moi-même. » Selon M. Abi Ramia, cette version est « fondée sur des calomnies et des faits qui sont inexacts, pour le moins qu'on puisse dire. »
Après l'intervention de M. Bassil, M. Abi Ramia explique avoir tenté de contacter le directeur de l'information à OTV, Jad Abou Jaoudé, mais sans succès. Il a ensuite joint le président du conseil d’administration, Roy Hachem, invoquant son « droit légal de réponse pour répondre aux fausses accusations de Gebran Bassil ». « Ce (mercredi) matin, j’ai été informé par Georges Aoun, directeur de la chaîne, que 'l’administration' refusait ma demande d'interview en vertu de ce droit. J’ai naturellement exprimé mon objection, estimant que cela violait mon droit légal et moral », a-t-il poursuivi.
Pour M. Abi Ramia, ce refus constitue « une preuve supplémentaire et claire qu'une pensée unique est imposée sur OTV, à l’image de ce qui se passe au sein du parti », a-t-il ajouté en précisant qu'il envisage d’« entreprendre des démarches légales » contre ce refus, qui témoigne d’un « manque de respect de l’intégrité journalistique et l’objectivité professionnelle ». M. Abi Ramia a ainsi réaffirmé sa détermination à « exposer la vérité de manière transparente » et promis de dévoiler « tous les faits lors d’une conférence de presse » qu'il annoncera la semaine prochaine.
Lors de son interview, M. Bassil avait notamment accusé Simon Abi Ramia de s'être rendu à Paris en compagnie du député Elias Bou Saab, à l’insu du CPL. « Je mène les batailles internes d’une manière juste. Et j’ai œuvré jusqu’à la dernière minute pour ne pas perdre (les députés hostiles). Car ce n’est pas le moment d'avoir un tel problème à l’heure où le CPL défend les droits des Libanais », a-t-il aussi déclaré.

