Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors de son interview, le 4 juillet 2024. Photo tirée de son compte X
Dix jours plus tard, le mystère commence à s’élucider. « Quel est l’intérêt d’une réunion de seulement quelques heures entre les quatre chefs de file chrétiens et (le numéro deux du Vatican) Mgr Pietro Parolin ? » s’est interrogé le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, dans une interview accordée jeudi soir à la chaîne locale MTV. Le leader des FL a ainsi dévoilé ce que son allié de l’opposition, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, n’avait pas dit, 24 heures auparavant, au sujet de la réunion tenue à Bkerké avec le haut responsable du Saint-Siège, et boudée par ces deux leaders. Il laisse entendre donc que les véritables raisons derrière la position des deux chefs à ce sujet sont éminemment politiques, au-delà du motif strictement sécuritaire avancé dans un premier temps. M. Geagea rappelle quand même qu’il « suit un protocole sécuritaire depuis quelque temps », ce qu’avancent aussi les Kataëb. Les députés Pierre Bou Assi (FL, Baabda) et Nadim Gemayel (Kataëb, Beyrouth) avaient représenté leurs partis à Bkerké.
« Si nous avions participé à une réunion (interchrétienne) à Bkerké, cela aurait-il fait de Gebran Bassil un saint et de moi un démon ? » a tonné le leader de Meerab, réduisant ainsi la portée politique et présidentielle d’une telle démarche, sachant que le patriarche maronite, Béchara Raï, et Pietro Parolin misaient sur cette rencontre (à laquelle avaient pris part Gebran Bassil et le chef des Marada, Sleiman Frangié, candidat du tandem chiite à la magistrature suprême) pour paver la voie à une entente interchrétienne à même de faciliter la tenue de la présidentielle, selon nos informations.
Ces propos de Samir Geagea sont à lire sous l’angle de leur contexte. Ils sont intervenus en plein recentrage de son principal adversaire chrétien, Gebran Bassil, qui accélère son rapprochement avec le président de la Chambre, Nabih Berry. Au point de se montrer favorable au dialogue national élargi tel que réclamé par le maître du perchoir pour débloquer la présidentielle, quitte à le tenir sans les FL. Car la position de M. Geagea n’a pas bougé d’un iota : il s’en tient à son veto à tout dialogue géré par M. Berry avant l’élection, lui préférant les consultations informelles et, surtout, l’application stricte du mécanisme constitutionnel. Car l’objectif du chef de Meerab est clair : empêcher le tandem chiite d’imposer sa volonté tant en ce qui concerne la personne du chef de l’État que pour ce qui est des modalités à employer pour le faire élire.
Le leader des FL a précisé qu’il s’est entretenu en tête-à-tête pendant une heure avec Mgr Parolin. « La réunion s’est tenue dans une atmosphère positive », a-t-il affirmé. Mais sur ce point aussi, M. Geagea s’est montré très clair : « Lors de son séjour au Liban, Mgr Parolin a rencontré certains responsables politiques. Mais cela ne veut pas dire qu’il a porté une initiative (en vue d’un déblocage). » « Ce que j’ai compris des propos de Mgr Parolin concernant Nabih Berry, c’est que la convocation à une séance électorale ouverte devrait émaner de ce dernier », a souligné le chef des FL. Il faisait référence à la déclaration du ministre du Saint-Siège à l’issue de son entretien avec le maître du perchoir. « La clé de la solution est ici », avait-il lancé depuis Aïn el-Tiné. Comme pour ne pas faire assumer aux seuls chrétiens la responsabilité de l’impasse actuelle, ce que M. Berry répète régulièrement, alors que c’est son camp qui provoque systématiquement un défaut de quorum à l’issue du premier tour de vote pour bloquer l’élection d’un candidat qui lui est hostile.
Berry sans le Hezbollah
Dans cette veine, Samir Geagea a, fait rare, lancé une fleur au président de la Chambre : « Si les choses dépendaient de M. Berry uniquement, loin du Hezbollah, nous aurions déjà eu un nouveau président. » Une façon de laisser entendre que le parti de Hassan Nasrallah est responsable du blocage, et que Nabih Berry est contraint d’exécuter la volonté du parti de Dieu. Mais en l’état actuel des choses, M. Berry et le Hezbollah « sont les deux faces d’une même pièce », s’est empressé d’ajouter le leader de Meerab.
« Nous n’avons jamais refusé le dialogue. Nous en avons avec tout le monde, du bloc de la Modération nationale (majoritairement sunnites ex-haririens) et du Parti socialiste progressiste au groupe berryste », a-t-il déclaré, faisant un nouveau clin d’œil au président du Parlement. Mais Samir Geagea n’a pas tardé à hausser le ton face à un Nabih Berry qui ne rate aucune occasion pour s’imposer comme le passage obligé du déblocage : « Nous sommes contre la confiscation de la présidence de la République par la présidence du Parlement », a déclaré le chef des FL, réitérant ses accusations contre le tandem chiite de vouloir imposer le dialogue comme coutume à laquelle on aurait recours à chaque élection d’un président de la République, un poste réservé aux chrétiens.
Changer le système politique ?
Samir Geagea a, par ailleurs, évoqué la possibilité d’un changement du système politique, un refrain qu’il porte depuis plusieurs mois. Aujourd’hui, il est convaincu qu’il est « impossible d’édifier un État au Liban tant que la moumanaa est aux commandes ». Que faire alors ? « Après la guerre à Gaza, il faut discuter du sort et du parcours de ce pays. Il faut discuter du système tel qu’il est actuellement, et qui ne fonctionne plus », répond Samir Geagea… dans les limites de Taëf dont il est un des piliers et qu’il veille à ne pas ignorer. « Il faut dialoguer et s’inspirer de Taëf pour voir ce qu’on pourrait changer », a-t-il estimé, dans des propos porteurs d’un clin d’œil à la communauté sunnite, attachée à cet accord et dont il a décrit certaines figures, à l’instar des députés Achraf Rifi et Waddah Sadek, comme « des partenaires ».



Il a tout à fait raison de refuser de tomber dans le piège des vendus qui prétextent vouloir arriver à un compromis alors qu’ils sont comme cul et chemise avec les fossoyeurs de leur pays et ent édentai faire plier les patriotes à leurs quatre volontés pour satisfaire leur ego d’opportunistes incompétents dont leur seule force reste leur alliance contre nature avec les assassins de leur pays et peuple
12 h 22, le 07 juillet 2024