Lechef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil , s'exprimant depuis la localité de Masa (caza de Zahlé), le 31 août 2024. Photo fournie par Sarah Abdallah
En tournée samedi dans la Békaa, le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil a réitéré son refus de l'implication du Hezbollah dans la guerre au Liban-Sud, tout en assurant qu'il continuait tout de même à soutenir le parti chiite. M. Bassil, qui rencontre samedi des personnalités religieuses, politiques et économiques de la région, a par ailleurs appelé à élire un président de la République.
« Nous sommes entrés dans une guerre qui nous dépasse. Lorsque nous disons que nous sommes contre cette guerre, cela n'ôte rien à notre patriotisme, mais nous voulons éviter ce danger à notre pays (...) La force, ce ne sont pas seulement les armes, mais aussi une économie forte », a déclaré le leader aouniste depuis la localité de Masa (caza de Zahlé), à propos de l'engagement du Hezbollah dans un conflit au Liban-Sud avec Israël depuis le 8 octobre dernier, dans le sillage de la guerre du Hamas à Gaza.
Il a par ailleurs estimé, que « le choix d'un président de la République ou d'un gouvernement doit être une échéance interne » et non reliée à des considérations externes.
Durant la journée, des habitants de la localité de Taalbaya, à l'entrée de Zahlé, ont annoncé sur les réseaux sociaux qu'ils refusaient que M. Bassil emprunte la route qui passe par leur village. Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook, deux hommes se sont félicités d'avoir obligé le chef du CPL à effectuer un détour pour se rendre à sa destination, au lieu de pouvoir emprunter la route de Taalbaya.
Les chrétiens « ostracisés »
La tournée du leader aouniste dans la Békaa a commencé par une rencontre avec le métropolite grec-orthodoxe de Zahlé, Niphon Saikali, puis s'est poursuivie par une réunion avec l'évêque maronite de la ville, Joseph Moawad.
L'évêque Moawad a insisté sur l'importance d'élire un président de la République au plus vite. Il a par ailleurs abordé les désignations dans les postes à pourvoir dans l'administration publique, estimant que « les chrétiens sont ostracisés au sein de l'Etat ». Le dignitaire religieux a également appelé à rendre les dépôts bloqués dans les banques et à redresser la situation économique.
Concernant la situation à Gaza, Gebran Bassil a déclaré, pour sa part, qu'il n'y a « pas de bonnes nouvelles à l'horizon, nous vivons un conflit existentiel dans la région ».
En visite l'après-midi dans la localité de Terbol, Gebran Bassil a dédouané son parti face à certains dossiers chauds dans le pays. « Est-ce nous qui avons demandé à la Syrie de s'ingérer au Liban ? Est-ce nous qui avons créé Israël ? Est-ce nous qui avons mis en place les politiques économiques et financières ayant donné lieu à la crise ? Est-ce nous qui avons amené les réfugiés syriens ? », s'est-il demandé.
Il a aussi dénoncé dans la foulée les autres acteurs qui « sont montés au créneau », lorsque le CPL « a présenté de grands projets pour le pétrole ou l'électricité ».
Le chef du courant aouniste devait également se concerter avec des responsables judiciaires locaux. Il rencontrera ensuite le président d'une association locale, cheikh Ahmad Qattan, à Bar Elias, puis tiendra des réunions avec la Chambre de commerce et d'agriculture de Zahlé et l'association des commerçants de la ville. Plusieurs réunions sont ensuite prévues à l'Hôtel Kadri, d'abord avec des responsables politiques et économiques, puis avec l'ancien président de la municipalité de Majdel Anjar , Hussein Dib Saleh, et une délégation de cette localité. Le chef du CPL clôturera cette journée par un dîner partisan à Zahlé où il devrait prendre la parole.
« Quel est le but de la guerre »
Vendredi soir, lors d'un dîner partisan dans le Chouf, M. Bassil est revenu sur le soutien de son parti au Hezbollah. «Nous sommes aux côtés du Hezbollah quand il s'agit de défendre le Liban et quand nous sommes agressés par Israël, mais nous ne le soutenons pas lorsqu'il lance une guerre avec Israël. Il s'agit de deux choses différentes», a déclaré le leader du CPL. « Nous sommes pour une stratégie de défense et non pas d'attaque. Cela ne veut pas dire que nous souhaitons la victoire d'Israël, mais que le Liban seul ne pas mener une guerre contre Israël ni libérer la Palestine », a-t-il ajouté.
« Quel est le but de la guerre aujourd'hui ? Soutenir (Gaza) ? Gaza a été détruite. Le Liban s'est impliqué dans une guerre ouverte qui ne se terminera pas de sitôt. Il est sur la ligne de démarcation au lieu de protéger son économie ou d'élire un président », a-t-il souligné.
Commentant les nombreuses démissions du CPL ces dernières semaines, M. Bassil a appelé ses partisans à «ne pas dire du mal (de ceux qui sont partis), compte tenu du fait qu'il s'agissait de nos camarades », précisant qu'il s'exprimera sur la question dans une interview sur la chaîne locale OTV, « probablement le 9 septembre ».




le CPL « a présenté de grands projets pour le pétrole ou l'électricité ». Il dit quoi le corrompu?
08 h 40, le 04 septembre 2024