Le patriarche maronite Béchara Raï célébrant une messe, le 23 juin 2024. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a réitéré son appel, dimanche, à mettre un terme au vide présidentiel au Liban, de manière à redonner vie au Parlement et au gouvernement, et a évoqué les dossiers des contractuels de l'Université libanaise, des retraités du secteur public et de l'armée, demandant qu'on leur accorde leurs pleins droits.
Dans son homélie dominicale au siège patriarcal d'été à Dimane (Liban-Nord), le cardinal Raï a pressé les forces politiques libanaises « d'élire un président au plus vite, pour que le Parlement puisse retrouver son rôle d'organe législatif et le gouvernement l'ensemble de ses prérogatives prévues par la Constitution ». Il a également souhaité que soient mises en place « les réformes nécessaires pour réactiver l'économie et mettre un terme à l'émigration ».
Le prélat s'est également penché sur la crise des enseignants contractuels de l'Université libanaise qu'il a rencontrés la semaine dernière. « Nous avons contacté le ministre de l'Éducation. Il nous a assuré qu'il examinait leurs demandes d'encadrement, en espérant que ce projet sera bientôt présenté en Conseil des ministres », a déclaré le patriarche.
Mgr Raï a par ailleurs donné des détails sur sa rencontre, vendredi, avec les retraités du secteur public et des métiers indépendants, dont des représentants d'Électricité du Liban (EDL), de la Sécurité sociale, du Rassemblement des salariés contractuels et du ministère des Affaires sociales. « Ils nous ont expliqué leurs demandes », a-t-il dit, appelant le Parlement à « étudier au plus vite quatre projets présentés par les députés Tony Frangié, Fayçal Karamé, Charbel Massaad et Firas Hamdane, concernant la création d'une pension de retraite » pour cette catégorie de retraités.
Le dignitaire maronite a appelé, en outre, à accorder leurs droits aux retraités de l'armée, dont celui d'accéder à des aides pour se procurer des carburants.
Mgr Audi appelle au respect de la Constitution
Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi, a également critiqué la paralysie du Parlement et appelé au respect de la Constitution, lors de son homélie dominicale à la cathédrale Saint-Georges à Beyrouth.
« La Constitution est la loi suprême qui régit le travail des institutions de l'Etat. Il s'agit du guide à respecter par tout responsable, gouverneur ou député », a déclaré le prélat.
« Le Parlement doit faire face aux hérésies que certains tentent de répandre. Nous espérons que tout le monde respectera la Constitution libanaise, les députés en premier (...) afin que le peuple puisse être débarrassé des pressions psychologiques et économiques et puisse avoir un peu de stabilité », a-t-il ajouté.
Kassem prône le dialogue pour élire un président
Le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem, a souligné pour sa part dimanche la nécessité d'engager le dialogue pour faciliter l'élection d'un président au Liban, rejetant le prétexte de la guerre de Gaza et dénonçant la « fragmentation interne et l'inflexibilité ».
« Il est important de mettre fin au débat. Si vous voulez un président au Liban, pourquoi rejeter l'idée du dialogue ? Ils disent qu'ils ne veulent pas dialoguer afin que cela ne devienne pas une norme ! Nous appelons au dialogue et suggérons de discuter pendant une courte période afin d'assurer la transition entre le dialogue et les élections », a-t-il dit.
Le cheikh Kassem a dénoncé « les opinions rigides (...) qui retardent considérablement le processus ». « Ceux qui veulent mener à bien l'élection présidentielle devraient s'empresser d'offrir des facilités, des concessions et mener des discussions afin que nous puissions parvenir à un accord. Quiconque utilise la guerre de Gaza comme excuse, en disant qu'une solution ne pourra être trouvée qu'après la fin de ce conflit, se trompe », a encore dit le responsable du parti chiite. « La guerre de Gaza n'a rien à voir avec le refus d'élire un chef de l’État au Liban. La raison de ce refus est la fragmentation interne et l'inflexibilité. Si une percée se produisait maintenant, il pourrait y avoir un président pour le Liban demain, même si la guerre se poursuivait » à Gaza, a-t-il ajouté.


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