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Dernières Infos - Afrique du Sud

Élection du président, avant un gouvernement de coalition

Le juge en chef d'Afrique du Sud Raymond Zondo (C) se tient debout alors qu'il arrive à la première séance du nouveau Parlement sud-africain au Cap, le 14 juin 2024. Photo AFP/WIKUS DE WET

Cyril Ramaphosa devait être réélu vendredi soir président de l'Afrique du Sud, par le nouveau Parlement issu des dernières législatives, alors que son parti l'ANC a trouvé un accord de gouvernement inédit avec le principal parti d'opposition, la DA libérale.

Ce gouvernement devrait graviter « autour du centre », entre l'ANC, qui reste le parti majoritaire avec 159 des 400 députés, l'Alliance démocratique (DA, 87 sièges) et le parti nationaliste zoulou Inkhata (IFP, 17 sièges).

L'annonce de ce futur gouvernement de coalition représente un tournant majeur, après trente ans de règne sans partage du Congrès national africain (ANC), depuis l'élection en 1994 de Nelson Mandela, premier président noir de cette jeune démocratie qui a triomphé du régime ségrégationniste de l'apartheid.

L'Alliance démocratique (DA) a annoncé vendredi avoir trouvé un accord de gouvernement avec l'ANC, positionné « autour du centre rationnel du spectre politique ».

Son leader John Steenhuisen a estimé que ce « gouvernement d'unité nationale » était « la meilleure opportunité » pour le pays « d'obtenir la stabilité et une bonne gouvernance propre », précisant que l'attribution de postes de ministres n'était pas encore tranchée.

« Nous parlons valeurs et principes d'abord, postes ensuite », a ajouté M. Steenhuisen, dont le groupe soutiendra dans la soirée l'élection de Cyril Ramaphosa à la présidence du pays.

« Outre la DA et l'IFP, M. Ramaphosa cherchera à obtenir le soutien de petits partis, afin de se prémunir contre l'éventualité que certains membres de son propre parti, l'ANC, le boudent », a mis en garde la politologue Susan Booysen.

« Il aura besoin de ce pare-choc », estime-t-elle, malgré la décontraction affichée par M. Ramaphosa à l'ouverture de la séance.

Le Parlement a élu Thoko Didiza, 58 ans et d'origine zouloue, actuellement ministre de l'Agriculture et membre de l'ANC, comme présidente. Mais c'est le DA qui a pris la place de vice-présidente, avec l'élection d'Annelie Lotriet, 63 ans, à ce poste.

Sans la gauche 

Si le très populaire Cyril Ramaphosa est le seul candidat proposé à la présidence du pays, il sera automatiquement élu. Sinon, un vote à bulletin secret sera organisé.

L'investiture du chef de l'Etat devrait se dérouler mercredi à Pretoria, selon une source gouvernementale.

Depuis plusieurs jours, une troïka ANC-DA-IFP s'était dessinée, en dépit de tiraillements sur la gauche de l'ANC, qui voyait d'un mauvais oeil une alliance avec la DA, apprécié par le monde des affaires mais qui reste largement perçu comme le parti des Blancs et opposé au poids des aides sociales sur le budget notamment.

Mercredi, le dirigeant de l'Inkhata avait pour sa part confirmé la rumeur, justifiant sa participation au futur gouvernement par le besoin de « stabilité » du pays.

Jeudi, le secrétaire général de l'ANC, Fikile Mbalula, avait annoncé « une percée » en vue d'un accord commun, confirmant que la coalition graviterait « autour du centre », après un rejet de tout accord par l'opposition de gauche.

La semaine dernière, le président Ramaphosa avait invité tous les partis à « travailler ensemble » pour former un « gouvernement d'union nationale », référence à la formule trouvée à la sortie de l'apartheid unissant le premier président noir Nelson Mandela au dernier président blanc, Frederik de Klerk.

Le MK, nouveau parti de l'ancien président accusé de corruption Jacob Zuma, devenu la troisième force politique avec 58 sièges, a refusé toute discussion avec l'ANC.

Son parti continue de contester les résultats des législatives et ses députés étaient largement absents vendredi lors de cette première session parlementaire.

Les Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale, 39 sièges), qui prônent notamment la privatisation de secteurs clé de l'économie, ont refusé de rejoindre un gouvernement comprenant la DA libérale. 

Cyril Ramaphosa devait être réélu vendredi soir président de l'Afrique du Sud, par le nouveau Parlement issu des dernières législatives, alors que son parti l'ANC a trouvé un accord de gouvernement inédit avec le principal parti d'opposition, la DA libérale. Ce gouvernement devrait graviter « autour du centre », entre l'ANC, qui reste le parti majoritaire avec 159...