Le secrétaire général de l’ONU, Antonió Guterres. AFP.
Dans son dernier rapport sur la mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Antonió Guterres, plaide pour que « cesse le cycle d’escalade entre le Hezbollah et d’autres groupes armés non étatiques au Liban et les Forces de défense israéliennes ». Il lance aussi un appel aux parties pour qu’elles s’engagent de nouveau d’urgence à appliquer pleinement la résolution 1701, qui prévoit une cessation des hostilités et un retrait du Hezbollah du sud du Litani, et à recourir à toutes les voies diplomatiques, y compris les bons offices de l’ONU, pour éviter le risque de « conflagration plus large et dévastatrice ».
Processus politique : voie de sortie
Le chef de l’ONU note que la situation actuelle a mis en évidence l’importance de la mise en place rapide d’un processus politique ancré dans la pleine application de la résolution 1701 pour s’attaquer aux causes profondes du conflit et assurer la stabilité à long terme. M. Guterres plaide pour que les parties prennent des mesures concrètes pour régler les points en suspens en étroite coopération avec le bureau du Conseil de coordination des Nations unies et la Finul.
Dans ce cadre, le diplomate « exhorte » les dirigeants politiques libanais à prendre des mesures en vue de l’élection d’un président de la République afin de répondre aux exigences politiques, économiques et sécuritaires pressantes auxquelles le pays est confronté. Il rajoute que le report des élections municipales est « une occasion manquée » de renforcer la capacité de l’État à gouverner et à agir, ainsi qu’à accroître la représentation et la participation politique des femmes au niveau local.
Par ailleurs, les échanges de tirs démontrent que le Hezbollah et d’autres groupes non étatiques possédaient des armes en dehors de l’autorité de l’État dans la zone située entre le Litani et la ligne bleue, en violation de la résolution 1701. Le chef de l’ONU demande à nouveau au gouvernement libanais de prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte qu’il n’y ait pas d’armes ni d’autorité au Liban autres que celles de l’État, notamment en appliquant intégralement les dispositions pertinentes de l’accord de Taëf et des résolutions 1559 (2004), 1680 (2006) et 2695 (2023). Il réitère son appel à aborder les éléments en suspens de la résolution 1701 et la question de la stratégie de défense nationale. Il demeure important que les décisions antérieures du dialogue national soient appliquées, en particulier celles relatives au désarmement des groupes non libanais et au démantèlement des bases du FPLP-Commandement général et du Fateh al-intifada, indique le rapport. Il a également insisté sur l’importance de maintenir la liberté de mouvement de la Finul, conformément à la résolution 2695, notamment pour éviter un incident similaire au drame de Aaqbiyé, en 2022, quand Sean Rooney, un Casque bleu irlandais, a été tué lorsque son véhicule a été intercepté par des miliciens.
Une armée libanaise forte
Au cours de la période considérée, plusieurs États membres ont intensifié leurs efforts en vue de renforcer l’armée libanaise au sud du Litani. Dans ce rapport, le chef de l’ONU exprime sa gratitude aux États dont le soutien a contribué à soutenir l’armée libanaise. La coordonnatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, en collaboration avec la Finul et les partenaires internationaux, continue de dialoguer avec des donateurs potentiels afin d’obtenir un appui futur à l’armée libanaise. Le renforcement de sa présence et de ses capacités au sud du Litani, ainsi qu’en mer, continuera d’être une importante mesure de confiance. Il note avec préoccupation que l’armée libanaise, qui n’a pas participé à l’échange de tirs de part et d’autre, a été touchée par les tirs croisés. M. Guterres remercie l’ancienne coordonnatrice spéciale pour le Liban Joanna Wronecka, qui a achevé ses fonctions le 31 mai, et souhaite la bienvenue à son successeur ainsi qu’au chef de la mission et commandant de la Finul, le général Aroldo Lázaro Sáenz.
Les membres du Conseil de sécurité portent aussi leur attention sur le renouvellement du mandat de la Finul qui expire le 31 août, pour déterminer si la situation actuelle nécessite un ajustement du mandat. Dans ce contexte, les membres du Conseil suivront probablement de près toute évolution au-delà de la ligne bleue, y compris les initiatives française et américaine de désescalade. Il existe un large consensus parmi les membres du Conseil en faveur de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité du Liban. Les membres du Conseil conviennent également qu’un conflit à grande échelle entre Israël et le Hezbollah doit être évité, plusieurs membres – dont la Chine, la France, le Japon et la Slovénie – exprimant leur inquiétude quant au risque d’escalade. De vives divergences persistent toutefois entre les membres du Conseil à propos du Hezbollah. Certains membres font la distinction entre les ailes politique et militaire du parti de Dieu et ont désigné uniquement sa branche militaire comme organisation terroriste. D’autres membres, dont le Royaume-Uni et les États-Unis, ont classé le Hezbollah dans son intégralité parmi les organisations terroristes. En revanche, la Russie considère le Hezbollah comme une force sociale et politique légitime. Jeanine Hennis-Plasschaert et le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, seront les principaux intervenants lors des consultations du Conseil de sécurité prévues le 24 juillet.




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