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Économie - Marchés financiers

La poussée de l'extrême droite et les législatives anticipées enfoncent le CAC 40

La Bourse de Paris a annulé tous ses gains depuis le début de l’année.

La poussée de l'extrême droite et les législatives anticipées enfoncent le CAC 40

Photo dÆillustration Éric Piermont/Archives AFP

La Bourse de Paris s’enfonce dans le rouge vendredi et perd 2,39 % à la mi-journée, l’indice CAC 40 se dirigeant vers sa pire baisse hebdomadaire depuis mars 2022, juste après l’invasion russe de l’Ukraine, plombée par les incertitudes politiques.

Avec une chute de près de 6 % depuis le début de la semaine, la Bourse de Paris a annulé tous ses gains depuis le début de l’année (-0,26 % depuis le 1er janvier). Le Financial Times et Les Échos évoquent pour leur part la pire semaine depuis septembre 2022, un mois particulièrement sanglant pour les marchés financiers en raison du resserrement monétaire accéléré décidé par les principales banques centrales, la Réserve fédérale américaine en tête et les craintes d’une récession imminente.

Aujourd’hui, les marchés sont inquiets en raison de la poussée de l’extrême droite aux élections européennes et la perspective des législatives anticipées en France, qui pourraient porter au pouvoir cette même extrême droite. Face à cette perspective, nombre d’investisseurs liquident des actions de la zone euro. « Face à l’incertitude croissante qui règne dans la deuxième économie de l’UE, les investisseurs recherchent la sécurité et modèrent temporairement leur allocation aux actions de la région » européennes, commente Pierre Veyret, analyste d’ActivTrades.

Selon de premiers sondages, la part des Français qui disent faire « confiance » à Emmanuel Macron est au plus bas depuis le début de son second mandat en 2022. Et le parti d’extrême droite et l’alliance de gauche pourraient recueillir chacun plus de votes aux élections législatives anticipées que la majorité présidentielle.

« La possibilité que des partis représentant souvent les extrêmes, et sans expérience de gouvernement, puissent prendre les rênes du pays suscite l’inquiétude », commente Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche du gérant d’actifs LBP AM. « Ceci interroge, d’autant plus dans un contexte où la France devrait s’engager dans une trajectoire d’assainissement de ses finances publiques », ajoute-t-il.

Emmanuel Macron a une image positive auprès des marchés, compte tenu de sa politique économique libérale, tandis que les ébauches de programmes présentées par le parti d’extrême droite Rassemblement national et par l’alliance de gauche Nouveau Front populaire présentent des risques d’accroissement du déficit public de la France.

Or, dans son rapport annuel publié en mai, le Fonds monétaire international (FMI) s’est dit préoccupé par la trajectoire budgétaire de la France. L’institution a livré des projections de déficit public sensiblement différentes de celles des autorités françaises sur la période allant de 2024 à 2027

Le déficit public français est actuellement à 5,5 % du PIB, avec un ratio dette/PIB de 110,6 %. Le FMI pense que sans changement de politique, le déficit français restera élevé, atteignant 5,3 % du PIB en 2024 et diminuant faiblement à 4,5 % en 2027 ; tandis que le gouvernement français prévoit des déficits de 5,1 % en 2024 et de 2,9 % en 2027.

Conséquence : sur le marché obligataire, le taux d’emprunt de la France à dix ans reculait, comme le reste des taux d’intérêt souverains, les investisseurs estimant que les dernières preuves de ralentissement de l’inflation pourraient inciter la Réserve fédérale américaine à réduire ses taux directeurs. Et ce bien que la FED ne prévoit désormais qu’une seule baisse de taux d’ici à la fin de 2024, contre trois lors de sa réunion de mars, en raison d’une inflation qui ne redescend pas au-dessous de 2 %.

Le taux d’intérêt des OAT françaises à dix ans s’établit à 3,11 % vers 10h30 GMT, mais son équivalent allemand reculait plus fortement (2,37 %), ce qui creuse encore plus l’écart entre les deux. Cet écart – ou « spread » – entre les deux taux est un indicateur de mesure de la confiance des investisseurs dans la France et ses perspectives économiques à long terme. Il se situait vers 10h30 GMT à 0,75 point de pourcentage, au plus haut depuis 2017, et son amplification sur la semaine est à ce stade la plus importante depuis 2011, selon la plateforme Bloomberg, au moment de la crise des dettes des États de la zone euro.

En 2022, le CAC40 avait décroché juste après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, qui avait vu la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen qualifiée pour le second tour, avant de se ressaisir. Selon une analyse publiée par le magazine Challenges à l’époque, le marché avait rapidement intégré un « risque politique » dans la zone euro suite au dénouement du scrutin.

La Bourse de Paris s’enfonce dans le rouge vendredi et perd 2,39 % à la mi-journée, l’indice CAC 40 se dirigeant vers sa pire baisse hebdomadaire depuis mars 2022, juste après l’invasion russe de l’Ukraine, plombée par les incertitudes politiques. Avec une chute de près de 6 % depuis le début de la semaine, la Bourse de Paris a annulé tous ses gains depuis le début de l’année...
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