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Dernières Infos - France

Indignation après le viol d'une jeune fille juive de 12 ans


La présidente du groupe parlementaire français d'extrême droite Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, prononce un discours lors d'une réunion de campagne à Perpignan, dans le sud de la France, le 1er mai 2024. Photo Ed JONES / AFP

Une vague d'indignation s'est soulevée mercredi en France après le viol en réunion et les violences antisémites dénoncées par une adolescente de 12 ans, qui dit avoir été traitée de « sale juive » par ses jeunes agresseurs pendant son calvaire samedi près de Paris.

En pleine campagne pour les législatives, le président Emmanuel Macron a dénoncé le « fléau de l'antisémitisme » tandis que le Premier ministre Gabriel Attal a affirmé que « le combat contre l'antisémitisme (devait) être celui de tous les républicains ». Les condamnations ont afflué de l'extrême droite à l'extrême gauche.

Mercredi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées contre l'antisémitisme dans la capitale française.

« Violée à 12 ans parce que juive », « L'antisémitisme n'est pas résiduel », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, réunis devant l'hôtel de ville, en présence du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti et d'autres personnalités.

Deux suspects âgés de 13 ans ont été inculpés mardi et écroués pour viols en réunion et injures et menaces antisémites. Un troisième adolescent, âgé de 12 ans, a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté pour les faits de viol.

« Abject »

Selon la jeune victime, ces trois adolescents l'ont abordée samedi dernier à Courbevoie, en banlieue parisienne, et entraînée dans un local désaffecté au pied du quartier d'affaires de La Défense, alors qu'elle se trouvait dans un parc proche de son domicile avec un ami.

L'un des suspects lui avait « posé des questions concernant sa religion juive », lui demandant pourquoi elle n'en parlait pas et lui posant des questions sur Israël, a raconté une source policière. Il l'a aussi traitée de « sale juive ».

L'adolescente a été frappée et s'est vu imposer des pénétrations anales et vaginales ainsi que des fellations, selon des sources policières. L'un des agresseurs a filmé la scène et un autre l'a menacée de mort si elle dénonçait les faits aux autorités, d'après une de ces sources.

« Lors de leur interrogatoire de première comparution, les trois mineurs ont fait de brèves déclarations spontanées, exprimant des regrets vis-à-vis de la victime sans aborder leur implication dans les faits », a précisé le ministère public dans un communiqué.

« Sordide », « abject » : cette affaire a suscité un torrent de réactions en France, un pays qui abrite la première communauté juive d'Europe et connaît une recrudescence des actes antisémites depuis l'attaque du Hamas palestinien en Israël le 7 octobre et le début de la guerre dans la bande de Gaza.

Mercredi, le président Macron a appelé à un « temps d'échanges » dans les écoles sur le racisme et l'antisémitisme, une proposition fraîchement accueillie par des syndicats d'enseignants qui ont fustigé « un coup de communication » et l »'instrumentalisation d'un drame dans un contexte de crise politique et démocratique ».

« Déferlement antisémite sans précédent » 

Accusé d'avoir minimisé l'ampleur des actes antijuifs, le chef de file de La France insoumise (LFI, gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon a, quant à lui, dénoncé sur X « le racisme antisémite », tandis qu'à l'opposé du spectre politique, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN, extrême droite), a appelé à « combattre cet antisémitisme qui s'abat sur la France depuis le 7 octobre ».

Cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen s'en est prise frontalement à « l'extrême gauche », dénonçant une « stigmatisation des juifs depuis des mois à travers l'instrumentalisation du conflit israélo-palestinien ».

Le président du Consistoire central, Elie Korchia, a dénoncé « un crime sexuel sordide et ignoble » tandis que le grand rabbin de France Haïm Korsia affirmait que « nul ne saurait être dédouané face à ce déferlement antisémite sans précédent ». Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a, de son côté, dit son « immense émotion » face à une « affaire extrêmement inquiétante ».

Le nombre des actes antisémites a explosé en France au premier trimestre 2024, selon des chiffres du gouvernement, qui a fait état de « 366 faits antisémites » recensés entre janvier et mars, en hausse de 300% par rapport aux trois premiers mois de l'année 2023.

Une vague d'indignation s'est soulevée mercredi en France après le viol en réunion et les violences antisémites dénoncées par une adolescente de 12 ans, qui dit avoir été traitée de « sale juive » par ses jeunes agresseurs pendant son calvaire samedi près de Paris.En pleine campagne pour les législatives, le président Emmanuel Macron a dénoncé le « fléau de...