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Lifestyle - Histoires De Thérapies

Frigidité ou éjaculation précoce ? Au coeur d'un grand malentendu

Le moment est sacré, intime, personnel. Un face-à-face entre le psychanalyste et son patient, qui se fait dans la colère, les larmes, les fous rires et les silences. Dans cette rubrique bimensuelle, le Dr Chawki Azouri partage des histoires et des cas qu’il a vécus tout au long de sa carrière, avec des interlocuteurs qui resteront anonymes. Cette semaine, cap sur la sexualité du couple et première tentative d’explication.

Frigidité ou éjaculation précoce ? Au coeur d'un grand malentendu

Photo d’illustration bigstock

Dans les discussions sur les relations sexuelles entre hommes et femmes, très souvent, le psychanalyste entend les femmes se plaindre de l’éjaculation précoce du mari, et les maris se plaindre de la frigidité de leur femme.

Alain est venu me voir avec cette plainte : « Ma femme est frigide. »

La douleur qu’il ressentait est énorme. Pourtant, il fait tout pour que sa femme ne le soit pas. Il est très patient quand ils font l’amour, prend soin d’elle, fait très attention pour ne pas éjaculer rapidement, la caresse longtemps avant de la pénétrer. Rien n’y fait. Il a l’impression d’avoir un robot dans ses bras.

Notre culture ainsi faite ne prépare pas les futurs adultes à une jouissance de, et dans leur rapport sexuel avec l’autre sexe ; de même, sur un plan général, il persiste un conflit latent et patent entre eux : inégalité de salaire, inégalité latente devant la loi, inégalité face à l’héritage, etc. Mais si en Europe et aux Etats-Unis cette inégalité tend à disparaître, au Liban et au Proche-Orient, elle demeure encore très présente.

Pour mémoire

Être femme ou être mère ?

Et cette inégalité joue un grand rôle dans les rapports sexuels : l’orgasme de l’homme s’impose face à celui de la femme, et les deux s’imposent face à la jouissance, celle de la femme et celle de l’homme.

Chez la femme, son rôle de mère continue de prendre le dessus sur celui de femme. D’ailleurs, souvent, le sexe ne l’intéresse plus depuis qu’elle est devenue mère.

Au contraire, la philosophie du sexe en Inde, par exemple, privilégie la jouissance du couple comme étant presque d’ordre divin. Les mères préparent leurs petits garçons à être de bons amants, en leur apprenant à retenir leur urine afin qu’adultes, ils puissent retenir leur éjaculation.

La peur du rapport sexuel pousse les hommes à l’éjaculation précoce et les femmes à une certaine frigidité. Comme le disait Boris Vian à une amie : « Ma chère, il n’y a pas de femme frigide. Il n’y a que des hommes maladroits ! »

Cette « maladresse » accentue le problème en le transformant en un problème « technique » et donne à l’homme une sorte de savoir-faire : comment agir avec une femme pour la faire jouir avant lui ?

Or, s’il y a bien quelque chose dans la vie relationnelle de l’être humain qui ne relève pas de la technique, c’est bien sa vie sexuelle. Cette dernière relève de sa vie psychique, du monde du fantasme. Sa vie psychique surtout dans sa partie inconsciente donne à l’objet sexuel toutes les formes possibles. Ainsi, dans les rapports hétérosexuels, ce n’est pas un homme qui couche avec une femme, mais deux êtres dont l’inconscient prédomine, l’un donnant à l’autre la forme imaginaire, qui prédomine dans son inconscient.

Si dans l’enfance, pénis et clitoris sont l’objet particulier de la masturbation infantile, à l’âge adulte, le pénis, devenu « phallus », et le clitoris, devenu « -phallus », c’est à dire phallus manquant, obligent le couple, sur le plan sexuel du moins, à ne plus fonctionner comme homme et femme, mais à prendre la place imaginaire d’un objet sexuel pour l’autre.

Si la femme devient le phallus pour l’homme, l’homme est celui qui possède le phallus. « Être » et « avoir » s’excluent tout en se complétant. Alain avait beau en parler avec sa femme, ça ne marchait pas. Les choses vont mieux mieux qu’avant, mais ce n’est pas encore ça.

On le voit bien, expliquer cette dialectique est tout aussi difficile que de la comprendre. Ainsi, frigidité et éjaculation précoce cessent d’être des symptômes de « maladie » pour devenir l’expression existentielle du malaise général entre les deux sexes.

Dans les discussions sur les relations sexuelles entre hommes et femmes, très souvent, le psychanalyste entend les femmes se plaindre de l’éjaculation précoce du mari, et les maris se plaindre de la frigidité de leur femme.Alain est venu me voir avec cette plainte : « Ma femme est frigide. »La douleur qu’il ressentait est énorme. Pourtant, il fait tout pour que sa femme ne le soit pas. Il est très patient quand ils font l’amour, prend soin d’elle, fait très attention pour ne pas éjaculer rapidement, la caresse longtemps avant de la pénétrer. Rien n’y fait. Il a l’impression d’avoir un robot dans ses bras.Notre culture ainsi faite ne prépare pas les futurs adultes à une jouissance de, et dans leur rapport sexuel avec l’autre sexe ; de même, sur un plan général, il persiste un conflit latent...
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