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Moyen-Orient - Focus

L'assassinat de Haniyé à Téhéran, nouvelle faille des services iraniens

L'assassinat du chef politique du Hamas dans la capitale iranienne a mis en lumière des infiltrations potentielles d'agents travaillant pour Israël. 

L'assassinat de Haniyé à Téhéran, nouvelle faille des services iraniens

Une affiche anti-israélienne où il est écrit « Tel-Aviv ne sera plus en sécurité », sur la place Palestine, à Téhéran, le 31 juillet 2024. Photo AFP

C'est une nouvelle illustration de la vulnérabilité de l'Iran et de l'ampleur de l'infiltration des services de renseignements israéliens dans le pays, selon des analystes. Ismaïl Haniyé, qui était en Iran pour participer à la cérémonie d'investiture du nouveau président Massoud Pezeshkian, a été tué selon des médias iraniens en pleine nuit vers 2h du matin par une frappe aérienne ciblée contre une résidence pour anciens combattants iraniens où il était logé dans le nord de Téhéran, un quartier chic et tranquille. Certaines sources ont pour leur part indiqué au média Amwaj que le leader palestinien et d’autres invités diplomatiques de marque étaient logés dans le complexe de Sa’adabad, près de la place Tajrish également dans le nord de la capitale, qui serait lié à la présidence iranienne.

Même si les Israéliens n'ont pas confirmé être derrière cette opération, « il paraît évident que ça ne peut venir que d'Israël dans le contexte actuel » de la guerre à Gaza, estime Agnès Levallois, de l'Institut de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient. Un tel assassinat « montre que la sécurité de l'Iran ressemble à du fromage suisse, où les failles sont alignées de manière à ce qu'une menace puisse traverser toutes les défenses », ironise Ali Vaez, analyste à l'International Crisis Group.

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Car le responsable du mouvement islamiste palestinien a été assassiné « dans un lieu considéré comme sûr », ce qui souligne que l'Iran est « incapable de sécuriser les invités du guide suprême et du président », observe Hasni Abidi, du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, basé à Genève. Pour autant, souligne Thierry Coville, spécialiste de l'Iran à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), cette sorte de faille n'est ni nouvelle ni surprenante.


Vulnérabilité

Il cite en particulier les assassinats de scientifiques iraniens liés au programme nucléaire, dont le professeur de physique des particules Massoud Ali Mohammadi, le 12 janvier 2010, et Majid Shahriari, fondateur de la Société nucléaire d'Iran, le 29 novembre de la même année. D'autres assassinats auront lieu en 2011 et 2012 puis le 27 novembre 2020, lorsque le physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh est tué près de Téhéran dans une attaque contre son convoi, également imputée aux Israéliens qui bénéficient d’une certaine complicité sur place.

« Cela fait des années qu'on entend parler de vulnérabilité de l'Iran, notamment du côté des Pasdaran », les gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, reprend Thierry Coville. En avril dernier, des explosions avaient ainsi retenti dans le centre du pays, près d’Ispahan, là encore attribuées à Israël, en représailles aux frappes iraniennes contre l’État hébreu. La République islamique a aussi subi ces dernières années plusieurs attentats sanglants revendiqués par le groupe État islamique, dont le dernier en janvier a fait au moins 91 morts.

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À l'extérieur, « l'Iran a une capacité de nuisance évidente par ses missiles, par ses drones, mais il n'a pas des moyens de défense » pour sa propre sécurité intérieure, ajoute Agnès Levallois, en référence à « l’axe de la résistance ». « Avec l’assassinat à Beyrouth (de Fouad Chokor, haut commandant du Hezbollah) et les attaques passées sur des pasdaran en Syrie, la frappe à Téhéran souligne des faiblesses de renseignements importantes à travers tout « l’axe de la résistance », a pour sa part affirmé sur le réseau X Hamidreza Azizi, chercheur au Stiftung Wissenschaft und Politik, de Berlin.

Exécutions

Téhéran rend publiques des arrestations d'agents présumés travaillant pour des services de renseignements étrangers, notamment le Mossad israélien. Quatre d'entre eux, jugés coupables de « guerre contre Dieu », « corruption sur terre » et « collaboration avec le régime sioniste », ont été exécutés fin décembre, des exécutions dénoncées comme arbitraires par certaines organisations de défense des droits de l’homme.

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« Que les Iraniens n'aient pas été capables d'arrêter cet assassinat est très embarrassant pour l'Iran », poursuit Agnès Levallois. Car cela montre qu'Israël a pu de nouveau obtenir des informations « extrêmement précises » via « des relais de premier niveau », qui disposent de détails qui ne sont normalement partagés que par quelques-uns », abonde Hasni Abidi. Pour Arash Azizi, maître de conférences à l'Université de Clemson aux États-Unis, « c'est une confirmation de ce que nous savons tous depuis longtemps : l'ampleur de la pénétration des services de sécurité iraniens par Israël ».

En outre, selon Hasni Abidi, les auteurs de cet assassinat ont probablement bénéficié du soutien de relais dans la région, vraisemblablement « au Kurdistan ou en Azerbaïdjan », sachant qu'Israël dispose de bases militaires dans ce pays. « Géographiquement, cette opération a nécessité une proximité pour l'écoute, pour (...) l'exécution de cette opération », explique le spécialiste. Des agents du Mossad pourraient par ailleurs être infiltrés dans la République islamique, alors que deux scientifiques étaient morts en mai 2022 à quelques jours d’intervalle dans des villes à des centaines de kilomètres, suite à un empoisonnement alimentaire suspect. Un incident que Téhéran avait rapidement attribué à Israël.

C'est une nouvelle illustration de la vulnérabilité de l'Iran et de l'ampleur de l'infiltration des services de renseignements israéliens dans le pays, selon des analystes. Ismaïl Haniyé, qui était en Iran pour participer à la cérémonie d'investiture du nouveau président Massoud Pezeshkian, a été tué selon des médias iraniens en pleine nuit vers 2h du matin par une frappe aérienne ciblée contre une résidence pour anciens combattants iraniens où il était logé dans le nord de Téhéran, un quartier chic et tranquille. Certaines sources ont pour leur part indiqué au média Amwaj que le leader palestinien et d’autres invités diplomatiques de marque étaient logés dans le complexe de Sa’adabad, près de la place Tajrish également dans le nord de la capitale, qui serait lié à la présidence iranienne.Même si les...
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...ou "ses amis" l on liquidé,following some orders from above. Classic.

Marie Claude

08 h 54, le 01 août 2024

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Commentaires (1)

  • ...ou "ses amis" l on liquidé,following some orders from above. Classic.

    Marie Claude

    08 h 54, le 01 août 2024

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