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Attentat de Nice: 18 ans de prison pour les deux accusés

Des bougies, des fleurs, des peluches dispersées sur la promenade des Anglais en hommage aux victimes de l'attaque terroriste du 14 juillet 2016. Photo AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné jeudi à 18 ans de prison les deux accusés, tunisien et franco-tunisien, jugés pour leur rôle dans l'attentat de Nice, le deuxième plus meurtrier commis en France, qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016.

Poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, Mohamed Ghraieb, réceptionniste d'hôtel franco-tunisien de 48 ans, et Chokri Chafroud, 44 ans, un migrant tunisien sans-papier, ont apporté « un soutien logistique et idéologique » à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, le Tunisien de 31 ans auteur de l'attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais le soir de la fête nationale, a affirmé la cour au terme de son délibéré.

Poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, ils avaient été tous deux condamnés à 18 ans de réclusion criminelle lors du premier procès en décembre 2022.

Alors qu'en première instance le parquet avait requis 15 ans d'emprisonnement contre les deux hommes, l'avocate générale, Naïma Rudloff, a cette fois requis le maximum légal prévu, soit 20 ans de réclusion à leur encontre.

« Laissez-moi une chance », a demandé Mohamed Ghraieb avant que la cour ne se retire pour délibérer. « Je ne suis pas un terroriste. Je suis réinsérable. Je ne suis pas dangereux. Je suis contre toute forme de violence », a-t-il imploré.

Son co-accusé n'a pas souhaité s'exprimer.

Estimant que le dossier ne reposait que sur des « fantasmes » et des « hypothèses », les avocats des deux accusés ont plaidé mardi et mercredi leur acquittement.

La cour composée uniquement de magistrats professionnels et présidée par Christophe Petiteau, un magistrat habitué aux procès pour terrorisme - il était notamment président de la cour d'assises qui a jugé l'attentat de Magnanville, l'assassinat d'un couple de policiers à leur domicile en juin 2016 - devrait annoncer son verdict en fin d'après-midi ou en début de soirée.

Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud ont été reconnus coupables d'avoir apporté « un soutien logistique et idéologique » à l'auteur de l'attentat de Nice.

Selon l'accusation, qui admet que les deux accusés ne sont ni complices, ni co-auteurs des actes de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, ils auraient néanmoins été sollicités par leur compatriote pour lui fournir une arme et auraient été associés à la location du camion qui a servi au massacre.

Un camion chargé de fer 

Lors du procès, les deux accusés ont répété qu'ils n'avaient pas cherché d'arme pour Mohamed Lahouaiej-Bouhlel - mais M. Chafroud a livré plusieurs versions sur le sujet - et qu'ils n'avaient pas été associés à la location du camion.

Quelques jours avant l'attentat, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait invité séparément les deux hommes à monter avec lui dans son camion. Mais il ne s'agissait pas de faire des repérages en vue de l'attentat, a reconnu l'accusation.

Issu d'une famille rurale du Sud tunisien, Chokri Chafroud a arrêté l'école à l'âge de 11 ans.

Après un premier passage à Nice à l'été 2015 où il a rencontré pour la première fois Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, il était reparti en Tunisie au début de l'année 2016, sans perdre contact avec son compatriote, avant de revenir clandestinement à Nice au printemps 2016.

Lus à l'audience, les messages envoyés par Chokri Chafroud à Lahouaiej-Bouhlel alors qu'il se trouvait en Tunisie, frustré et sans le sou, sont d'une rare obscénité et souvent très violents.

Trois mois avant l'attentat, Chokri Chafroud avait ainsi écrit à son ami: « vas-y, charge le camion avec 2.000 tonnes de fer et nique, coupe-lui les freins mon cher, et moi je regarde ».

Pour l'accusation, ce genre de messages a pu inspirer le mode opératoire de Lahouaiej-Bouhlel.

Quant à Mohamed Ghraieb, l'accusation considère qu'il pourrait être à l'origine de la radicalisation du tueur.

En janvier 2015, trois jours après l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo qui avait fait douze morts parmi lesquels l'économiste Bernard Maris et les dessinateurs Cabu, Charb, Tignous et Wolinski le 7 janvier 2015 à Paris, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait écrit sur ses réseaux sociaux « Je suis Charlie ». Mohamed Ghraieb lui avait répondu: « Je suis pas Charlie (...) T'as vu comment Dieu a envoyé des soldats d'Allah pour les finir comme des m... ! ! ».

En première instance, M. Ghraieb avait nié être l'auteur de ces messages de haine. En appel, il a reconnu les avoir rédigés. « Quand je vois ce que j'ai écrit, j'ai honte », a-t-il dit.

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné jeudi à 18 ans de prison les deux accusés, tunisien et franco-tunisien, jugés pour leur rôle dans l'attentat de Nice, le deuxième plus meurtrier commis en France, qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016.Poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, Mohamed Ghraieb, réceptionniste d'hôtel franco-tunisien de 48 ans,...