Le patriarche maronite Béchara Raï. Photo ANI
Les évêques maronites ont appelé mercredi les responsables libanais à « accélérer l’élection d’un nouveau président de la République, en s’éloignant des débats politiques inutiles », alors que le Liban est sans chef de l'Etat depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, les dissensions politiques internes continuant à empêcher le déblocage de cette échéance.
« Les évêques renouvellent leur appel au Parlement, à sa présidence, aux blocs parlementaires et aux indépendants, à respecter la Constitution libanaise en ce qui concerne l’échéance présidentielle, et à accélérer l’élection d’un nouveau président de la République, en s’éloignant des débats politiques inutiles et des interprétations étranges qui ne font qu’aggraver la situation générale en l'absence d'un gouvernement capable de gérer le pays », peut-on lire dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion mensuelle des évêques. Cette réunion s'est tenue au siège patriarcal d’été à Dimane, sous la présidence du patriarche Béchara Raï.
Dans leur communiqué, les évêques ont aussi condamné « la question de la manipulation des statistiques démographiques au Liban dans le but de modifier le système et le partenariat au sein du gouvernement ». Ils insistent sur « la préservation de l'identité du Liban comme pays de consensus et de coexistence ». En août, selon une enquête publiée par le quotidien pro- Hezbollah al-Akhbar, le pourcentage des chrétiens au sein de la population libanaise serait de 15,7 %. Un chiffre surprenant et bien en deçà des estimations (et, surtout, du poids politique de ce groupe) qui a tout de suite provoqué un tollé et réveillé de vieux démons, les chrétiens estimant que le pouvoir leur a échappé depuis la fin de la guerre civile en 1990.
Par ailleurs, les évêques ont fait part de « leur douleur et leur solidarité avec leurs compatriotes dans le Sud et la Békaa, ainsi qu'à Gaza et en Cisjordanie, face aux destructions de leurs maisons et de leurs biens ». Ils appellent les « organisations internationales et les États influents à redoubler d’efforts pour mettre fin à cette guerre injuste ». La guerre à Gaza en est à son onzième mois et a fait au moins 40.819 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.
Pour finir, les évêques ont aussi insisté « sur l’importance de fixer les frais de scolarité et universitaires dans un climat de dialogue transparent et responsable entre les composantes de la famille éducative ». Lors de leur réunion, ils ont aussi écouté un exposé de Louis Lahoud, directeur général du ministère de l’Agriculture, sur la situation de l’agriculture au Liban.


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