Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah et du mouvement Amal, a estimé lundi qu'un « discours qui passe par Tel Aviv ne passe ni par Aïn el-Tiné ni par Haret Hreik », en réponse aux propos tenus dimanche par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait déclaré que « la route vers Baabda [pour l'élection d'un président] ne passait pas par Aïn el-Tiné » et appelé à un dialogue sur la « formule libanaise » à la suite de l'élection d'un président.
Le Liban est sans président depuis que le mandat de l'ancien président Michel Aoun a pris fin le 22 octobre 2022. Douze séances parlementaires visant à élire un président sont tombées à l'eau.
Dans sa réponse au chef des FL, le mufti a souligné l'alignement du Liban sur « les intérêts régionaux plutôt que sur les influences occidentales ». « Le Liban est plus proche de Gaza que de Washington... Oui, cette guerre n'est pas la vôtre car elle est dirigée contre Israël », a-t-il souligné.
Dimanche, lors de la messe annuelle à la mémoire des « martyrs » de son parti, Samir Geagea a réitéré ses critiques à l'égard de l'implication du Hezbollah dans la guerre de Gaza, notant que la parti chiite entraînait le Liban dans une guerre qui n'était pas la sienne.
« Il ne vous représente pas, il représente le Liban et ses intérêts régionaux et souverains contre Israël et les États-Unis », a déclaré Ahmad Kabalan. Ce dernier a également défendu le rôle du Hezbollah et du mouvement Amal dans le « maintien de la souveraineté du pays ». « Pour être plus précis, le mouvement Amal et le Hezbollah sont les plus grandes forces souveraines de ce pays. Sans ce duo de résistants, le Liban aurait été soumis aux politiques sionistes », a estimé le mufti.
Ce dernier a également défendu le rôle du Parlement libanais dans l'élection présidentielle en déclarant : « Baabda est un symbole de la souveraineté du Liban et le chemin qui y mène passe uniquement par le Parlement. (Le président de la Chambre) Nabih Berry est un combattant souverain et un élément historique de la souveraineté et de la décision nationale de ce pays »
Samedi, M. Berry a relancé son initiative auprès des députés libanais, qui consiste à tenir des consultations parlementaires afin d'aboutir à un consensus favorisant l'élection d'un chef de l'État, leur assurant que la présidentielle était une « échéance interne » sans rapport avec la guerre de Gaza.
Réagissant également au discours de M. Geagea, le Courant patriotique libre (CPL) a salué les récentes remarques de M. Geagea, estimant toutefois que la déclaration des FL « suggère que ceux qui comprennent que l'élection d'un président est cruciale pour résoudre les crises devraient s'engager dans des consultations parlementaires et reconnaître que tout retard supplémentaire dans l'accord sur un président consensuel ou dans la tenue d'élections entravera le processus ». « Les FL sont encouragées à alléger les formalités mineures afin d'accorder la priorité à l'élection d'un président, étape cruciale pour empêcher la désintégration de l'État et l'effondrement national », a ajouté le CPL.


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