Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est à Washington où il doit prononcer un discours devant le Congrès, une visite bousculée par la décision de Joe Biden de ne pas se représenter à la présidentielle américaine, dans un contexte tendu entre les deux pays alliés.
Déclarations de responsables américains s'inquiétant de la situation catastrophique dans la bande de Gaza après plus de neuf fois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, vertes répliques de M. Netanyahu: les points de friction sont nombreux.
Des responsables américains ont critiqué le nombre élevé de civils palestiniens tués à Gaza. Toutefois, des experts interrogés par l'AFP estiment que le soutien américain à Israël reste inébranlable, comme le suggèrent les termes de l'invitation américaine adressée à M. Netanyahu pour "souligner la solidarité des Etats-Unis avec Israël".
- Invité malgré la guerre à Gaza? -
Le moment est d'autant plus critique que l'opposition est forte sur les campus américains et au sein de l'aile gauche des démocrates aux Etats-Unis, où les appels se sont multipliés pour mettre fin à la guerre à Gaza. Mais les républicains ont réussi à forcer la main aux démocrates pour inviter M. Netanyahu, selon des experts.
"Biden et les démocrates étaient obligés d'accepter", affirme à l'AFP Chuck Freilich, chercheur spécialisé dans les relations américano-israéliennes à l'Institut israélien d'études de sécurité nationale (INSS).
L'idée de la prise de parole devant le Congrès émanait des républicains qui souhaitent "surtout mettre les démocrates dans une position difficile et les forcer à prendre des positions que beaucoup d'entre eux ne veulent pas prendre" vis-à-vis d'Israël, poursuit M. Freilich.
"Une partie des démocrates ne viendra pas, tandis qu'une autre va tenter de faire la différence entre soutien à Israël et soutien à Netanyahu. Ce sera un jeu d'équilibriste compliqué pour beaucoup", ajoute Michael Horowitz, expert géopolitique pour Le Beck, une société de conseil en sécurité basée au Moyen-Orient
Cette hétérogénéité du camp présidentiel révèle "qu'il y a beaucoup de contradictions dans la position américaine sur la guerre à Gaza", juge pour sa part Mairav Zonszein, analyste à l'International Crisis Group (ICG).
- Comment sont les relations israélo-américaines? -
"Il y a eu beaucoup de belles paroles, beaucoup de rebondissements tout au long de cette guerre sur les questions humanitaires", relève Mme Zonszein, qui cite des mesures telles que les sanctions à l'encontre de colons ou d'organisations israéliennes, selon elle, sans précédent.
Néanmoins, comme la plupart des analystes, elle juge qu'il n'y a pas de "crise" car "la relation israélo-américaine est profondément ancrée dans la politique de chacun de ces pays".
"Cette visite est à propos de Netanyahu, pas d'Israël", juge Yossi Mekelberg, du centre de réflexion Chatham House à Londres.
"Quoiqu'il arrive à Washington, (Benjamin Netanyahu) le tournera en sa faveur" dès son retour en Israël, ajoute-t-il.
- Et les livraisons d'armes à Israël? -
L'envoi de bombes de 500 livres (226 kilos) par les Etats-Unis à Israël a été retardé puis finalement approuvé, cependant l'administration démocrate du président Biden a maintenu un envoi de bombes de 2.000 livres (907 kilos) sous embargo.
Ces restrictions sont inédites, selon de nombreux observateurs.
Si l'envoi de bombes de 2.000 livres peut en théorie être approuvé lors de cette visite, "c'est plus difficile pour les Etats-Unis après l'attaque contre (Mohammed) Deif, pour laquelle je pense que quatre bombes de 2.000 livres ont été utilisées", explique M. Freilich, en référence à une récente frappe massive de l'armée israélienne visant le chef de la branche armée du Hamas.
"L'administration Biden a été très choquée par le message critique de Netanyahu concernant les délais et les arrêts de livraison de certaines armes", explique M. Horowitz, qui doute que "Biden et son entourage soient prêts à changer d'avis durant la visite".
- Quels effets du retrait de Joe Biden? -
Le renoncement du président américain à se représenter à l'élection de novembre "montre encore plus à quel point le moment est malvenu", juge Mme Zonszein, qui estime que "les Israéliens veulent surtout un accord sur (la libération des) otages" enlevés lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre en Israël, alors que l'opinion américaine est concentrée sur l'évolution de la campagne présidentielle.
Selon certains analystes, le Premier ministre israélien va redoubler d'efforts pour rencontrer le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, mais sans garantie de succès.
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© Agence France-Presse
Déclarations de responsables américains s'inquiétant de la situation catastrophique dans la bande de Gaza après plus de neuf fois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, vertes répliques de M. Netanyahu: les points de friction sont nombreux.
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