Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel. Photo d'archives ANI
« Le système politique ne changera pas tant que le Hezbollah contrôle le Liban. » C'est ainsi que le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a répondu à la « proposition » de son allié au sein de l'opposition, le leader des Forces libanaises Samir Geagea. Dans un discours prononcé début septembre, ce dernier s'est dit favorable à un dialogue autour de la « formule politique libanaise » après l'élection d'un président de la République. « Il faut libérer le Liban avant de parler du système politique, a toutefois estimé M. Gemayel dans un entretien accordé mercredi au quotidien an-Nahar. Parler de cela divisera les Libanais et rendra cette libération plus difficile. » Il a, dans ce cadre, estimé que le Hezbollah ne permettra pas la mise en place d'un système fédéral ou même de la décentralisation tant qu'il contrôle le pays.
Le leader des Kataëb a également appelé à une union entre toutes les communautés libanaises pour affronter politiquement le parti de Hassan Nasrallah. « Nous ne pouvons pas affronter le Hezbollah sur le plan politique en partant d'une approche sectaire, car dire que cette confrontation est chiito-chrétienne est un discours suicidaire pour les chrétiens, pour les chiites et pour le Liban, a-t-il estimé. Nous considérons qu'il s'agit d'une cause nationale qui concerne tous les Libanais, et qu'ils doivent la mener unis, chrétiens ou musulmans. » Dans son dernier discours, le chef des FL avait mis l'accent sur le rôle des chrétiens au Liban et l'importance de leur présence, ce qui lui a valu des accusations de repli communautaire, y compris de la part de certains de ses alliés sunnites. Dans ce cadre, M. Gemayel a affirmé qu'il fallait que le parti chiite se retrouve seul face un bloc politique uni pour qu'il soit prêt à faire des concessions. Il a également veillé à souligner que ses relations avec les FL étaient « bonnes ».
Concernant l'arrestation de l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, accusé de détournement de fonds, le chef des Kataëb a affirmé que « l'ère de l'impunité ne prendra fin que lorsque ceux qui ont assassiné (l'ancien Premier ministre) Rafic Hariri seront emprisonnés, et non avec l'incarcération de Riad Salamé ». Le Tribunal spécial pour le Liban a reconnu coupables plusieurs membres du Hezbollah dans l'enquête sur l'assassinat, en 2005, du leader sunnite. Et Samy Gemayel d'ajouter : « Je ne crois pas que cette classe politique, qui a profité avec Riad Salamé de tout ce qui s'est passé lors de la crise de 2019, soit sérieuse en matière de reddition de comptes. »


Il ne faut plus chipoter interminablement messieurs. Entendez-vous puisque vous avez les mêmes valeurs, point barre. Vos égos doivent servir le pays et point le sectarisme.
15 h 56, le 12 septembre 2024