Mohammed Deif, à la tête des Brigades al-Qassam, la branche militaire du Hamas. Photo d'archives AFP
Il est l’un des cerveaux de la triple incursion meurtrière du Hamas en Israël du 7 octobre 2023. Samedi, l’armée israélienne a affirmé avoir ciblé Mohammad Deif, chef de l’ombre depuis 2002 des Brigades Ezzeddine al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, lors d'une attaque sur le camp de déplacés d'al-Mawassi, qui a tué au moins 71 personnes et fait plus de 280 blessés, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.
L'armée israélienne affirme que Deif se trouvait dans une enceinte au-dessus du sol, avec le commandant de la brigade de Khan Younès, Rafa Salama, ainsi que d'autres cadres du Hamas, et elle estime qu'ils ont été au moins blessés dans l'attaque, rapporte le Haaretz. L'armée israélienne a largué cinq bombes de 2 000 livres sur le complexe, selon les autorités israéliennes citées par le site Axios.
Après l'attaque du 7 octobre, Israël a juré d’éradiquer le Hamas, avec en tête de liste des hommes à abattre les deux cerveaux de l'« opération déluge d’al-Aqsa », Mohammad Deif, mais aussi Yahya Sinouar, chef politique du Hamas à Gaza. C'est par ailleurs à travers son chef militaire qui ne se montre que très rarement en public - seules trois images de lui, dont l’une où il est masqué et une autre de son ombre, existent - que l'opération du Hamas a été annoncée dans un message audio préenregistré.
Pas de technologies modernes
« Il est insaisissable, c'est l'homme de l'ombre », confiait en octobre une source proche du mouvement à l'agence Reuters. D'ailleurs, il n'utilise jamais de technologies numériques modernes et n'a pas de smartphone, ajoutait cette source.
Deif et Sinouar font partie de la première génération de combattants du Hamas et ont été tous deux arrêtés par Israël à la fin des années 1980. C'est ensuite en 2012 que les deux hommes se rapprochent.
Né à Khan Younès, Mohammad « Deif » Masri, âgé de 58 ans selon des rapports publiés dans les médias israéliens et palestiniens, fait partie des dirigeants les plus recherchés par Israël depuis plus de 25 ans. Il a rejoint les rangs de la formation islamiste pendant la première Intifada, à la fin des années 80. Peu après, en 89, il est arrêté et incarcéré par Israël pendant près d'un an et demi, selon la source proche du Hamas.
Tunnels et fabrication de bombes
Titulaire d'un diplôme de physique, chimie et biologie de l'Université islamique de Gaza, il a notamment planifié de nombreux attentats suicides contre des civils israéliens, au milieu des années 1990, puis de 2000 à 2006. Il serait aussi à l'origine du développement du réseau de tunnels du groupe et de son savoir-faire en matière de fabrication de bombes.
Surnommé « Deif », ce qui signifie en arabe « invité » en référence à sa tendance à changer constamment de logement pour ne pas être localisé, Mohammad Deif a été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat. Visé par huit tentatives d’assassinat israéliennes, il a notamment perdu sa femme et ses deux jeunes enfants dans le bombardement de sa maison à Gaza en 2014. Avant cela, l'acharnement israélien contre lui lui avait fait perdre un œil en 2002, puis un bras et une jambe en 2006. Il se déplacerait depuis en fauteuil roulant.
Le mystère autour de sa personne et sa survie face aux différentes attaques le visant ont fait de lui un genre de « héros populaire », racontait encore Reuters en octobre.
Avant le 7 octobre, les services de renseignement israéliens ne savaient pas « s'il dirigeait activement les opérations ou s'il servait plutôt de figure de proue », rapporte Axios. Mais après l'attaque, « l'armée israélienne a trouvé des preuves, notamment des vidéos, montrant que Deif était en bon état de santé et qu'il dirigeait activement les opérations ».




Comme si tuer Deif ou Seif aller changer la donne. D'autres Deif et Seif plus violent emergeront.
08 h 08, le 14 juillet 2024