Le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, prononçant un discours devant des militaires au quartier général du commandement de l'armée, le 2 août 2024. Photo fournie par le bureau de presse de M. Mikati.
« Rien ne dit que l'arrogance israélienne aura une limite », a déclaré vendredi le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, dans un discours à l'adresse du chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, et des militaires au quartier général du commandement de l'armée, qui a commémoré jeudi le 79e anniversaire de sa fondation.
Ces déclarations interviennent alors que les craintes d'une extension de la guerre à l'ensemble du Moyen-Orient entre Israël d'une part, l'Iran ainsi que les groupes qu'il soutient au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen d'autre part, ont été ravivées après des attaques israéliennes à Téhéran et à Beyrouth.
« Nous sommes toujours confrontés aux attaques israéliennes qui ont fait des centaines de martyrs et de blessés, des citoyens, des soldats et des combattants de la résistance, ainsi que des familles déplacées qui ont perdu leurs maisons et vu leurs propriétés brûlées », a ajouté M. Mikati.
Le Hezbollah, allié du Hamas et soutenu par l'Iran, échange des tirs presque quotidiens avec l'armée israélienne le long de la frontière libano-israélienne depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement palestinien en Israël le 7 octobre 2023.
« Face à l'escalade systématique et dangereuse d'Israël, qui a connu des épisodes sanglants au cours des dernières heures, nous affirmons notre droit à défendre notre terre, notre souveraineté et notre dignité par tous les moyens disponibles et nous n'hésitons pas à choisir cette option, quelle que soit l'ampleur des sacrifices », a affirmé le Premier ministre.
« Nous avons informé les pays frères et amis que nous sommes des partisans de la paix et non de la guerre, car nous recherchons une stabilité permanente en récupérant les zones occupées de notre cher sud, et l'engagement de l'ennemi israélien à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies avec toutes ses dispositions. Toutes les attaques israéliennes ne pourront pas nous en dissuader », a dit M. Mikati.
« Nous avons salué, et continuons à saluer, toute initiative qui permet d'atteindre ce que nous voulons en termes de restauration de ce qui reste occupé de nos terres, et du déploiement de l'armée sur place en coopération avec les forces internationales, afin d'empêcher toute violation de nos frontières internationalement reconnues », a-t-il ajouté.
Un besoin urgent de réformes radicales
M. Mikati a également abordé l'élection présidentielle, le Liban étant sans chef de l'État depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre 2022. « Je réitère la nécessité d'élire un président, appelant les députés à assumer leurs responsabilités à surmonter les divergences, et à se concerter dans un dialogue honnête, franc et égalitaire », pour élire un président, a-t-il encore dit.
« Il y a un besoin urgent de réformes radicales et de solutions durables qui ne peuvent être réalisées qu'avec un chef de l'État », selon lui.
Le vide présidentiel au Liban jette une ombre sur l'institution militaire. Le commandant en chef de l'armée devait prendre sa retraite en janvier dernier, mais son mandat a été prolongé d'un an. La question se posera à nouveau en janvier prochain si un nouveau président, dont la signature est requise pour la nomination d'un nouveau commandant, n'est pas élu.
Entre-temps, le recrutement de nouveaux officiers a été entravé par un différend de longue date entre le ministre de la Défense Maurice Slim, nommé par le bloc de l'ancien président Michel Aoun, et le chef de l'armée, le général Joseph Aoun. Bien que la question ait été récemment résolue au sein du cabinet, le recrutement n'a pas encore eu lieu.


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