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Dans le sud du Liban, les funérailles offrent un rare répit

Dans les villages du sud du Liban, les habitants profitent des funérailles des victimes, un rare moment de répit dans les bombardements israéliens, pour venir constater l'ampleur des destructions.

"Ma maison est réduite à l'état de ruines", se désole Abdel Aziz Ammar devant le tas de gravats qui en reste dans le village de Meïss el-Jabal, situé près de la frontière israélo-libanaise et dont un grand nombre d'habitants sont des partisans du mouvement armé Hezbollah. "Les maisons de mes parents, de mon frère et de mon neveu sont totalement détruites" aussi, ajoute cet homme de 60 ans à la barbe blanche.

Il est revenu mercredi dans son village pour participer aux funérailles organisées par le Hezbollah pour un fils de la localité, tué dans une frappe israélienne.

Selon un porte-parole de la Force intérimaire de l'Onu (Finul) dont les Casques Bleus sont déployés dans le sud du Liban, l'armée libanaise informe l'organisation de la date et du lieu des funérailles. Celle-ci à son tour "en informe l'armée israélienne" pour qu'elle cesse les tirs, explique-t-il à l'AFP.

Abdel Aziz Ammar a fui son village situé sur la ligne de front, deux semaines après le début des échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et l'armée israélienne en octobre 2023.

"Notre maison était vaste, il y avait beaucoup de place pour les enfants", dit le sexagénaire, installé dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien. "Ma petite fille me dit toujours: la maison me manque, quand va-t-on y retourner?"

- Slogans du Hezbollah -

Après le début de la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas le 7 octobre, le Hezbollah a commencé à attaquer des objectifs militaires israéliens depuis le sud du Liban, où il est bien implanté, pour soutenir le mouvement islamiste palestinien.

L'armée israélienne riposte en bombardant des objectifs dans des villages frontaliers et en menant des frappes en profondeur au Liban, qui ont fait plus de 418 morts, la plupart des combattants du Hezbollah dont au moins sept originaires de Meïss el-Jabal, et plus de 80 civils.

Les villages situés sur la ligne de front sont en grande partie désertés, plus de 93.000 personnes ayant fui leurs foyers depuis le début des violences selon l'ONU.

A Meïss el-Jabal, des dizaines de maisons ont été entièrement ou partiellement détruites, et le village verdoyant ressemble désormais à un champ de bataille, a constaté un photographe de l'AFP.

La procession funéraire traverse les rues jonchées de gravats, scandant des slogans à la gloire du Hezbollah dont les fanions flottent au vent, non loin des positions israéliennes de l'autre côté de la frontière.

Des femmes en tchador marchent ensemble, portant des écharpes jaunes aux couleurs du mouvement chiite et brandissant des portraits du "martyr".

"On vient pour les funérailles, mais on inspecte nos maisons. Ceux dont les maisons n'ont pas été détruites en profitent pour prendre des affaires", explique Abdel Aziz Ammar.

Mais ce dernier souligne qu'il n'est pas garanti que les tirs cessent toujours lors des funérailles.

Le 5 mai, un homme, son épouse et leurs deux enfants ont été tués dans une frappe israélienne à Meïss al-Jabal pendant que s'y déroulait un enterrement. Ils y étaient revenus pour récupérer quelques affaires, croyant profiter d'un répit, selon des médias.

- "Nous allons reconstruire" -

Devant une maison à moitié détruite, des habitants entassent à la sauvette dans une camionnette ce qui a pu être sauvé: une machine à laver, une poussette, une moto, des chaises en plastique...

Les autorités libanaises attendent un cessez-le-feu pour pouvoir mesurer les dégâts, mais estiment qu'il y a environ "1.700 habitations complètement démolies", et "14.000 endommagées".

Les secouristes présents dans la zone font état d'énormes destructions. Les journalistes, dont trois ont été tués depuis octobre, s'aventurent rarement dans les régions frontalières.

"Ces destructions ne font pas de différence. Toute notre vie, nous avons donné des martyrs. Nous allons reconstruire", assure Khalil Hamdan, 53 ans, présent aux funérailles à Meïss al-Jabal.

Sur des gravats, une pancarte signée des "habitants de Meïss el-Jabal" a été posée. "Même si vous détruisez nos maisons, vos missiles ne pourront pas briser notre volonté", proclame-t-elle.

str-lar/at/tp

© Agence France-Presse

Dans les villages du sud du Liban, les habitants profitent des funérailles des victimes, un rare moment de répit dans les bombardements israéliens, pour venir constater l'ampleur des destructions.

"Ma maison est réduite à l'état de ruines", se désole Abdel Aziz Ammar devant le tas de gravats qui en reste dans le village de Meïss el-Jabal, situé près de la frontière israélo-libanaise et dont un grand nombre d'habitants sont des partisans du mouvement armé Hezbollah. "Les maisons de mes parents, de mon frère et de mon neveu sont totalement détruites" aussi, ajoute cet homme de 60 ans à la barbe blanche.

Il est revenu mercredi dans son village pour participer aux funérailles organisées par le Hezbollah pour un fils de la localité, tué dans une frappe...