Durant sept semaines, les équipes participantes ont bénéficié d’un encadrement intensif hebdomadaire par Berytech, visant à les familiariser avec le parcours entrepreneurial, à leur permettre de se présenter à des acteurs de l’écosystème et de répondre aux questions et demandes de clarifications. Photo AUF
Awfarli, une application mobile développée par Hussein el-Hajj et Jalal Harb de l’Université Saint-Joseph, offrant aux consommateurs un moyen simple et efficace de comparer les prix dans différents supermarchés, et « ZFX », une start-up lancée par Zahraa Shamas, de l’Université américaine des sciences et de la technologie, avec pour objectif de révolutionner le domaine du maquillage d’effets spéciaux pour le cinéma et le théâtre au Liban, ont remporté la troisième édition du programme d’accompagnement Badeel.
Les deux équipes lauréates recevront, en plus d’une subvention de 500 euros, un accompagnement, ainsi que la possibilité de rejoindre pendant dix jours un incubateur en France, plus précisément le PEPITE BFC à l’Université de Bourgogne Franche-Comté.Lors de cette édition, un troisième prix « surprise » a également été décerné à « Unbelievabowl », un nouveau produit de céréales sans gluten, adapté aux végétaliens, sans sucre ajouté et riche en protéines. Le projet, monté par Ghinwa Farha et Éliane Saab dans le cadre de leur cursus de master en technologie industrielle à l’USJ, sera incubé par Berytech.
Les résultats ont été annoncés au terme du Demo Day organisé dans les locaux du Centre d’employabilité francophone (CEF) de Beyrouth, situé au Beirut Digital District (BDD), durant lequel douze équipes composées d’étudiants entrepreneurs en provenance de cinq universités membres de l’AUF au Liban, à savoir l’Université libanaise (UL), l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), l’Université Saint-
Esprit de Kaslik (USEK), l’Université antonine (UA) et l’Université américaine des sciences et de la technologie (AUST), se sont succédé sur scène pour pitcher leurs projets.
Un nouveau laboratoire multimédia pédagogique
Fruit de la collaboration entre l’AUF Moyen-Orient et Berytech, ce programme exceptionnel de pré-incubation est conçu pour offrir aux jeunes étudiants entrepreneurs des universités membres de l’AUF au Liban « les outils et le soutien nécessaires pour transformer leurs idées en projets concrets et viables », comme l’a expliqué dans un mot de circonstance Cynthia Raad, directrice adjointe régionale de l’AUF.
« Ceci n’est qu’une preuve de la mobilisation collective de l’entrepreneuriat étudiant », a de son côté estimé Carla Saba, directrice générale adjointe de Berytech. Rappelant que l’entrepreneuriat se positionne dans notre société libanaise comme une solution de premier ordre, Mme Saba, qui a encadré et accompagné de près les participants tout au long de la durée du programme, a tenu à leur rappeler qu’il ne s’agit pas d’un chemin de solitude et qu’ils disposent de tout un écosystème qui va les accompagner. « Osez entreprendre ! » a-t-elle lancé à leur adresse.
Étape-clé, le Demo Day permet à chaque équipe de se faire connaître et, par voie de conséquence, de recevoir des retours constructifs, d’obtenir des commentaires pertinents sur le projet objet du pitch, mais aussi de nouer des contacts précieux en vue de faire évoluer et accélérer sa croissance. Par la même occasion, des acteurs de l’écosystème et des partenaires de Badeel ont l’opportunité de découvrir des idées entrepreneuriales parmi les plus innovantes et prometteuses du moment.
En effet, durant le pitch, chaque étudiant-entrepreneur et chaque étudiante-entrepreneure ont disposé de trois minutes pour présenter leur projet, en évoquant clairement le problème, la solution, le marché cible, la concurrence et le modèle économique, avant de répondre aux questions.
Parmi les douze projets en lice : une plateforme visant à offrir des informations sur les écoles et universités inclusives, une application pour connecter les étudiants et améliorer l’apprentissage entre pairs, un nouveau dispositif visant à aider le personnel du secteur médical à désinfecter ses mains, ou encore des lunettes optiques produites avec 75 % de matières premières en moins.
Le jury de cette troisième édition était composé de : Alain Osta, président du département de gestion et du programme EMBA à l’Université La Sagesse (ULS) ; Ingrid Salloum, responsable de programmes à Berytech ; Pascale Brenet, responsable du master en management, entrepreneuriat et innovation et directrice du PEPITE BFC à l’Université Bourgogne Franche-Comté ; ainsi que Rida Abdallah, responsable de la croissance communautaire et du rayonnement à AUB-IPARK.Par ailleurs, l’événement a constitué une occasion pour lancer le Laboratoire multimédias pédagogique mis en place par l’AUF au CEF de Beyrouth. Ce dernier sera mis gratuitement à la disposition des enseignants-chercheurs des établissements membres de l’AUF qui souhaitent enregistrer des vidéos pédagogiques.
Du côté des lauréats
Durant sept semaines, les différentes équipes, qui ont toutes reçu une subvention de 500 euros, ont profité d’un encadrement intensif hebdomadaire par Berytech, visant à les familiariser avec le parcours entrepreneurial et à leur permettre de se présenter à des acteurs de l’écosystème et de répondre aux questions et demandes de clarifications. Ce faisant, elles ont suivi diverses formations destinées à renforcer leurs compétences et à affiner leurs projets, telles que le design thinking, le modèle financier, la définition du public cible, ainsi que l’argumentaire et la présentation.
La formation et l’expérience ont été grandement appréciées par la lauréate Zahraa Shamas, 22 ans, étudiante en dernière année de création de mode (Fashion Design) à l’AUST. « Cette expérience m’a apporté beaucoup. J’avais déjà développé mon idée de ZFX, mais je ne savais pas grand-chose à propos du modèle financier ni comment promouvoir mon projet ou faire un pitch », confie-t-elle. « L’avantage est que nous nous retrouvions toutes les semaines pour travailler, partager et corriger les exercices demandés. À chaque question que nous nous posions, nous avions quelqu’un vers qui nous tourner », ajoute-t-elle. La jeune étudiante avoue avoir hâte de voyager en France. En attendant, elle s’est inscrite à un cours à l’académie de maquillage Kryolan-CFX le lendemain de l’annonce des résultats, juste après avoir empoché la subvention de 500 euros.
Même son de cloche du côté du lauréat Hussein el-Hajj, 20 ans, en troisième année de sciences informatiques à l’USJ. Saluant le mentorat, le soutien et l’orientation reçus tout au long de cette période de pré-
incubation, il assure avoir ressenti une « réelle différence », notamment au niveau du « design thinking » (conception créative), du « business model » (modèle économique) et de la démarche entrepreneuriale. Sur ce il compte avec Jalal Harb, cofondateur et CTO (directeur technique) de Awfarli, « améliorer l’application pour cibler et toucher plus d’utilisateurs, atteindre plus de régions et inclure d’autres grandes surfaces de grande distribution avant de s’étendre dans la région MENA et l’Europe ». « Nous souhaitons rendre les prix des denrées plus abordables pour tout un chacun au Liban, sachant qu’un marché plus compétitif entraîne forcément une chute des prix », avance-t-il encore.
Pour les lauréates Éliane Saab et Ghinwa Farha, participer au programme Badeel s’est révélé être « une expérience unique » qui leur a permis de structurer leurs idées, de les prioriser et de suivre une méthodologie précise lors de la présentation de leur projet. Elles ont surtout appris comment transformer une idée de projet innovante en un modèle économique efficace, rencontrer des professionnels et se rapprocher de leur future carrière d’entrepreneures. En effet, les deux jeunes étudiantes derrière le concept d’Unbelievabowl ont déjà candidaté pour la compétition Femme francophone entrepreneure (FFE) et ont été retenues. Actuellement, elles s’apprêtent à intégrer le marché local. « Nous sommes en train de finaliser les procédures juridiques et de nous mettre en contact avec les fournisseurs pour commencer à vendre notre produit », indique Ghinwa Farha. « Nous aspirons à rendre les snacks plus sains et à contribuer à ce changement positif en proposant une alimentation plus saine », indique-t-elle encore en guise de conclusion.


