Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel lors de son interview donnée à al-Mashhad. Capture d'écran prise d'une vidéo de présentation sur la chaîne Youtube du média
Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel a exhorté la communauté internationale à faire pression pour que l’Iran cesse de financer le Hezbollah, qui échange quotidiennement des tirs avec l’armée israélienne à la frontière entre le Liban-Sud et le nord d’Israël depuis le lendemain du début de la guerre de Gaza qui a éclaté le 7 octobre 2023.
« Nous ne voulons pas d'une guerre civile et répondre à la violence par la violence, mais la communauté internationale devrait être consciente de ses responsabilités et tout le monde doit faire pression avec nous pour mettre fin au financement du Hezbollah et au soutien dont il bénéficie », a encore déclaré Samy Gemayel, s’exprimant lors d’un entretien donné au média émirati al-Mashhad dont le contenu a été rapporté par plusieurs médias et sites d’informations locaux.
Répétant que le parti chiite prenait le Liban en otage via « ses armes et ses pratiques », il a ajouté que « la clé de la solution se trouvait en Iran » et qu’il « fallait faire pression » sur son régime pour qu’il « cesse de déstabiliser le Liban en finançant une milice illégitime au Liban ». M. Gemayel a enchaîné en affirmant que l’Iran devait « cesser d'utiliser le Liban comme une plateforme pour se présenter comme le seul pays qui résiste à Israël », appelant à « le faire à partir de (son territoire) avec ses éléments et son armée et non en détruisant » un pays tiers et « en exposant le peuple libanais au danger, comme c'est le cas aujourd'hui ».
Samy Gemayel a aussi souligné que le parti chiite avait lui-même « annoncé le 8 octobre l’ouverture d’un front de soutien à Gaza dans le sud du Liban » jugeant qu’il considérait, à tort, pouvoir « contrôler le rythme » des affrontements. Il a ajouté que si ni le Hezbollah, ni Israël, ne souhaitaient une escalade à la frontière, les deux parties « jouent avec le feu » et « toute erreur peut conduire à une guerre ouverte ».
Samy Gemayel a également indiqué que le front ouvert « sans l’autorisation du Parlement libanais » avait provoqué « des centaines de morts au Liban, détruit des milliers de logements et affecté l’économie et le tourisme » avant de ponctuer : « nous tenons le Hezbollah pour responsable de ce qui se passe maintenant et de ce qui pourrait se produire en cas d'escalade ». Jugeant qu’il était légitime que l’armée libanaise se déploie au Liban-Sud, Samy Gemayel a ajouté qu’elle en avait « la capacité » mais que le Hezbollah « n’acceptera pas » ce scénario.
Selon le dernier bilan du ministère de la Santé libanais publié il y a une semaine, les combats ont tué 466 personnes (dont une majorité de combattants du Hezbollah) et fait plus de 1.400 blessés, tandis que l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), fait état de plus de 96.000 déplacés au Liban-sud. En termes de dégâts matériels, le Conseil du Sud a estimé en mai la facture à plus de 1,5 milliard de dollars. Au Liban-Sud, le Hezbollah est le principal protagoniste des échanges de tirs côté libanais, même s’il bénéficie d’un appui du mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry ainsi que de plusieurs factions palestiniennes implantées dans le pays.
Dossier de la présidentielle libanaise
Samy Gemayel a aussi abordé le dossier de la présidentielle au Liban, un processus bloqué depuis la fin du mandat de Michel Aoun à l’automne 2022 en raison des dissensions qui existent au sien de la classe politique libanaise. « Nous essayons de remplir nos devoirs en la matière et, en tant que force d’opposition, nous devons pousser dans la direction voulue, mais nous savons que le Hezbollah ne veut pas de président aujourd'hui parce qu'il ne veut pas d'autre interlocuteur à la lumière de la grande bataille qu'il mène » a déclaré le leader chrétien.
Le Parlement, dans lequel aucune formation ne détient de majorité claire, s'est réuni une douzaine de fois sans parvenir à élire un successeur à Michel Aoun, qui a quitté le palais de Baabda fin octobre 2022. Le tandem chiite, qui comprend le Hezbollah et le mouvement Amal, soutient la candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié, tandis que les partis de l'opposition et le Courant patriotique libre, normalement allié du Hezbollah, soutiennent jusqu'à présent l'ex-ministre Jihad Azour.
« Le Hezbollah ne veut pas que quiconque (au Liban) ne participe aux (éventuelles) négociations qu'il mènera dans son intérêt et dans celui de l'Iran », a-t-il insisté, rappelant et critiquant le soutien du parti chiite à un autre leader chrétien, le chef des Marada Sleiman Frangié, comme candidat à la présidentielle. « Nous nous opposons à la politique de Frangié et non à sa personne » a-t-il précisé, tirant à boulets rouges sur « la méthode du Hezbollah pour essayer (de l’imposer) en perturbant de façon systématique tout le processus démocratique et en refusant tout autre candidat ». Il a enfin considéré que l’ancien ministre des Finances libanais et actuel cadre dirigeant du Fonds monétaire international, Jihad Azour, avait obtenu un « consensus chrétien » et avait été plébiscité par plus de 85 % des députés chrétiens, contrairement à ce qu’avance le Hezbollah qui « continue de dire que Sleiman Frangié est le seul candidat » potentiel.




Keep talking Sami,, it’s time to unite yourself to the other forces instead of playing it solo.
02 h 07, le 17 juillet 2024