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Lifestyle - Rencontre

De Miss Australie à star de télé-réalité… le parcours de la Libanaise Nicole Gazal O’Neil

Devenue, en deux saisons à peine, la nouvelle favorite des téléspectateurs australiens de « Real Housewives of Sydney », l'ex-mannequin a accueilli « L’Orient-Le Jour » chez elle pour une petite séance de rattrapage… 

De Miss Australie à star de télé-réalité… le parcours de la Libanaise Nicole Gazal O’Neil

Nicole Gazal O’Neil, ex-Miss Australie et nouvelle star de la télé-réalité phare de la chaîne Arena. Photo DR

« Dans une ville faite pour les riches, la vraie richesse ne se trouve que chez soi. » Nouvelle coqueluche de la télé-réalité australienne, c’est avec cette phrase fétiche – et quelque peu cliché – que Nicole Gazal O’Neil s’est fait remarquer dans l’émission Real Housewives of Sydney.

Ancienne reine de beauté devenue star de la petite lucarne, c’est dans sa luxueuse villa de la banlieue de Sydney qu’elle nous accueille pour un thé et quelques confidences, tout de rose vêtue.

« Je suis consciente qu’une émission comme Real Housewives peut être perçue comme voyeuriste. Mais vu la situation du monde, avec autant de tragédies, je la perçois surtout comme une forme d’évasion. Et nous ne sommes pas naïves ! Les six autres femmes au casting sont toutes intelligentes et ont beaucoup à apporter », indique-t-elle d’emblée.

Assise dans une cuisine aussi spacieuse que lumineuse, elle sert baklavas fraîchement sortis du four et jus d’orange tout juste pressé.

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« Ma famille, c’est mon tout. Tout ce que je fais, c’est pour mes deux filles, Nawal et Neve », lance-t-elle en finissant de se préparer.

D’abord hésitante à l’idée d’afficher sa vie privée, sa tribu finit par accepter de se laisser filmer devant les caméras et leurs objectifs, imposants. « C’était compliqué au départ parce que vous êtes un peu à la merci des producteurs », explique-t-elle. « En Australie, la télé-réalité n’est pas bien perçue. J’ai participé à l’émission parce que Real Housewives est une franchise mondiale – un programme se concentrant sur le quotidien extravagant de femmes très aisées, avec son lot de drama – qui m’apporte professionnellement une belle visibilité. Une vitrine dont j’ai besoin pour faire connaître mes engagements et les produits que j’essaie de commercialiser », confesse la Libanaise d’origine.

Née à Dubaï d’un père libanais et d’une mère suédoise, la quadragénaire dit avoir été exposée à une variété de cultures et de langues dès son plus jeune âge. « Je crois que j’ai pu prendre le meilleur de ce que je retrouvais autour de moi, déclare-t-elle. Et je le prouve devant des millions de téléspectateurs ! Mon histoire mérite d’être racontée… »

De la guerre civile aux podiums…

La petite Nicole n’a même pas 5 ans quand son père décide d’installer sa petite famille en Australie. Nous sommes en 1984 et la guerre civile fait rage dans un Liban plus que jamais fragmenté.

À Sydney, « dans la ville où les racines étaient déjà posées » – en raison du nombre élevé de compatriotes libanais ayant effectué le même chemin quelques années auparavant –, la fratrie s’immisce dans un environnement multiculturel et en phase de renouveau.

Si les réactions face aux récents flux d’immigration sont mitigées dans un pays politiquement instable au creux des années 1980, les Gazal ne se montrent nullement affectés par la montée du racisme et des extrêmes dans un pays polarisé.

Nicole Gazal O’Neil, invitée au défilé Chanel croisière à Sydney, en novembre 2022. Photo DR

« Il a fallu beaucoup de temps pour que les Australiens d’origine libanaise assument qui ils sont, des gens venant d’ailleurs, tout simplement », affirme Nicole. « Je sais que beaucoup parlent des difficultés qu’ils ont rencontrées lorsqu’ils ont emménagé ici. Mais l’époque a bien changé depuis. La jeunesse est plus patriote, plus attachée à son héritage que la génération de mes parents. La preuve avec mes filles, toutes deux très fières de leurs racines », enchaîne celle qui a vécu, adulte, « pendant quatre ans au Liban ». Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires, elle voyage et visite plusieurs pays, mais elle « tombe de nouveau amoureuse de Beyrouth comme d’un très bel homme ».

Le temps de quelques étés caliente, elle troque sa vie bien confortable à Sydney pour une nation en pleine reconstruction.

Revenue sur sa décision une fois son idylle terminée, elle n’y remet plus le bout de son stiletto Louboutin depuis 2018, un an avant l’enclenchement d’une crise sans fin. « Cela fait longtemps que je n’y suis plus allée, soupire-t-elle. J’adorerais y retourner, mais d’après ce que j’ai compris, la situation politique n’est pas géniale en ce moment. J’ai l’impression que ce n’est probablement pas le meilleur moment. »

Toujours traumatisée par les fantômes de la guerre civile, elle se remémore, émue, ce Noël où sa famille a dû s’enfuir brusquement au milieu de la nuit. « Ma mère était enceinte de mon frère. Je n’oublierai jamais qu’à l’âge de 3 ou 4 ans, j’étais assise dans le sous-sol de l’un des bâtiments, dans le noir le plus total. Ce sont des choses que l’on n’oublie pas. »

Fuyant vers Chypre par bateau, les Gazal se rendent, comme beaucoup d’autres Libanais alors, à l’embarcadère cette nuit-là, les lumières éteintes, les têtes baissées.

« Je ne veux plus jamais revivre ce traumatisme... Je ne pourrais pas. C’est pourquoi j’ai peur d’y retourner maintenant, par crainte de revivre ces douleurs de l’enfance. »

Sur les petits écrans australiens, Nicole O’Neil ne lésine pas sur les moyens pour afficher son attachement au pays du Cèdre. Festin à la clé, elle invite ses grandes amies perplexes à des soirées libanaises où le vin coule à flot et le houmous se mange à la cuillère.

« Pour moi, il était très important que mon authenticité paraisse, et que mon héritage soit bien représenté. C’est une responsabilité à assumer », explique-t-elle.

De Miss Liban à Miss Australie

Avant de devenir une vedette adulée de la télé-réalité, c’est dans les concours de beauté qu’O’Neil se fait d’abord un nom.

En 2002, elle remporte la couronne de Miss Australie, faisant d’elle la première femme d’origine arabe à remporter le concours.

« En général, les Miss Australie étaient le stéréotype de la fille blonde aux yeux bleus, j’ai peut-être timidement réussi à changer cette vision des choses », se souvient-elle avec fierté. En s’écartant volontairement du carcan infligé à toute jeune femme fraîchement couronnée, Nicole célèbre, au cœur des flamboyantes années 2000, « le nouveau visage » de l’Australie. Plus décomplexé et affranchi.

Trois ans plus tôt, c’est pourtant au Liban qu’elle tente de décrocher sa première écharpe en participant au concours de Miss Liban, où elle termine première dauphine.

Couple solide, Nicole et le père de ses deux filles sont inséparables depuis leur mariage en 2002. Photo DR

« Cette participation a suscité beaucoup de controverses. Certains ont dit que je n’avais pas gagné parce que je ne parlais pas arabe. Je pouvais comprendre, mais je n’étais pas assez à l’aise pour répondre correctement aux membres du jury », se souvient-elle.

Son père, Nabil, particulièrement fier de renouer avec sa patrie à la veille du nouveau millénaire, s’est dit « bouleversé par le soutien » que Nicole a reçu au Liban. Un « souvenir inoubliable » pour la mère de famille.

Peu après, Nicole retourne une énième fois à Sydney en 2000 et rencontre son mari Adam O’Neil, un richissime homme d’affaires qui partage sa vie depuis 2002 et qui l’inspire « à se jeter dans de nouveaux projets ». Elle aussi entrepreneuse, elle a récemment lancé Bonpatch, une ligne de… patches vitaminés. « Les opportunités qu’un programme comme Real Housewives peut offrir sont multiples ! Il apporte une exposition folle. Et j’en profite ! » avoue-t-elle juchée avec aisance sur des talons de 12 cm.

Connue du grand public australien pour ne pas avoir sa langue dans la poche, Nicole Gazal O’Neil dit aujourd’hui bien négocier son probable retour pour une troisième saison de la télé-réalité. « Je n’ai pas fini de faire parler de moi ! » lâche l’ex-mannequin… 

« Dans une ville faite pour les riches, la vraie richesse ne se trouve que chez soi. » Nouvelle coqueluche de la télé-réalité australienne, c’est avec cette phrase fétiche – et quelque peu cliché – que Nicole Gazal O’Neil s’est fait remarquer dans l’émission Real Housewives of Sydney.Ancienne reine de beauté devenue star de la petite lucarne, c’est dans sa luxueuse villa...
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